La famille Glackemeyer
Le premier Glackemeyer qui vint au Canada, Frederick Glackemeyer, originaire de la ville de Hanovre, en Allemagne — fils de William Glackemeyer et de Louise Querne. — était nn musicien. Il était chef de musique eu, comme on dit de nos jours, maître de bande d’un des régiments des troupes auxiliaires de Brunswick qui passèrent au Canada en 1776, sous le commandement du barpn de Riedesel, pour aider l’Angleterre à mettre fin à la rébellion américaine.
Dans uns note manuscrite signée par M. Glackemeyer, et que nous avons eu sous les yeux, il nous apprend que dans l’hiver de 1783, il enseigna le piano aux jeunes filles de son chef, le baron de Riedesel.
“ 1 was teacher of music to the family Riedesel, in the winter 1783 ; was lodged and treated with the greatest politeness and civility. My two pupils were misses Augusta and Fredericka, who would hâve made great progress, had they had a better instrument a misérable old spinet (épinette), which they had bought of the Revd. Mons. Mois eux. curé at Beloeil, at présent Grand-Vicar at Three-Rivers ; there being only one piano in Québec. I hâve yet in my possession an excellent recommendation from General Riedesel, who granted me my discharge from the army, -aceompanied with a considérable présent in guineas, and an offer if I would go with them to Germany, I should hâve the place of an organist in the city of Lanterhack of which had the gift, but I declined the offer, havimg no inclination to return to Germany. ”
Glackemeyer obtint donc son congé absolu de M. de Riedesel et s’établit à Québec comme “maître de musique”.
Glackemeyer appartenait à la religion réformée. Une fois à Québec il abandonna petit à petit les pratiques de sa religion. Marié deux fcis avec des catholiques, il avait promis que tous ses enfants seraient élevés dans la religion catholique. Il tint parole. Les rapports nombreux et cordiaux qu’il eut avec les prêtres de Québec, lui ouvrirent enfin les yeux et lorsqu’il vint pour mourir il embrassa la foi dans laquelle avaient été élevés ses deux femmes et tous ses enfants.
Glackemeyer décéda à QuéDec le 12 janvier 1836, à l’âge de 85 ans, et fut inhumé dans le cimetière des Picotés. (1)
11 avait épousé, à Québec, en septembre 1784, Marie-Anne O’Neil, la soeur du fameux O’Neil, bedeau de la cathédrale, dont Louis Fréchette a raconté les saillies et les boutades dans ses “Originaux et détraqués”.
Madame Glackemeyer décéda à Québec le 20 octobre 1807, à l’âge de 40 ans, et fut inhumée dans le cimetière des Picotés.
En secondes noces, à Québec, le 2 septembre 1813, M. Glackemeyer épousa Josephte Just, fille de feu Jean-Conrad Just, de son vivant chirurgien, et de Marie-Josephte Fishburg (?).
Elle décéda à Québec le 20 août 1832, à l’âge de 42 ans.
M. Glackemeyer fut le père de dix-huit enfants : seize de sa première union et deux de la seconde :
Joseph-Frédéric Glackemeyer. — Né à Québec le 17 avril 1786. Décédé au même endroit le 3 mars 1787.
Pierre-Frédéric Glackemeyer. — Né à Québec le 13 décembre 1787. Décédé au même endroit le 16 décembre 1787.
François-Frédéric Glackemeyer. — Né à Québec le 29 janvier 1789. Décédé au même endroit le 30 janvier 1789.
Henriette-Angélique Glackemeyer. — Née à Québec le 8 mars 1790. Décédée au même endroit le 16 décembre 1796.
Louis-Frédéric Glackemeyer— Né à Québec le 25 septembre 1791. L auteur de la branche de Montréal.
Luce-Suzanne Glackemeyer. — Née à Québec le 5 novembre 1792. Décédée au même endroit le 15 octobre 1797.
Louis-Edouard Glackemeyer.— Né à Québec le 7 décembre 1793 Le continuateur de la branche de Québec.
Ml L’acte de sénulture dit “décédé le 13 janvier” dans l’après-midi du 12 janvier qu’il décéda.
mais c’est bien
Michel-Guillaume Glackemeyer. — -Né à Québec le 9 janvier 1795. Décédé au même endroit le 9 janvier 1837.
Il était à sa mort surintendant de l’Hôpital de Marine de Québec.
M. Glackemeyer était veuf de Marie-Anne Despins Nous lui connaissons deux enfants :
Marie-Sophie-Anne, née à Montréal le 23 mai 1817.
Pierre-Alfred, né à Québec le 21 mai 1832.
Pierre-Godefroy Glackemeyer. — Né à Québec le 24 août 1796. Décédé à la Jeune-Lorette le 21 novembre 1796.
Angélique-Henriette Glackemeyer. — Née à Québec le 12 octobre 1797. Mariée à Théodore-Frédéric Molt, organiste de la cathédrale de Québec. Comme son beau-père M. Molt était d’origine allemande et comme lui aussi il embrassa le catholicisme.
Madame Molt périt avec ses deux fils dans l’incendie du théâtre Saint-Louis, à Québec, le 12 juin 1846.
Anonyme. — Née et décédée à Québec le 10 avril 1799.
Anonyme. — Née et décédée à Québec le 10 avril 1799.
Marie-Anne-Olivier Glackemeyer. — Née à Québec le 10 décembre 1800. Décédée au même endroit le 27 août 1810.
Marie-Suzanne Glackemeyer. — Née à Québec le 27 janvier 1802. Mariée, à la Baie Saint-Paul, le 3 juillet 1826, à Jean-Baptiste Duber-
ger.
Geneviève Glackemeyer. — Née à Québec le 23 août 1804.
Anonyme. — Née et décédée à Québec le 20 octobre 1807.
Joseph-Félix-Octave Glackemeyer. — Né à Québec le 28 mars 1816.
Il alla s’établir aux Etats-Unis. 11 avait épousé Marguerite-Eléonore, fille de François Daunais dit Frenière, peintre. Elle décéda à Montgomery, état d’Alabama, le 5 octobre 1855, à l’âge de 35 ans.
Marie-Josephte-Cécile-Thaïs Glackemeyer. — Née à Québec le 8 septembre 1817.
Branche de Québec
LOUIS-EDOUARD GLACKEMEYER
“ Né à Québec le 7 décembre 1793.
“ Après des études sérieuses au séminaire de sa ville natale, M. Glackemeyer fut admis à la profession de notaire le 13 décembre 1815. Il fut examiné par les juges Kerr et Perrault et sa commission est signée par le gouverneur Drummond.
“ Le jeune notaire fut d’abord employé comme assistant dans le bureau du greffier en loi de la Couronne 1815, mais il ne tarda pas à se dégoûter des minuties de la bureaucratie de l'époque. Cet homme tout d’une pièce et qui aimait volontairement l’isolement et l’indépendance n’était pas fait pour ployer le genou devant les maîtres du pouvoir, ni pour les complaisances et les bassesses serviles des fonctionnaires. On le vit bien lorsqu’en 1830 il osa braver l’omnipotence du procureurgénéral Stuart et réclamer contre les honoraires que ce dernier voulait exiger des notaires pour le renouvellement des commissions lors de la mort du Souverain. C’est grâce à la courageuse résistance de Glackemeyer que les professionnels purent être libérés des exactions que l’on avait jusqu’alors fait peser sur eux. Le procureur-général Stuart dut payer de sa charge et Glackemeyer sortit triomphant de cette lutte corps-à-corps. 11 y a donc des jours où le pot de grès l’emporte contre le pot de fer.
“ En 1840, lorsque les notaires de la région de Québec formèrent une association dans le but de surveiller l’étude des clercs aspirants à la profession, M. Glackemeyer fut choisi comme trésorier. Il donna certes des bons conseils à ses confrères mais comme les choses n’allaient pas toujours à sa guise, il ne tarda pas à résigner pour faire bande à part, quoiqu’il fut convaincu que cette association avait du bon et pouvait rendre de grands services. .
“ Lors de l'organisation des chambres de notaires en 1847, M. Glackemeyer manifesta d’abord quelques doutes sur le succès de cette entreprise, mais il finit par s’y rallier. L’on y avait besoin de ses lumières et de son expérience, et son adhésion fut d’un bon appoint car les comités
— Vi¬
cie l'Assemblée Législative aimaient à le consulter sur toutes les questions relatives à la profession.
“La parole de M. Glackemeyer était brusque mais nette et concise, et les explications qu’il donna aux législateurs en 1S36, sur la nécessité d’une loi d’enregistrement et en 1855 sur les besoins d’un tarif d'honoraires pour les professionnels peuvent être considérées comme des modèles du genre.
“ M. Glackemeyer présida pendant quelque temps l’ancienne chambre des notaires du district de Québec, mais la lenteur des délibérations ne lui allait pas. Le premier, il suggéra l’idée d’un tableau où seraient inscrits tous les noms des notaires en exercice. Et il jetait, comme cela, au cours de la discussion, des centaines de pensées pratiques que d’autres ramassaient pour en faire bon usage. Quant à lui, il ne semblait pas se soucier de mener jusqu’au bout aucun des projets qu’il suggérait. Il aimait à porter la parole en public, et il ne se passait guère de réunions où il ne prononça quelques-uns de ces discours concis, clairs, et qui ne ressemblaient à rien de ce que les autres disaient. 11 y avait du neuf et de l’imprévu chez lui. Il passait parfois de longs mois, des années quelquefois, sans paraître s’occuper en aucune façon des intérêts du notariat, puis tout à coup il reparaissait avec quelques bonnes suggestions qui entraînaient les suffrages de ceux qui avaient discuté pendant des années sur le même sujet sans arriver à aucun résultat pratique.
“ M. Glackemeyer maniait aussi facilement la plume. Et, suivant son caprice, il publiait alors ce qu’il avait envie de dire soit en de courtes correspondances dans les journaux de Québec, soit encore dans des pétitions solennellement adressées aux chambres d’assemblée. C’est ainsi, spécialement, qu’il défendit la mesure du cadastre proposé par Cartier et contre laquelle tant de monde s’insurgeait.
“ M. Glackemeyer avait épousé une demoiselle Lagueux, fille d’un riche marchand de Québec qui avait représenlé pendant longtemps en Parlement le comté de Northumberland, aujourd’hui Montmorency. Il se trouva donc mêlé dans sa jeunesse à la tourmente politique et vécut dans l’intimité des Bédard et des Nelson. Il eut même quelques velléités de se porter candidat tantôt au Saguenay, tantôt à Montmorency, tantôt dans le comté de Québec. On trouve quelques-uns de ses manifestes dans les journaux de l’époque.
“Mais, dans sa vie politique, la partie irlandaise de M. Glackemeyer l’emportait. Après avoir été antibureaucrate et patriote, il finit par suivre Nelson lors de sa séparation avec Papineau et menaça même de faire la lutte à M. Chauveau dans le comté de Québec.
“ En 1S48, il revint à Papineau et combattit avec lui contre l’union des Canadas. Il voulut alors se présenter à Québec si nous en jugeons par la lettre qui suit que nous trouvons dans nos dossiers»