I. Catherike-Hekriette (2) Blakchet
Née à Québec le 11 juillet 1803.
Mariée, à Québec, le 7 mai 1822, à Williara-tJnsworth Chaffers.
Elle mourut à Rimouski, le 11 décembre 1848, et fut inhumée dans l'église paroissiale.
M. Chaffers épousa en secondes îioces, à Montréal, le 15 août 1850, Mary Provandié, veuve Ledward.
M. Chaffers mourut à Saint-Césaire de Kouville le 1er février 1852, et fut inhumé dans l'égliso de cette paroisse.
Il était né en 1799 àLiverpool, en Angleterre, d'une famille catholique et très distinguée. Son père était médecin. Il arriva ici Vers 1820 comme officier dans un régiment anglais. Il résigna bientôt sa commission et se mit dans les affaires d^abord à Québec puis à Saint-Césaire. Il amassa une fortune considérable. Quand éclatèrent les tragiques événements de 1837, M. Chafters se trouva dans une position difficile- Les discours de Pa pineau et du docteur Wolfred Nelson avaient ameuté la population canadienue-fran:aise
(1) Un député qui avait 8i(fgd avec ÎF. Blancbet à la Chanibre d' Assemblée et qui par coliscqueut avait pu le connaître intimement fait un bel éloge de ses qualités dans la JMinerve du 28 juin 1830.
(2) L'acte de naissance porte Henri/
coutro les Anglais. Amsi, il crut plus prudent de s'éloigner de Saînt-Cémire pendant un certain temps. Il revint bientôt cependant et ses concitoyens ne tardèrent pas à reconnaître qu'il était leur sincëre ami.
Un de ceux à qui il avait fait du bien écrivait dans la Minerve du 6 février 1852 :
** Toujours disposé à se rendre utile, et à faire le bien, il ne sut jamais fléchir dovait aucune difficulté. Possédant une érudition peu ordinaire, il appliqua en tout temps, et en toutes circonstances, au bien-être de ses concitoyens, ses connaissances acquises en prodiguant avec plaisir à qui lui en demandait, les conseils les plus salutaires.
" Magistrat intègre, il sût toujours allier à la sévérité de la loi, qu'il était appelé à exercer, une aménité propre à adoucir l'amertume de la condamnation que l'exigence du cas requérait. Aussi toutes les fois qu'il était appelé k agir comme un des gardiens de la morale publique, il savait remplir les devoirs ardus et «lélicats que lui imposait sa charge de juge de paix avec une douceur telle que le coupable semblait se consoler à la vue de la manière bénigne avec laquelle il venait d'entendre prononcer la sentence qui le condamnait.
" Mais s'il fut un objet vers lequel se dirigèrent ses vœux les plus ardents, ce fut l'éducation de la jeunesse dont il chercha constamment à favoriser l'avancement de toutes les manières possibles. Sachant que c'était le seul moyen de placer sa patrie adoptive au degré de hauteur qu'elle doit occuper un jour parmi les autres nations de la terre, il n'oublia jamais en aucun temps de recommander aux autres, et d'adopter luimême les mesures les plus propres à atteindre ce grand but. Aussi fut-il reconnu à Saint-Césaire, comme le
principal mobile de cette grande œuvre qui semble y avoir pris une racine certaine et profonde. L'empres- Ecmcnt des (nfante dce ^coke du village, qui Fejoigni* rent à la grande n ultitude pour acccmpagner ea dé* pouille mortel au lieu de la sépulture, n'eet-il pas une preuve authentique et incontestable de l'appréciation de l'encouragement qu'il n'a cesné de leur donner, et ne témoigne-t-il pas hautement du respect et de la gratitude qu'ils sentent lui devoir î "
M. Chaffors eut deux enfants de Fon premier mariage :
!• Marie-Catberine*Henriette Chaffersnéeà Québec le 12 septembre 1824. l^ariée, à l'église Kotre-Dame, Montréal, le 19 mai 1862, à Joseph Lévy, gérant de la Com])agnie de navigation du Richelieu. M. Lévy mourut subitement à Montréal le 8 janvier 1868, et fut inhumé dans le cimetière de la Côte des Neiges. JJ Ordre du 6 janvier 1868 nousiaconte dans quelles circ( instances arriva la mort de M. Lévy : ^* H fai« sait une partie de billard à l'hôtel Donegana avec un de ses amis M. O'Brien, et comme la partie était chau' dément disputée il y mettait beaucoup d'entrain, lors* que se penchant pour frapper un dernier coup qui devait lui assurer la victoire, il sentit sa bouche s'em* plir de tang, et quitta l'hôtel avec M. O'Brien pour se rendre à sa résidence, qui est à très peu de distauce de là, lue Saint-Louis. Arrivé chez lui, M. Lévy se sen* tit beaucoup mieux, il offrit un verre de vin et des gâteaux à M. O'Brien, et le pria seulement de passer chez son médecin, le docteur McCallum. Le docteur n'étant pas chez lui, M. O'Brien lui laissa un mot. Le docteur rentra preequ'aussitôt et se rendit immédiate ment chez M. lévy. En entrant dans la chambre de M. Lévy, il le trouva dans les bras de M. Daley, qui
JOSEPH LÉVV
lui dit : " Venez-vîte, docteur, il est évauouî.*' " 11 n'est pas évanoui, il est mort, " dit le docteur. Il n'y avait que vingt minutes que M. Lévy avait pris un verre de vin avec M. O'Brien. Il y avait prës de deux ans qu'il n'avait pas été malade, du moins qu'il n'avait pas été sous les soins du médecin. " M. Lévy par son aptitude aux affaires et son activité avait pu ramasser une belle fortune. Gérant-général de la Compa« gnie du Richelieu (aujourd'hui la Cie de navigation Richelieu et Ontario) pendant plusieurs années, on peut dire qu'il en fut l'fime. C'est à son habileté, à son zèle et à ses talents que cette puissante compagnie fut rede* vable en grande partie de ses immenses succès. '^ Il apporta dans la tombe les regrets sincères d'un cercle nombreux d'intimes qui le chérissaient comme un frère, à cause de la bonté de son coeur, de la franchise et de la noblesse de son caractère et de son humeur enjouée, assemblage de qualités qui en faisait à la fois un ami incomparable par son obligeance et son dévoue^ ment, et un agréable compagnon, par sa gaieté. '' (1) Madame Lévy est morte à Montréal le 20 novembre 1900, et a été inhumée, elle aussi, an cimetière de la Côte des Neiges. De leur mariage étaient nés six enfants :
A. Joseph-Guillaume- Arthur Lévy né à Montréal le 1er juillet 1858 ; décédé à Montréal le 24 octobre 1854. Inhumé au cimetière de la Côte des Neiges
B. Marie-Emélie-Hortense Lévy née à Montréal le 80 juin 1854 ; décédée à Montréal le 8 juillet 1854. Inhumée au cimetière de la Côte des Neiges.
C. Joseph-Charles-Emile Lévy né à Montréal le 29 septembre 1855. Notaire. 11 représente le quartier
(1) La 3fmeri?e, T janvier 1863.