‹ La famille Godefroy de TonnancourChapitre 8 sur 69 · MICHEL GODEFROY DE LINCTOT · texte numérisé non relu

MICHEL GODEFROY DE LINCTOT

Né à Trois- Rivières le 21 octobre 1637.

Il fut major de la garnison de Trois-Rivières.

En 1681, peu de jours après la mort de son père, il réclamait ses privilèges de noble, et à sa demande l'intendant Duchesneau rendait l'ordonnance suivante :

" Jacques Duchesneau, clievalier, conseiller du roi en ses conseils, intendant de justice, police et finance en Canada, pays de la Nouvel le- France septentrionale.

"Sur ce qui nous a été remontré parle sieur Godefroy de Linctot. fils aîné du feu sieur Godefroy, annobli lui et sa postérité par Sa Majesté, que l'original des lettres de noblesse accordées à son dit père nous aurait été mis entre les mains dans l'année 1677 pour les envoj'er à Monseigneur Colbert (afin de) lui obtenir un relief d'adresse au Conseil Souverain de ce pays, pour être enregistré, depuis lequel temps les dites lettres ni le dit relief d'adresse n'aurait été renvoyées, ce qui donnait occasion à la malveillance de lui disputer sa noblesse, nous requérant qu'il y fut pourvu. — Nous, vu la lettre de Monseigneur Colbert, datée à Paris, le 28 avril de la dite année 1677, par laquelle il nous mande que nous ne recevrions point la dite année le dit relief d'adresse, d'autant que nous n'avions point envoyé l'original des dites lettres de noblesse pour les attacher sous le contre-scel, et attendu que les dites lettres de noblesse du dit sieur Godefroy nous ont été mises entre les mains dès la dite année 1677, lesquelles nous avons envoyées à mon dit seigneur de Colbert la dite année, faisons très ex-

presse (inhibition) et défense à toutes personnes d'inquiéter le dit sieur Godefroy dans sa noblesse, à peine de cent cinquante livres d'amende au jugement de laquelle seront les contrevenants à notre présente ordonnance contraints par toutes voies dues et raisonnables. Mandons, etc.

" Fait à Québec ce 8 juillet 1681 .

(Signé) Duchesneau (Plus bas) Par Monseigneur,

Chevalier.

Quatre ans plus tard, il s'adressait, par son fondé

de pouvoir, Gilles de Boyvinet, à M. de Meulles, qui

avait succédé à l'intendant Duchesneau, encore dans

le même but:

" Supplie humblement Michel Godefroy de Linctot, écuyer, seigneur de Dutort, faisant tant pour lui que pour ses frères et soeurs et descendants, disant que, l'année 1668, Monsieur Talon, pour lors intendant en ce pays, lui aurait envoyé des lettres de noblesse qu'il avait plu à Sa Majesté d'accorder à Jean Godefroy son père, lesquelles auraient été mises entre les mains de Monsieur Duchesneau en l'année mil six cent-soixante-dix-sept pour êtres envoyées à Monseigneur Colbert afin d'obtenir un relief d'adresse au Conseil Souverain de ce pays pour y être enregistrées, lesquelles seraient demeurées en France ainsi qu'il parait par la déclaration de monsieur Duchesneau, lequel, en conséquence de ce que dessus, défend à toutes personnes d'inquiéter le suppliant dans sa noblesse à peine de centcinquante livres d'amende ; le dit acte en date du 8 juillet 1681, signé Duchesneau, ci-attaché ;

" Considéré : Monseigneur , il vous plaise, vu les lettres de Monsieur Talon ci-attachées avec le dit acte en l'original, ordonner que le suppliant, comme fils de Jean Godefroy en faveur duquel les dites lettres de noblesse ont été expédiées, jouira conjointement avec ses frères et soeurs et descendants, du privilège que Sa Majesté a accordé aux nobles de son royaume, prendra la qualité d' écuyer et autres droits, appartenant, et défenses seront faites à toutes personnes de

quelque qualité et condition qu'elles soient, de le troubler, ni ses frères et soeurs et descendants, dans la jouissance des dits droits, vous suppliant d'en donner avis à Sa Majesté, pour être pourvu à la restitution des dites lettres ou à l'expédition d'autres qui puissent servir ainsi qu'auraient fait celles qui ont été perdues de la manière exposée ci-dessus, et le dit suppliant, avec toute sa famille, sera obligé de prier Dieu pour votre santé et prospérité.

' ' Boisvinet, fondé de pouvoir spécial de Michel Godefroy, fils aîné de Jean Godefroy, annobli, faisant tant pour lui que pour ses frères et sœurs et descendants."

M. de Meulles rendit son jugement dans les termes suivants :

" Vu la requête ci-dessus, et les pièces y énoncées, nous ordonnons que le suppliant, ses frères et sœurs et descendants pourront prendre la qualité de noble et écuyers, sans qu'aucunes personnes les puissent troubler ni inquiéter dans la dite qualité, non plus que dans la jouissance des droits y appartenants, jusqu'à ce qu'il ait plu à Sa Majesté nous faire connaître ses intentions sur l'exposé des dites pièces.

" Fait à Québec, le 8 juin 1685.

(Signé) De Meulles.

Par Monseigneur,

Peuvret."

M. de Brouillan étant mort, fut remplacé comme gouverneur de l'Acadie, par M. de Subercase. Cet officier, actif et vigilant, proposa à la cour de chasser les Anglais de Terre-Neuve.

Ce projet fut approuvé, et M. de L'Epinay, qui devait conduire en Canada le vaisseau du roi le JVesp, eut ordre d'embarquer des Canadiens à Québec et de les mener à Plaisance. Il y en embarqua en effet 100. Plusieurs officiers, parmi lesquels Michel Godefroy de Linctot, accompagnaient ces valeureux guerriers.

M. de Subercase partit le 15 janvier 1705, à la

tête de 450 hommes. Ils furent repoussés à Saint-Jean, mais s'emparèrent de presque tous les autres postes de l'île. Ils brûlèrent un grand nombre d'habitations et firent un nombre considérable de prisonniers. Cette brillante campagne ne se termina qu'au printemps, (i)

M. Godefroy de Ivinctot était plus riche de vertus que de biens de la terre.

Le marquis de Denonville écrivait au ministre le 10 novembre 1686 :

" Je dois rendre compte à Monseigneur de l'extrême pauvreté de plusieurs nombreuses familles qui sont à la mendicité et toutes nobles ou vivants comme telles.

" Le sieur de Linctot et sa femme qui ont dix enfants et deux d'une de leur fille se plaignent de n'avoir pas de pain ; cette famille est des plus anciennes dans le pays." (2)

M. Godefroy de Linctot mourut à Trois-Rivières le 18 mai 1709.

Il avait épousé, à Montréal, le 2 septembre 1664, Perinne, fille de Pierre Picoté de Bellestre et de Marie Pars,

Elle décéda à Trois-Rivières le ig décembre 1723.

Elle lui avait donné douze enfants : I Marie-Françoise-Ursule ; II Marguerite-Thérèse ; III Jean-Paul ; IV Àrnault ; V René ; VI Charlotte ; VII Agnès ; VIII Michelle ; IX Joseph ; X Marie-Josette ; XI Claire ; XII Jeanne .

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