LES PORTS DE NELSON ET DE CHURCHILL
"Avant d'avoir étudié les résultats des levés en détail, il est difficile de donnor un appréciation raisonable des avantages relatifs de port Churchill et de Port Nelson comme ports de mer, et je ne saurais les envisager qu'au point de vue d'un capitaine de vaisseaux atterrissant pour la première fois, à ces endroits, sans expérience locale et sans l'aide d'un pilote.
"Pour atterrir à Port Churchill après avoir bien vérifié la latitude et la longitude à cinq heures p. m., et avoir ensuite pratiqué des sondages, je marchai de l'avant jusqu'à onze heures p. m., et, après avoir parcouru la distance voulue, je tournai au sud pour entrer au port. Le brouillard s'étant abaissé je jetai l'ancre pour la nuit. Lorsque le temps se fut éclaird le lendemain vers dix heures, nous aperçûmes la balise à l'entrée du port, y entrâmes sans difficulté et trouvâmes un bon mouillage.
"Je donne ce détail pour montrer combien le port est facile d'accès.
"Le port de Churchill, bien que pas très grand tel qu'il est aujourd'hui, me parait facile d'agrandissement, la côte orientale étant bien entourée d'eau. L'entrée est étroite et je ne vois pas que la mer puisse monter au point de déranger les travaux de chargement le long des quais, mais la forte marée et le courant venant de la rivière Churchill rendent parfois la navigation difficile si l'on marche contre une bonne brise.
"Le terrain dans le voisinage du cap Churchill est rocheux et recouvert
d'arbres rabougris; la plus haute altitude atteinte est d'environ 100 pieds audessus de la haute mer.
"Les dangers indiqués sur la carte de Tamirauté No. 863 comme étant au large du cap Churchill sont, d'après les gens du pays, beaucoup plus près de terre.
"Après avoir quitté Churchill le 27 juillet je me dirigeai sur Nelson Roads.
"Le terrain dans les environs du cap Tatnam et de la côte occidentale est très bas, le sommet des arbres n'atteignant certainement pas plus de 50 pieds au-dessus de la haute marée.
"Le fond aux abords de Port Nelson ou de York Roads nous a semblé très dangereux.
"Nous avons trouvé quatre brasses d'eau à un endroit où il n'y avait pas de terre en vue et nous avons finalement jeté l'ancre dans neuf brasses en un point d'où l'on apercevait de loin des arbres de la côte, et un phare situé près de l'entrée de la rivière et dont le sommet est à 80 pieds au-dessus de la haute mer se voyait de notre vaisseau à une hauteur de seulement 40 pieds au-dessus de l'eau. Bien que n'ayant 80 pieds de hauteur, ce phare est aperçu assez longtemps avant que tout autre signe de terre se présente à la vue.
"Le jour après mon arrivée je me rendis en canot automobile jusqu'à la rivière Hayes et constatai qu'une platière de sable et de cailloux en partie séchée s'avançait d'environ trois milles depuis le rivage, et je trouvai moins de 18 pieds d'eau sur quatre milles de distance et moins de 30 pieds sur une nouvelle distance de trois ou quarte milles.
"Le courant sortant des rivières Nelson et Hayes est très rapide et il y a un gros volume d'eau qui se déverse dans la rade de Port Nelson. Lorsque ce courant se combine avec la marée descendante et s'avance contre les grands vents du nord qui prédominent à cet endroit en août et septembre, cela fait une très mauvaise mer, particulièrement, comme l'on peut bien penser, en deçà de la ligne de sondages de cinq brasses. Les navires de la Baie d'Hudson ont eu souvent de la difficulté à se frayer et suivre une route dans les Nelson Roads et ont dû plus d'une fois, après avoir attendu plusieurs jours des circonstances favorables, abandonner le projet de pénétrer dans la baie. Dans ce cas ils transportaient leur cargaison à Churchill, d'où il fallait la faire traîner par des chiens pendant l'hiver. La façon de procéder ordinaire des navires de la baie d'Hudson est de longer la côte le plus possible à la marée montante et, une fois que leur signaux sont aperçus des employés qui sont sur terre, s'avancer au large, jeter l'ancre à une distance d'environ 18 milles et attendre les bateaux.
"Au mois d'août 1909 l'un de ces navires eut à faire face à une tempête venant du nord qui dura 48 heures: pendant une partie de ce temps, il marchait à toute vapeur après avoir jeté les deux ancres et la vague passait pardessus le pont. Après qu'il eut stationné dix jours dans les environs, voyant l'impossibilité d'avancer, il dut se diriger sur Churchill où il déchargea sa cargaison de Nelson'
"Après avoir quitté Port Nelson je me dirigeai au nord-est en pratiquant des sondages et trouvai de bonnes profondeurs sur plusieurs milles lorsque.
cinq brasses et trois quarts sur ce parcours. A Sx heures ëeîise, tiou^l aviotts trois brasses d'eau; sur le côté nord de la pdnte de sal!Je qui sépare le Fairvray entre les deux rivières Nelson et Hayes nous trouvons trbis braéâefs d'eau; le navire entre dans le Frve-fathoni-hote, relèvement S. W. 22* 30' W. (half W.) distance cinq itiilles» mais au bout de partours où nous avions cinq brasses et trois quarts, le relèvement du navire est S. S. W. distance àx milles. Otœ heures seize, changeonà de direction, allonà un mille N. W., la sonde marque de cinq brasses et trois quarts à six bra^seâ; relèvement du navire S. } W., distance sept milles. Onze heures trente ti^ôis, changement de direction, allons quatre milles à l'ouest, essayons la marée descendante en accrochant le canot à un grappin; elle va un nœud et demi à l'est. A midi nous jetons le loch: la vitesse du canot était de deux nœuds et demi; nouis avançons de quatre nœuds et la sonde donne de six brasses à deux brasses et demie; relèvement du navire S. i E., distance huit milles et demi. A une heure, changement de direction; gouvernons S. W. un demi mille pour aller en eau plus profonde; un épais brouillard se forme, vent frais au N. E.; la sonde marque de deux brasses et demi à 11 pieds. Une heure et demie, changement de direction, gouvernons au N. O. deux milles et demi; la sonde marque 11 pieds à quatre brasses et trois quarts. Une heure quarante-cinq, changement de direction, allons deux milles à l'ouest; la sonde marque de quatre brasses et trois quart à deux et demie. Deux heures et onze minutes, changement de direction, allons S. O. un mille, la sonde donne deux brasses et demie à 11 pieds. Deux heures vingt-six, changement de direction, allons N. W. un furlong, relevons 11 pieds à 8 pieds. Deux heures vingt neuf, changement de direction, allons un demi mille au sud, relevons 8 pieds à 4 pieds; nous sommes maintenant dans un épais brouillard, vent frais et grosse, mer. Deux hem-es trente neuf, changement de direction, manœuvrons S. W. quatre milles, soudages: depuis six pieds (le sondage suivant, sept pieds; deuxième sondage sept brasses; troisième sondage huit brasses et demie) jusqu'à quatre brasses: une fois le brouillard disisipé nous nous trouvons à quatre ou cinq milles dans la rivière. Trois heures et quart, changement de direction, allons deux milles au sud pour essayer le chenal, la sonde marque de quatre brasses à six pieds. Trois heures quarante-cinq, allons directement en travers de la rivière sur un mille et demi; profondeur, de six pteds du côté sud à six pieds du côté nord; largeur du chenal, un demi mille, de trois brasses à trois brasses; au milieu du chenal il y a quatre brasses et demi, le fond est en argile tendre. Nous remontons ce chenal sur un mille et demi, sondages: de quatre brasses et demi à deux brasses et demi, puis trois brasses; nous arrivons ensuite dans cinq brasses, puis six brasses; nous voici maintenant en face du premier ravin remarquable près d'un mille et demi en amont de la base de la haute terre; la sonde marque depuis cinq brasses des profondeurs très inégales; un sondage donne deux brasses, le suivant quatre ou dmq pieds, puis trois pieds au milieu de la rivière. Nous nous trouvons mainte^ nant au milieu de la rivière, le chenal étant près des côtés nord et sud de la rivière; iious nous dirigeons ensuite vers la rive nord; là sonde marque plusieurs fois de quatre pieds à deux brasses. Une fcûs anivés à Flatnborough
Head, les sondages sont plus homogènes. Six heures et trois minutes, nous doublons Flamborough Head, les sondages donnent de dix pieds à trois brasses et quart et de trois pieds et quart à deux brasses; il en est ainsi pendant environ un mille. Depuis ces bonnes profondeurs jusqu'à Seal Island, la sonde donne deux fois de deux brasses à six pieds. A trois ou quatre cents mètres de Seal Island la sonde donne de deux brasses à six pieds. A trois ou quatre cents mètres en deçà de Seal Island, le chenal est peu profond; près de Textrémité nord de l'île, il y a de deux à trois brasses; en cet endroit les marées de morte-eau montent d'environ quatre pieds, les marées de vive-eau d'environ cinq pieds. Cette île est environ trois milles et demi en amont de Flamborough Head. A sept heures et demie nous sommes en face de Seal Island, la sonde marque de deux à trois brasses. Nous passons les îles Seal et Gillam avec l'intention de remonter une rivière aperçue à cet endroit; mais vu que c'est la marée de morte-eau, que nous ne connaissons pas la partie profonde de la rivière et que nous apercevons des roches qui dépassent ,à huit heures er quart nous retournons à Seal Island où l'eau a baissé d'un pied et atterrissons à huit heures quarante-cinq. Nous plantons notre tente à l'extrémité N. E. de l'île Gillam.
"Mardi matin, le 16, je fais le tour de l'île avec le capitaine Fowler. Nous montons jusqu'à l'extrémité ouest qui est très escarpée, pour examiner la rivière. Nous avons pensé que si nous eussions remonté cette rivière, et nous n'étions pas loin de sa source quand nous sommes retournés sur nos pas, il nous eût été possible de pousser beaucoup plus loin sur son cours dans le longboat. A huit heures trente nous étions revenus à notre tente. Après le déjeuner nous laissons les bateaux sous la garde de deux hommes et gagnons la rive nord pour examiner les platières aux basses eaux. ^ Arrivés à cinq milles en aval de Flamborough Head, nous montons sur le sommet de la berge d'où nous apercevons l'extrémité inférieure de la terre moyenne, et le sommet de gros cailloux dépassant la ligne d'eau; la marée est à cinq heures dans l'après midi. De l'endroit où nous sommes à ces roches qui sont vers l'extrémité inférieure de la terre moyenne et à l'extrême limite des bois sur la rive sud, le relèvement est E. N. E. Nous constatons en descendant sur la grève qu'il y a un chenal sur le côté nord et un autre sur le côté sud de la terre moyenne; il nous semble que celui du côté nord est le plus profond, il n'est pas éloigné du rivage, environ à 200 mètres de celui-ci; sur toute la distance depuis deux ou trois milles en amont de l'extrémité inférieure de la haute terre jusqu'à Flamborough Head, et depuis deux ou trois milles en amont du pied de la haute terre, le chenal est au milieu de la rivière et se déverse par son embouchure.
''Cette rive nord est à 42** N. E. et S. W. et se compose de sable depuis une hauteur équivalente aux trois quarts de la laisse de basse mer jusqu'à l'étiage. Vers la ligne des hautes eaux sous la berge le rivage est tout couvert de gros cailloux. Il y a plusieurs petits cours d'eau le long du rivage où nous avons trouvé des piquets de tentes laissés par les sauvages venus en cet endroit pour pêcher; nous fîmes ce trajet par un temps très orageux. Entre Seal Island et Flamborough Head il y a de grandes pièces d'arbres magnifiques
qui poussent près du rivage. A huit heures et quart nous revenons à notre tente après avoir été terriblement piqués par les moustiques.
"Nous avons trouvé le capitaine et moi que ces iles sont de très bons endroits pour s'établir, la petite île nous a surtout semblé une excellente place pour installer un fort qui protégerait bien la rivière; aussi, je fis de ces iles un relevé spécial dont voici le résultat:
"Mercredi matin, le 17, nous faisons un levé de Tîle et trouvons comme longueur, 21 chaînes ou 1,386 pieds et comme largeur, 4 chaînes ou 297 pieds. Sa circonférence à la ligne des hautes eaux est de 62 chaînes ou 4,092 pieds; sa hauteur de 86 pieds. Elle a la forme d'un long oval. Sa rampe depuis la ligne d'étiage forme un angle de 33 ^ Longueur de la rampe 2 chaînes et 40 chaînons. Autour de Tîle, la sonde marque de deux à trois brasses d*eau sur les côtés N. W. et N. E.; les côtés S. W. et S. E. sont en regard du cours principal de la rivière; il y a peu d*eau aux abords de Tîle mais, à un demimille au large, l'eau devient profonde; entre cette île et l'autre en amont qui est plus grande, nous trouvons deux brasses et demie et trois brasses et un navire peut y séjourner sans danger en hiver ou en été; tout vaissseau ti:ant huit ou neuf pieds d'eau peut atteindre cet endroit sans crainte. A l'extrémité N. E. de Seal Island sur la berge principale se trouve une magnifique platière où croisent les plus beaux arbres que j'aie encore vus dans la région tout près de la rivière; nous avons gravé nos noms au couteau à l'extrémité N. E. de Seal Island. La nappe d'eau séparant cette île de l'autre qui est en amont a 8 chaînes ou 176 mètres de largeur; cette dernière île, la plus grande, a environ trois milles de circonférence, et son extrémité ouest est aussi élevée que les plus hautes terres des environs. Ici la marée de morte-eau monte d'environ quatre pieds et la marée de vive-eau d'environ huit pieds; mais l'on jugera mieux de la position des îles en examinant la carte de la rivière. Le long de la grève on trouve les galets dont nous avons déjà parlé, arrondis comme des boulets de canon et qui en cassure fraîche ressemblent à du fer. A huit heures quarante cinq, presque à la haute mer, nous mettons à la voile pour descendre la rivière par un vent de sud-ouest, à partir du coin N. E. de Seal Island, la sonde marque de trois brasses et demie à cinq pieds; de cinq pieds à quatre brasses et trois quarts juste en amont de Flamborough Head, puis onze pieds, puis trois brasses, et enfin deux brasses en aval de ce cap; l'eau a baissé d'un demi pied. Depuis le cap en descendant, la rive va N. E. i N. et S. W. i E. à peu près; le chenal est à moins de 100 mètres du rivage; les moindres sondages sur ce chenal sont de 10 pieds. L'eau baisse d'un pied à environ un mille et demi en amont de la haute terre sur la rive nord de la rivière; à environ un mille au large la sonde marque deux brasses et en nous rapprochaitt du rivage la profondeur diminue jusqu'à neuf pieds et demeure uniforme sur une certaine étendue; nous retournons à un mille au large et trouvons douze pieds d'eau puis vers la grève la sonde marque de moins en moins jusqu'à neuf pieds. A dix heures quarante cinq, nous arrivons un peu en aval de la haute terre et traversons la rivière: dans le chenal la sonde marque de trois brasses à trois brasses et demie, sa largeur est d'un demi-mille; au milieu il y a quatre brasses et demie, le fond est en argile tendre. En descendant
le dienal vers rembouchure de la rivière, tious tountâtôââ ^ull eist ttèà escarpé des deux t^tés: nous éticms dans deuit bràiisieiB et deitiie àvaiit 4t kdsser la barre à la dérive et au moment de i^rendre la hkfre nous ii'avions que dix pieds d'eau. Une fois descendus asëez lotn, appaneitiuieiit mx delà de Tembouchure de la rivière, mous avions deux brasses et demie du côté sud et nous prenons au nord jusqu'à ce que la âonde donne quatre brasses et demie, puis revenons au sud jusqu'à trois brasses, et encore au toord où nous arrivons à trouver huit brasses et demie dans la plus grande .profondeur de la passe. Cc^le-ci est plus profonde à cet endroit que plus au large oaer sur notre premier trajet nous l'avons traversée trois fois à d'autres endroits et n'avons rdevé qfue &x brasses. Depuis huit brasses et demie nous avançons au sud-est d'environ trois milles, apercevons un pointement de rodie du côté svd; à trois quarts de mille, nous relevons trois brasses; ce |)ointement rocheux se dresse perpendiculaitement à quatre ou cinq pieds àu-<lessu6 de l'eau et po* raft être à deux ou trois milles du rivage; mais aux basses eaux il y a des plattères à sec allant jusqu'au rivage de sorte que depuis ces roches l'on peut marcher à pied sec jusqu'à terre. De là nous {n'^ions au nord et l'èau s'approfondit un peu pendant un demi-mille. Au bout d'un mille vers le nord nous apercevons des roches à sec sur le côté nord, distance, trois quarts de mille; la sonde marque trois brasses et demie à quatre brasses, et nous void arrivés aussi loin que sur notre premier trajet en remontant la rivière lorsque nous avions pris au N. W. à travers le chenal et que la sonde niarquait six brasses. Nous navigons ensuite £. S. £. deux ou trois milles. Le fond se maintenant à trois braSses près des platières au sud pendant les basses eaux (c'était les basses eaux quand nous étions dans ces parages au cours de notre trajet en remontant la rivière) nous parcourons une petite distance au nord à la recherche d'eau plus profonde; vent S. W., vent frais; manœuvrons vers le navire que nous apercevons très bien dans le Five-fathom-hole depuis que nous avons passé le pointement de roches précitées, et remontons à bord à sept heures et quart le soir."
Relativement à Tutilisation projetée de rembouchure de la Nelson comme port principal sur la baie d'Hudson, il est intéressant de noter les dates moyennes de l'ouverture et de la fermeture de la navigation dans la rivière Hayes à York Factory pendant ime succession d'années. Le Dr. Bell a publié^ une statistique pour les années de 1828 à 1880. Nous en extiayons le sommaire suivant:
1846 — Date d'ouverture la plus précoce : 7 mai. 1851— date de fermeture la plus reculée: 9 déc. Date myenne de l'ouverture: 19 mai. Date
^ Com. Géol.. Canada, Rapport des Opérations, 1879-80 Ai>p. VII. Tableau donnant les dates d'ouverture et de fermeture de la rivière Hayes à York Factory, compilé d'après les statiÉtiquei originales de William Wood, météorologiite, à York Ftactoky.
100 pieds aux environs du Rock puis s'abaissent de nouveau par degrés jusqu'à 60 pieds en arrivant à Fox River. Une coupe moyenne de ces berges dans l'intervalle donne 50 pieds d'argile de transport durcie, bleuâtre ou gris jaunâtre, dans laquelle les cailloux et les blocaux sont plutôt rares, surmontée par 20 ou 30 pieds d'argile bleuâtre stratifiée avec quelques cailloux épars. Dans les derniers 9 milles en deçà de Fox River, la rivière serpente avec une grande régularité de distance d'une courble à l'autre entre des berges d'environ 80 pieds séparées par une largeur de trois quarts de mille. Elles se composent de 40 ou 50 pieds de drift à la base et de 20 à 30 pieds d'argile bleuâtre stratifiée, ou de la même épaisseur de terre graveleuse brun jaunâtre au sommet avec parfois une couche de gravier entre les deux.
"Entre Brassy Hill et Fox River on rencontre peu d'îles sur la rivière, dont la largeur moyenne est seulement d'environ deux chaînes. On rencontre plusieurs chutes et rapides sur des bancs de gneiss formant le sous-sol de l'argile, dans les premiers 13 milles en amont de Brassy Hill. Le dernier rapide au bout de cette distance ou à 109 milles en amont de York Factory s'appelle The Rock, dénommé ainsi d'après un gros pointement à cet endroit de gneiss gris foncé plutôt grossier. Le dernier endroit où l'on a trouvé du gneiss dans le lit de la rivière est à environ six milles en aval du Rock et l'on croit que le bassin paléozoîque de la baie d'Hudson commence dans ces environs.
"La section du parcours entre Fox river depuis le côté gauche à 75 milles de York Factory, et la Shamattan depuis le côté droit à 50 milles du même endroit a une largeur d'environ trois chaînes. Les berges argileuses se continuent sans interruption sur les deux rives à une hauteur moyenne de 70 pieds et l'on trouve, sur tout ce parcours des coquilles marines, principalement Saxicava rugosa, qui proviennent des couches supérieures
"Le long de la rivière précédemment décrite, depuis The Rock en descendant, les îles font presque complètement défaut jusqu'à ce que l'on arrive aux eaux de marée. Il y a ici trois îles boisées qui se suivent et, plus bas, une chaîne d'îles basses près de la rive sud-est, recouverte de bonne herbe et rapportant une abondante provision de foin pour les bestiaux que l'on élève à York Factory.
"Les calcaires non décomposés du Paléozoîque n'afHeurent sur aucune partie de cette route, et leur présence sous le drift depuis les environs du Rock n'est présumée que par suite de la prédominance de débris de calcaires dans les galets, de l'absence de roches métamorphiques plus anciennes et d'après l'aspect général de la région qui ressemble à celui de .la partie inférieure de la rivière Nelson, où ces roches sont réellement à'découvert.
àÔNtKAGES Ï>ÀKS LÈS îltVlèlUBS HAVES ET NELSON.
Joseph Robson,^ atpenteur de là Compagnie dé la Baîe d^Hudson a fait une série de sondages dans la rade de Nelson vers le milieu du dix-huitième siècle. Le livre où il sont publiés est très rare et l'édition est épuisée; ces statistii^ues sont publiés de nouveau pour être comparées aux sondages que fait actuellement le service des levés hydrographiques, et cette comparaison sera très utile pour juger avec quelle rapidité se fait l'envasement et à titre d'argument pour ou contre dans la question de savmr s'il y a eu exhaussement du terrain autour de la baîe d'Hudson depuis la période historique.
"Le lundi 15 juillet, 1745, à sept heures et quart du matin, nous descendons de la pinque Sea-Horse en compagnie du capitaine Fowlei* pour ilous etnbarquer à bord du long-boat de la factorerie afin de pratiquer des sondages et découvrir la rivîk^ Nelson. A sept heures et trente-huit minutes en face de la balise située au Five-fathom-hole, Teau baisse d'un pied; marée de morte eau vent N. £., vent frais; direction depuis la balise S. £. i £. un mille et quart; la sonde marque de quatre brasses et demie à onze pieds; relèvement de la balise, W. N. W., distance, un mille et demi. Huit heures et neuf minutes, changeons de direction pour aller N. N. W. un mille et quart, la sonde marque de onze pieds à deux brasses, à travers la passe conduisant au Five-fathom-hole dans la rivière Hayes; ce chenal est très large. A cet état de la marée, nous relevons deux brasses et demi dans la partie la plus profonde du chenal, et, près des sables du côté nord, trcMs brasses et demie; Relèvement du navire et de la balise, S. W.J W., distance un mille. Huit heures-vingt, changeons de direction, allons S. £. i £. trois milles, traversant le Fairway pour entrer dans la rivière Hayes; la sonde marque de deux brasses à six pieds; relevons deux brasses et demie dans le plus profond du chenal; relèvement de la balise, W. i N.; distance trois milles et demi. Neuf heures et quart, changeons de direction, allons N. N. W. deux milles et quart, la sonde marque de six brasses à neuf pieds, d'un côté à l'autre du Fair-way à l'entrée de la rivière Hayes; trouvons le chenal très large avec profondeur de deux brasses et demi à deux brasses et quart à cette phase de la marée; relèvement de la balise W. S. W., distance, trois milles. Neuf heures-vingt, changeons de direction, allons S. £. } £. un mille et quart; la sonde marque de neuf à dix pieds à l'entrée de la rivière Hayes; trouvons: deux brasses et demi et deux brasses et quart dans le plus profond du chenal; relèvement de la balise W., distance 4 milles. Neuf heures quarante-sept, changeons de direction, allons N. N. W. cinq milles; la sonde marque de dix pieds à
^ An aooount of liz years' retidenoe in Hudaon Bay from 1733 to 1736, and 1744 to 1747« by Joseph.
moyenne dé la fermeture: 20 nov^ ce gui donne pour la navigàtkm une période moyenne de six mois.
Depuis la publications des paragraphes précédents le départemeiàt du aérvite naval a ^b^ son fSLppàrt iwnir l'éxiéiicise unissant le 31 màiis Ï901, auquel nous empruntons les passages suivants touchaiit la navigation sur la baie et les détroits.*
"Il (le capitaine Bartlett) hous donhe l'intéressant compte-rendu ëuivant du voyage, ayant trait paiticuUèrement aux rencontreâ de glaces.
"Glaces. Nous avons rencontré de nombreux icebergs le long de la côte du Labrador. Ces glaces, suivant le témoignage des pêcheurs sont beaucoup plus nombreuses à 20 ou trente milles de la côte que plus au large. Il est probable que la meilleure route à suivre pour un vaisseau voyageant de Terreneuve au cap Chidley serait à environ 50 milles au large de la côte.
"Nous avons contourné le cap Chidley et pénétré le détroit de Gray le 18 juillet à midi, et notre vaisseau jetait Tancre dans le port Burwell à trois heures p. m. le même jour.
"Le port Burwell et les baies qui sont le long de la côte étaient libres de glaces, mais dans la baie d'Ungava, autant que nous avons pu en juger de loin, la glace nous a paru solide. D'après les informations obtenues de la mission de Port Burwell cette nappe de glace s'est maintenue dans la baie d'Ungava par suite d'une longue période de vents de nord légers. îl paraitrait aussi que, cette année là, la glace dans 'la baie Burwell et les baies voisines se serait brisée beaucoup plus tôt que d'habitude (vers le 10 juillet) mais, en règle générale, on estime qu'il est impossible de pénétrer dans ces rades avant les derniers jours de juillet. En 1909, le jour correspondant à celui pendant lequel je pénétrai dans le port Burwell il y avait encore des attelages de chiens qui traversaient sur la glace.
"Après avoir quitté Port Burwell le 15 juillet nous rencontrâmes un énorme ice-field à une distance d'environ 30 milles. Il était évidemment parti de la baie d'Ungava, et il entraîna notre vaisseau à une bonne distance au nord vers l'île Resolution. Cet ice-field pouvait avoir 60 milles d'étendue, après quoi nous traversâmes une nappe d'eau relativement libre jusqu'à 10 heures p. m. le 20 juillet, alors que nous nous trouvâmes encore en présence de puissantes glaces. Notre vaisseau fut en conséquence maintenu dans la direction sud et nous dûmes abandonner l'idée de pouvoir atteindre le goulet Ashe.
"Suivant l'opinion du capitaine Bartlett c'était cette iFois des glaces arctiques, étant beaucoup plus puissantes et plus sales que celles de la baie d'Ungava.
"Cette masse semblait ininterrompue depuis la direction nord jusqu'ea deçà d'une couple de milles de la rive sud du détroit d'Hudson (du cap du Prince de Galles à l'île EHgges), maïs une passe étroite assez libre paraissait être ménagée le long de la grève par les courants de marée.
* Rapport de W. J. Stewart, hyàrogniclb.^ 32-41.
''Après une courte distance d'eau libre au large du cap Digges, notre vaisseau fut entraîné vers l'île Nottingham par une puissante nappe de glace d'environ 40 milles.
"Après avoir doublé l'île Monsel, nous nous dirigeâmes sur la pointe sud de l'île Coats en vue d'aller vers Churchill.
"Sur le soir du 22 juillet, le vaisseau frappa la lisière extérieure du plus vaste ice-field que nous ayons rencontré de tout le voyage; il se continuait sur environ 200 milles de distance. La glace n'était pas extrêmement épaisse pour un vaisseau spécialement construit à cet effet, mais il fallait une grande habileté de la part du capitaine Bartlett le pilote à travers les glaces, pour se frayer un passage.
"Ne voyant d'indication d'eau libre sur aucun des deux côtés, nous prîmes le parti d'avancer aussi directement que possible. Il n'y eût pas beaucoup d'arrêts mais le vaisseau fut longtemps fortement ébranlé par l'effort continu nécessaire pour briser la glace.
"Nous sortîmes soudainement de cet ice-field dans la matinée du 24 juillet et atteignîmes Churchill le même soir sans autre délai.
"Après avoir visité Churchill et Nelson, nous quittâmes ce dernier endroit pour le vayage de retour, dans la soirée du 30 juillet. Quelques heures après notre départ de Nelson nous rencontrâmes la plus puissante nappe de glace que nous ayons encore aperçue et pendant près de 90 milles notre marche fut plutôt lente., Une fois cela passé, il ne se rencontre plus que de petits glaciers soit dans la baie ou dans le détroit jusqu'à ce que nous eussions quitté Port Burwell. Pendant que nous étions à l'ancre à Port Burwell, attendant l'arrivée du "Earl Grey", les glaces s'avancèrent depuis la baie d'Ungava sous l'effet d'un vent de sud modéré et la rade de Burwell en fut complètement remplie. Ces glaciers étaient, bien entendu, par morceaux, mais il était parfois impossible au vaisseau d'avancer.
"Nous quittâmes Port Burwell le 9 août et, au bout d'une heure le passage du vaisseau se trouvait pour la première fois obstrué par la glace. Celleci s'était amassée dans les eaux libres, le courant emportant ses propres glaces pour rencontrer celles qui revenaient à travers les détroits de Gray avec le reflux. Par la force de la marée les glaces s'écartèrent du vaisseau et en suivant de près la rive sud du détroit de Gray, le cap Chidley fut doublé et nous prîmes la direction sud. L'amas de glaces nous a paru très considérable jusqu'aux îles Button.
"Nous ne vîmes que très peu d'icebergs sur notre retour le long des côtes du Labrador.
"Bien qu'il y en eût beaucoup dans la partie est du détroit d'Hudson, nous n'en aperçûmes aucun dans la baie d'Hudson même, et le capitaine Bartlett m'a certifié qu'il n'y en avait pour ainsi dire jamais dans cette baie.
"L'on serait porté àcroire d'après ce qui précède que les vaisseaux doivent s'attendre à rencontrer des glaces entre le cap Chidley et Churchill, mais le capitaine Bartlett est d'avis que les rencontres que nous avons faites sont exceptionnelles et que les glaces s'étaient amassées là sous l'effet d'une longue succession de faible brises. Quant à moi, je ne vois pas pourqucn il en serait