II. Louse-Adèlb Juchebbau Duchesnay
Née à Sainte-Marie de la Beauee le 12 novembre
Décédé à Sainte-Marie de la Beauee le 8 mai 1837. Inhumé dans l'église.
(1) L*abbé Douville, Histoire du collège-séminaire de Nicolety page 226,
CATIIERINE-HERMINE-LOUrSE JUCIIEREAU DUCHESNAY
Née à Beauport le 23 juillet 1807.
Elle décéda à Beauport le 25 novembre 1807 et fut inhumée le lendemain dans Téglise paroissiale.
HENRf.ELZÉAR JUCHEREAU DUCHESNAY
Né à Beauport le 19 juillet 1809.
Son përe et sa mëre présidèrent à sa premiëre éducation, et le confièrent bientôt à d'habiles précepteur?. Grâce à leurs soins, grâce à ses communications constantes avec l'élite de notre société, il acquit cette variété de connaissances pratiques, cette distinction de manières, cette noblesse et cette franchise de caractère qui devaient le conduire aux postes les plus élevés de notre pays.
Il fut admis à la profession d'avocat le 10 janvier
Le 2 juillet 1889, il était nommé magistrat stipendiaire pour le district de Montréal.
L'année suivante, il recevait sa nomination de magistrat de police pour le même district.
En 1843, il se retira à Sainte-Marie de la Beauce.
Il lui fallut quitter les douceurs de sa retraite pour répondre à la confiance de ses compatriotes. Le 29 septembre 1856, il fut pour la première fois unanimement élu membre du Conseil législatif, par la division de Lauzon. Le 5 octobre 1866, la même unanimité le portait au même honneur.
L'HON, HBNRIELZéAR JUCHBRBAU DUCHB3NAV
Il fut appelé au Sénat de la Puissance le 23 octobre
C'est à Sainte-Marie de la Beauce, à l'âge de Cl ans et 10 mois, qu'il s'éteignit, le 12 mai 1871. Il fut inhumé dans l'église paroissiale
"L'honorable M. Duchesnay a été dans toute la force du mot, levir pr^bus, l'homme loyal, intègre et p:-obe.
" Sur un théâtre moins vaste que celui de la politique, M. Duchesnay a déployé des qualités plus admirables encore. Son influence à Sainte-Marie, cette capitale de la Beauce, s'étendait à tout : agriculture, éducation, œuvres de charité, son activité paraissait tout embrasser. C'était pour lui comme un besoin impérieux de son cœur de faire du bien à autrui : le» pauvres et les aflligés avaient, avant tout, une large part à ses avis, à ses lumières et surtout à ses abondantes aumônes.
" Pour favoriser les progrès de l'agriculture, dans les comtés dont il était le délégué, il avait fait l'acquisition des instruments aratoires les plus utiles et les moins dispendieux. Il invitait les cultivateurs à venir les voir fonctionner et il se faisait un devoir de leur en expliquer le mécanisme et le maniement.
" Avocat, il se donnait une peine infinie pour arrêter les procès de ses co-pannssiens. Il réussit ainsi à empêcher la ruine d'un grand nombre de personnes : sa maison était ouverte à tous ceux qui avaient quelques difiScultés. Quand on ne venait pas le troaver, il ne craignait pas de se rendre auprès des parties qui voulaient aller en cour, il s'informait de leur malentendu, et presque toujours, il réussissait à le faire disparaître.
" Il serait impossible de redire, ici, ce que la paroisse
de Suinte-Marie lui doit pour réducation de ses enfants. M. Duchesnay, pendant quatorze ans, s'est condamné à prélever la contribution volontaire des habitants de sa paroisse, pour subvenir à dix écoles.
" Ces œuvres d*un intérêt public ne l'absorbaient pas au point de lui refuser le bonheur d'une bienfaisance d'un autre genre. C'était en 1849, aux premières neiges de l'hiver. Un incendie venait do réduire en cendres la grange d'un cultivateur. Grain, voitures, fourrage, bétail, tout avait été enveloppé dans le même désastre. La porte était considérable. M. Duchesnay assemble la paroisse, le dimanche suivant ; il organise chaque rang pour venir au secours de cet infortuné. Un mois et demi après l'incendie, la grange sortait de ses ruines, aussi remplie qu'auparavant, et ne laissait plus au sieur Gagné que le devoir d'une reconnaissance sans bornes envers son bienfaiteur. Les chevaux et les voitures de M. Duchesnay avaient transporté les effets collectés, pendant quinze jours. Lui-même avait présidé à la construction du bâtiment, comme au reste.
*' Un jour, une suite de malheurs incontrôlables força un cultivateur h vendre sa terre et tous ses biens. Ses créanciers payés, il lui restait encore une dette d'arréragé chez le seigneur Duchesnay, pour grains achetés à ses moulins. Avant de s'éloigner de Sainte-Marie pour aller prendre une terre en bois debojut, le pauvre ruiné se rend chez M. Duchesnay et lui demande son compte.
" — C'est juste cinquante louis.
** — Eh bien ! voilà vos cinquante louis, dit le malheureux, comptez et payez-vous.
" — Maïs, mon cher ami, lui demande le bienfaisant
seigneur, vous reste-t-il quelque chose pour recommencer votre petite fortune ?
" — Pas une obole, monsieur, pas même de quoi ache* ter du pain pour mon voyage.
" — Eh bien ! mon ami, reprend avec émotion M. Duche6na3',je ne veux, ni ne puis vous arracher la vie. Si vous réussissez, vous me paierez quand vous pourrez ; sinon vos enfants paieront mes enfants. Sinon, nous serons payés ailleurs.
" M. Duchesnay revenait d'une des concessions reculées de Sainte-Marie. Il faisait nuit noire. Toufc le monde semblait reposer d'un profond somme.l. Cependant, au bord du bois, dans une petite cabane, une pauvre femme dangereusement malado, veillait avec sa douleur, et k son chevet se tenait un enfant qui essayait, par ses soins, d'abréger la longueur de la nuit. Tout à coup la malade et l'enfant entendent le bruit d'une voiture.
" — Vas vite, dit la mëre à l'enfant, c'est peut-être un médecin.
*' L'enfant accourt, M. Duchesnay arrête aussitôt sa marche, se rend auprès de l'infortunée, s'informe avec bonté de son état, et lui laisse tout l'argent qu'il porte sur lui, et lui promet un médecin pour le lendemain. 11 tint parole, et lui-même conduisit, auprès d'elle, le docteur Wistaft'. Pendant près de deux mois, aux frais du distingué bienfaiteur, deux fois la semaine, le même médecin prodigua des soins à cette femme délaissée, et réussit à la ramener à la santé. " (1)
L'honorable M. Duchesnay avait épousé, à Sainte- Marie de la Beauce, le 24 juillet 1834, Julie, fille de
(1) L'abbé N.-A. Leclerc, Gazette des familles canadien^ nés et acadiennes, 15 juin 1871.
l'honorable juge Jeaa-Baptiste-Olîvier Perrault et de Marie-Louise Taschereau.
Elle décéda à Saiute-Foye, le 22 août 1838, et fut inhumée le 21 du même mois dans l'église des XJrsulines de Québec.
Trois enfante naquirent de ce mariage : I Henri- Olivier ; II Elzéar-Edmond ; III Louise-Amélie.
En secondes noces, l'honorable M. Duchesnay épousa, à Sainte-Marie de la Beauce, le 17 juin 1844, Elisabeth-Suzanne, fille de l'honorable juge Jean-Thomas Taschereau et de Marie Panet,et sœur de Son Eminence le cardinal Elzéar- Alexandre Taschereau.
Madame Duchesnay mourut à Québec le 10 mars 1888, et fut inhumée dans l'église du monastère de l'Hôpital-Général de Québec, le 14.
De cette seconde union étaient nés sept enfants I IV Henri-Jules ; V Maurice-Elzéar ; VI Marie-Louise- Suzanne ; VII Sophie-Corinne ; VIII Adële-Caroline- Agnës ; IX Charles-Edmond ; X Marie-Louise-Isabelle.