JOSEPH GODEFROY DE VIEUX-PONT
Né à Trois-Rivières le 20 juillet 1645.
Il eut le gouverneur de Montmagny pour parrain.
Il servit dans les troupes du détachement de la marine avec le grade de lieutenant.
En 1649, M. LeNeuf du Hérisson, oncle de Joseph Godefroy, avait obtenu la concession du fief Vieux- Pont : " une lieue de terre le long du fleuve Saint-Laurent, à l'endroit des Trois-Rivières, en remontant le dit fleuve, sur cinq lieues de profondeur dans les dites terres et lieux non concédés. "
En 1665, il donna sa concession, sous seing privé, à son neveu Joseph Godefroy.
La guerre des Iroquois empêcha Joseph Godefroy de coloniser sa seigneurie. En 1674, il se contenta de concéder quinze à dix-sept arpents de front compris entre la troisième et la quatrième rivière de la banlieue, sur une lieue de profondeur. (2)
En 1674, le gouverneur de Frontenac proposait au ministre de nommer des interprètes du roi pour les
(i) Voir p. 14. Les Godefroy, de Détroit, descendent, croyons-nous, de Joseph Godefroy de Vieux-Pont Nous n'avons pu, malheureusement, établir la filiation.
(2 ) Benjamin Suite, Histoire de la ville des Trois-Rivières et de ses environs, p. 93.
langues huronne et algonquine. Il écrivait le 14 novembre de cette année : '
" Les deux cents écus que l'on m'a dit que MM. de la compagnie ont affectés à l'office de grand maître des eaux et forêts, qui me parait, pour le présent, une charge fort inutile en ce pays, seraient mieux employés à cet usage et n'augmenterait pas leurs dépenses. Si vous approuviez ce que je propose, les sieurs Le- Moyne et Vieux-Pont y seront très propres."
En 1679, dans une lettre à M. de Seignelay, l'intendant Duchesneau accuse M. Godefroy de Vieux- Pont de faire la traite sous la protection de M. de Frontenac, (i)
En août 1682, M. de Frontenac a une conférence à Montréal avec les Ottawas. M. Godefroy de Vieux- Pont lui sert d'interprète. (2)
M. de la Barre continua à M. Godefroy de Vieux- Pont la confiance que le comte de Frontenac lui avait toujours montrée. Le 10 octobre 1682, il assemblait à Québec les principaux citoyens de la colonie pour leur demander conseil sur les relations à garder avec les Iroquois. M. Godefroy de Vieux-Pont fut invité à se rendre à cette assemblée. (3)
La même année, le 12 novembre, M. de la Barre revenait sur la question des interprètes du roi :
"Une des personnes qui est la plus nécessaire au service du Roi en ce pays est un interprète des diverses langues des Sauvages et dont on ne saurait presque se passer en Tétat oii sont les affaires. Il y a ici un gentilhomme nommé M . de Vieux-Pont, qui les entend toutes et les parle bien. Il serait juste que le Roi lui accordât l'entretien que l'on donne aux capi-
(i) O' Callaghan, Documenis relative to the colonial history of the state of New-York, vol. IX, p. 135.
(2) Idem, vol. IX, p. 176.
(3) Ibidem vol. IX, p. 194.
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tailles des compagnies comme réformés, afin que M. l'intendant et moi nous en puissions servir plus librement et le détourner de ses affaires sans scrupules."
Pendant le siège de Québec par Phips en 1690, le sieur Godefroy de Vieux-Pont eut le bras démis par un coup de canon, (i)
Il mourut avant 17 16.
Il avait épousé, à Trois-Rivières, le 21 octobre 1675, Catherine, fille de Maurice Poulain de la Fontaine, qui laissa sou nom à la rivière Saint-Maurice, et de Jeanne Jallau.
Ils eurent dix enfants : I Marguerite ; II lyouis ; III Catherine-Michelle ; IV Pierre ; V Jacques ; VI Jean-Baptiste ; VII Jean-Baptiste ; VIII Marie-Joseph ; IX Charlotte ; X Jeanne.