MARG.-MADELEINE-G. DE TONNANCOUR
Née à Trois-Rivières le 28 février 1758. Mariée, à Trois-Rivières, le 16 mars 1784, à Thomas Prendergast, chirurgien.
(i) L'acte de sépulture lui donne le prénom de Marie au lieu de Matliilde.
(2) Gazette de Québec, 28 janvier 1819.
M. de Tonnancour s'opposa beaucoup au mariage de sa fille avec M. Prendergast, probablement à cause de son origine. Mais Manette — c'était le petit nom de Marguerite-Madeleine — mit le général Haldimand de son côté et celui-ci fit consentir le père à l'union des deux amoureux, (i)
Quelques années après son mariage, M. Prendergast résigna sa commission de chirurgien dans l'armée et s'établit comme médecin à Nicolet.
Madame Prendergast mourut à Québec le ig janvier 1824. Elle fut inhumée le surlendemain dans le cimetière des Picotés.
Plusieurs enfants étaient nés de leur union.
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EI.IZABETH GODEFROY DE TONNANCOUR
Née à Trois-Rivières le 8 juillet 1759.
En compagnie de sa soeur Marie-Louise, elle suivit le cours d'études du pensionnat des Ursulines de Trois-Rivières.
" Lorsque sonna l'heure de choisir un état de vie, Elizabeth fut la première à témoigner l'intention de se consacrer à Dieu dans la milice de sainte U''sule ; plusieurs fois elle avait confié son dessein à sa soeur, sans que celle-ci répondit autrement que par un morne silence. Un jour, cependant, elle interpella un peu brusquement sa confidente.
" — Vous ne serez pas religieuse, Elizabeth, vous resterez ici à la tête de notre famille ; je vous supplanterai à coup sûr. . . . je n'en parle guère, mais j'y pen.se depuis bien longtemps.
' ' Elizabeth ne renonça pas aussi facilement à ses prétentions.
" — Venez, si vous voulez, répondit Marie- Louise, vous êtes libre, mais je passerai la première.
(i) Collectio7i Haldimand, vol. II, pages 816 et seq.
' ' Leurs frères se faisaient volontiers les arbitres de ces discussions.
" — Mesdames, trêve de prétentions, ditl'un d'eux un jour, demeurez toutes deux avec nous, ne peut-on se sauver dans le monde ?
"Maintes fois se renouvelèrent les discussions, maintes fois y succéda le même jugement.
" Peu de temps après, toutefois, les deux soeurs étaient au noviciat des Ursulines de Trois-Rivières.
" Les années de probation étant écoulées, à la grande satisfaction de toutes les religieuses, les jeunes sœurs Marie de la Croix et Sainte-Hélène furent admises à faire profession .
" A cette époque, pour compenser, en quelque sorte, le sacrifice qu'imposait aux parents la retraite de leurs filles bien-ainiées, il était permis aux fiancées du Seigneur, d'aller pas.ser une journée au sein de leurs familles, avant l'émission irrévocable de leurs vœux.
" Les demoiselles de Tonnancour profitèrent de cette permission. Au jour désigné, les observances du matin étaient à peine terminées, que déjà le seigneur de Tonnancour était dans le parloir réclamant ses filles aimées, pour les amener à sa maison de campagne, située à la banlieue de Trois-Rivières. Elles y furent reçues par une nombreuse parenté et un joyeux cercle d'amis. La journée se passa dans les plus doux épanchements, dans les plaisirs du foyer domestique ; et nos deux jeunes novices furent l'objet de tout ce que l'affection peut inspirer d'égards et de tendresse. Marie-Louise fut encore plus aimable et plus enjouée que d'habitude ; Klizabeth moins expansive, était cependant tout entière au bonheur de ceux qui l'entouraient. Le jour avait été des plus beaux, et rien ne paraissait devoir assombrir le tableau de félicité qui se dessinait sous le toit du noble seigneur de Tonnancour. Mais fut-il jamais si beau jour, qu'il n'ait eu un nuage ?
" A l'heure convenue, les deux jeunes visiteuses exprimèrent le désir de retourner au cloître : une nombreuse suite se disposa à les accompagner, tout en regrettant de n'avoir pas la puissance d'arrêter la cour-
se des heures. Voilà qu'au moment même du départ, on remarque l'absence de Marie-Louise ; la croyant retenue à faire ses adieux, on attend, on cause et l'on s'amuse ; enfin, elle parait ; mais, ô surprise, revêtue des livrées du siècle ! . . . . Ce n'était plus cette jeune aspirante du cloître qui avait renoncé si volontiers aux vanités du monde, c'était une jeune fille qui semblait regretter un premier pas. Qu'on juge de l'étonnement produit par un changement si inattendu. Elizabeth en fut si affectée qu'elle s'évanouit. Revenue à ellemême, elle hâta son retour au monastère, où l'événement excita autant de surprises qu'au dehors.
" Elizabeth s' étant affranchie des liens si puissants et si légitimes en apparence qui l'attachaient au monde, et appréciant de plus en plus la part que lui faisait le seigneur, prononça ses vœux le 14 janvier 1784, et se rendit très utile à la communauté des Ursulines, surtout dans l'emploi d'hospitalière et de dép^ositaire. " (i)
La mère de la Croix décéda à Trois- Rivières, après vingt-six ans de profession, le 25 janvier 18 10.
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Né à Trois- Rivières le 2 octobre 1760. Décédé à Sainte- Anne d'Yamachiche le 5 octobre