‹ La famille et ses traditionsChapitre 86 sur 235 · VI. LES LECTURES · texte numérisé non relu

VI. LES LECTURES

Gardez-vous des lectures frivoles. On a dit depuis longtemps que la vie est trop courte pour lire toutes sortes de livres; et j'ajoute que celle du chrétien est trop précieuse pour que nous ne nous bornions pas aux chefs-d'œuvre, surtout à ceux qui élèvent l'âme et nous rendent meilleurs.

La Bruyère a dit : " Quand une lecture vous élève l'esprit, et qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l'ouvrage, il est bon et fait de main de maître ".

D'après cette règle, quels sont les mauvais livres, se demande le R. P. Boylesve ? Voici sa réponse :

" Quand une lecture déprime votre intelligence vers ce qui est terre et fange, vers le froid métal, vers la lâche volupté ; quand une lecture amollit votre cœur, jette votre intelligence dans le doute et votre volonté dans le vague, ou qu'elle exalte l'imagination au-dessus de la raison droite et calme, et qu'elle agite la sensibilité au point que la

volonté ne puisse plus tenir les rênes du coeur et des passions ; ne cherchez pas une autre règle pour juger de l'ouvrage, il est faux, il est mauvais; et ce n'est pas la main d'un maître qui l'a écrit, c'est la main d'un esclave " (1).

Ne lisez pas rapidement, légère et non colligere, non légère est. Ce n'est pas lire que de lire sans recueillir. Pour venir en aide à votre mémoire, écrivez ou notez ce qui vous touchera le plus, en ayant soin de marquer, à côté de chaque extrait, sur une grande marge, la matière à laquelle il doit être rapporté. Une table exacte de tous les sommaires, rangée par ordre alphabétique, vous permettra de retrouver plus tard ce que vous aurez recueilli sur le môme sujet.

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