MARIE-JOSEPH JUCHEREAU DUCHESNAY
Kée à Beauport le 20 février 1699.
"Entre l'âge de Marie-Jopeph et celui de sa sœur Geneviève, écrit l'Annaliste du monastère de l'Hôpîtal-Général de Québec, il y avait une diftércnce de seize ans ; elles se suivirent de plus prës dans la carriÎTC religieuse, la plus jeune n'y ayant été devancée que de quatre ans par son aînée. Nous les y trouvons toutes deux au premier rang peu d'années aprës : la mère Saint- Augustin, supérieure, ayant pour assistante la raëre de l'Enfant-Jésus, âgée seulement de vingt et un ans. C'est ainsi que cette dernière, sous une direction à la fois sage et suave, s'initiait de longue main aux graves responsabilités qu'impose la conduite des
MARIE-JOSEPH DUCUESNAY DE L'BNPANT-JÉSUS
autres. Elle eut aussi occasion de connaître par ellemême les devoirs des offices de première hospitalière, de dépositaire et de discrète, y ayant été employée alternativement jusqu'en 1732 ( 17 avril ) , époque à laquelle elle fut élue supérieure pour la premiàro foii». Réélue en sept différents trieunatB,la mère de TEnfant- Jésus a passé dix-neuf ans et demi dans les soins et les soucis du gouvernement, et prè.s do vingt autres années dans les emplois que nous avons nommés ci-dessus.
" Son zèle pour le bien des âmes confiée.-* à ses soins» n'était pas moindre que na sollicitude pour les intérêts matériels de l'établissement. Ici sa charité compatissante trouvait à s'exercer ; là sa b >nté, sa patience, sa fermeté, son amabilité, brillaient de tout leur éclat. Dans les occasions journalières oh il lui fallait dé[>loycr la plus grande / activité, elle ne perdait rien de son recueillement intérieur. Sans cesser d'être, selon l'expression du livre des Proverbes, la femme forte qui veille aux sentiers de sa maison^ elle personnifiait encore la sainte épouse du sacré Cantique qui n'aspire qu'à son bien-aîmé. Chez elle, c'était l'esprit «le foi et d'amour qui opérait par les bonnes œuvres.
" Et quelles bonnes œuvres que celles oh ïl fut donné à la mère de l'Eofant- Jésus d^ prendre une si large part ! Nous l'avons vue, dans l'encombrement de notre hôpital, partager avec ses sœurs le soin des marins et des militaires malades en grand nombre à la fois. Chacune de ses visites à ces lits de souffrances, était pour ces pauvres pestiférés comme une vision céleste, leur laissant dans l'âme, avec les pensée» de ce qui survit à la tombe, un sentiment profond et inexprimable de paix, de joie, de sereine et douce résignation.
" Si cette mère nous a paru admirable de confiance et d'abandon lorsque, en des jours de disette, elle ordonnait à la sœur boulangère de donner à une pauvre femme le dernier pain qui lui restât entre les mains, que dirons-nous quand plus tard, après avoir épuisé les autres ressources, elle commandera d'employer au pansement des soldats blessés tout le linge tenu jusque-là en réserve pour l'usage des religieuses ? Quelle épreuve pour son esprit de foi que l'alternative où elle se trouve de laisser ces centaines de malheureux en proie à la douleur, sans nourriture suffisante et sans soulagement efficace, ou bien de risquer en leur faveur, par un acte de charité sublime, toutes les dépenses qu'exige leur triste position ! On sait de quelle côté pencha la balance, et l'on s'incline avec respect au souvenir de celle qui s'étant dès l'aurore? élancée comme un géant pour parcourir sa carrière' l'a remplie jusqu'au soir par des actions toujours plus grandes, toujours plus dignes de ses héroïques débuts.
" En nous approchant de l'humble couche où repose en ses derniers jours de souffrances notre mère bienaimée, ne cherchons pas sur son front des traces de tristesse et d'inquiétude au sujet des récents événe mcnts. A la vérité, elle ne voit autour d'elle que le dénûment le plus absolu ; mais lorsque ses sœurs viennent, avec émotion, lui exprimer leur amer regret de ne pouvoir lui procurer même les choses les plus néces. saires à son état, la sahite mourante les accueille avec un sourire, essuie leurs larmes et leur montre le ciel. . le ciel qui devait bientôt s'ouvrir pour livrer passage à son âme purifiée sept fois dans le creuset des plus amères tribulations.
** Dieiij vous me toimnentez admirablement !
s'écriait le saint homme Job au plus fort de ses tri balations. Ces paroles, les mëres de rHôpital-Génëral de Québec purent les redire dans un amoureux abandon, lorsque le 20 novembre 1760, elles virent enlever par la mort la révérende et trë3 ch^re mbra Marier Joseph Duchesnay de TEnfant- Jésus." (1)
JEANNECATHERINE JUCHEREAU DUCHESNAY
Née à Beauport le 15 avril 1702. Décédée à Beauport le 11 janvier 1709, elle fut inhumée dans l'église le lendemain. (2)
ANTOINE JUCHEREAU DUCHESNAY Le continuateur de la lignée.
Née à Beauport le 16 janvier 1705.
Décédée à Beauport le 29 mars 1705, elle fut inhu. mée dans l'église paroissiale le lendemain.
URSULE-LOUISE JUCHEREAU DUCHESNAY Née à Beauport le 3 avril 1706.
(1) Mgr de Saint- Vallieret V Hôpital-Général de Québec, pages 367, 370.
(2) L*act6 de sdpulture dit Marie-Jeanne mais il 6*agit de Jeanne-Catherine.
Déoédée à Beauport le 22 mai 1706, elle fut inhumée dans rëglÎBe le lendemain.
M ARIE-M ADELEIÎÏ^S JUOHERE AU DUCHESNAY
Née à Beauport le 11 avril 1707.
Mariée, à Beauport, le 4 septembre 1729, à Jean- Christophe-Marie de MonceaHx,fil8 de défunt Christophe-Marie de Monceaux, écuyer, procureur du Roi au Châtelet de Paris, et de Marie Catherine Diëvre, de la paroisse de Saint- André-des-Arts de Paris.
Elle mourut à Paris, paroisse Saint- André-des-Arts, le 27 avril 1761,
M. de Monceaux mourut aussi à Paris, mais nous ignorons la date de sa mort (1)
De leur mariage naquirent deux filles : I Madeleine- Catherine ; II Catherine-Marie.