‹ La famille Juchereau DuchesnayChapitre 86 sur 126 · IV. Henriette-Julie-Anne Juchereau DrcussxAV · texte numérisé non relu

IV. Henriette-Julie-Anne Juchereau DrcussxAV

Née à Beauport le 19 septembre 1813.

Mariée, à Saint-Ours, le 25 novembre 1841, au major Thomas-Edmund Campbell.

M. Campbell naquit à Londres en 1809. A l'âge de quinze ans, il entra au collège militaire de la Compagnie des Indes Orientales à Addiscombe.

En 1825, il obtenait une commission dans les Ingénieurs Boyaux. Mais il résigna bientôt pour accepter le grade d'enseigne dans le 52ëmc Régiment d'infanterie légère. En 1826, il devenait lieutenant au 2ëme Dragoon Guards. Bn 1832, il passait son examen final, et était nommé aide de camp du major-général Campbell. Il commanda ensu ite une compagnie détachée du 1er Régiment Royal, puis entra au 7ëme Hussards.

(1) La Législature do Québec lui a permis, en 1902, de changer son nom do Dorion en celui de Saint-Oura. Voyo» le Statut 2, Edouard VU. chapitre 128.

(2) Baptisé à T Hôpital -G i^néral de Quvbcc.

THOMAS-EDMITXD CAMPBBLL

Le 4 juin 1838,1c major Campbell débarquait à Québec avec 80n régiment

C^est bien ici Tendroît pour rendre un tribut d'hommage à la justice et à l'humanité de ce brave soldat. La rébellion avait éclaté à Beauharnois le 4 novembre 1888. Les seigneurs avaient été faits prisonniers et les patriotes s'étaient emparés du village. Sir John Colbome ordonna h un régiment de Glengarry (Ecossais), à un détachement de volontaires de Lachine, et :\ une compagnie du 7ëme régiment de Hussaids, commandée par M. Campbell, de se concentrer le Famedi suivant à Beauharnois. Le détachement de Lachine fit du zële et arriva avant les autres détachement». Aussitôt aprës son arrivée le feu éclata à plusieurs endroits du village. M. Campbell arrêta ?œuvre de destruction.

Pour sauver ce qui restait aux malheureux habitants, il fut forcé de renvoyer les volontaires dans leurs quartiers. Les volontaires de Lachine avaient mis le feu aux. maisons : ceux de Glengarry, plus pratiques, essayaient de. sauver les meubles et les animaux . . . qu'ils chargaient ou attelaient à leurs voitures et emmenaient chez eux. De plus ils étaient venus à pied, en fantassins, et ils s'en retournaient à cheval, comme des cavaliers. M. Campbell arrêta ce pillage et nourrit un certain nombre d'habitants avec les vivres militaires jusqu'au jour où ils purent suffire à leurs besoins. (1)

En 1889, le gouverneur-général, C. Poulett Thompson, plus tard lord Sydenham, choisissait le major Campbell comme son aide de camp. Peu de temps aprës le major Hall, secrétaire militaire, résignait son

(1) La Presse, 7 décembre 1894.

office ot M. Cj.mpbell le remplaçait. Il demeura avec lord Sydenham, jusqu'à sa mort arrivée en 1841.

Tje major Campbell rejoignît ensuite son régiment en Angleterre.

En 1846,il se retirait à demi-paye et venait s'établir au Canada où il avait fait l'acquisition de la seigneurie de Saint-Hilaire.

Lord El gin le pria, en 18479 ^^ ^^^ donner son idde comme secrétaire. Il remplit les devoirs de cette charge jusqu'au transfert du sifege du gouvernement de Montréal à Toronto.

En 1852, le ministère Taché-Hinc'cs lui offrit un siëge au Conseil législatif. Lo major Campbell refusa cet honneur.

En 1854, Sa Majesté nommait M. Campbell compagnon du Bain ( C. B. ).

L'année suivante, en 1855, on lui offrit le poste d'adjudant-général des milices du Canada. Pour une raison que nous ne connaissons pa^, il refusa cette offre.

Sollicité par un grand nombre d'électeurs influents de la division de Rougemont, M. Campbell accepta, en 1856, de se présenter comme candidat au Conseil législatif. Trompé par quelques-uns de ceux qui lui avaient promis leur appui, M. Campbell refusa cependant de se laisser mettre en nomination.

Les électeurs de Rouville le vengèrent des intrigues de ses quelques adversaires en l'élisant, en I898, à la Chambre d'Assemblée, par une forte majorité.

En 1863, on le pria de briguer de nouveau les suffrages des électeurs de Rouville. M. Campbell aurait préféré rester tranquille chez lui. Mais il se rendit à la demande de ses amis. Il fut battu par M. Brummond, plus tard juge.

A deux reprisée depuis, en 1867 et en 1872, m le pria de se présenter, mais il refusa énergîquement.

D'ailleurs, sei fonctions de président de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada, de directeur de la banque de Montréal, du ehtmin de fer du Grand-Tronc» et de la Société d'assurance mutuelle Reliance, elCo requéraient tous ses instants.

M. Campbell mourut d'une attaque d'apoplexie à Saint-nilaire de Rouville le 6 août 1872, etfut inhumé dans le caveau de la famille à Chambly. (1)

Madame Campbell s'éteignit doucement à Saint- Hilaîre de Rouville, le 18 juin 1878, à la suite d'une longue et douloureuse maladie qui la tenait alitée depuis deux ans. Elle fut inhumée dans la chapelle du couvent de Saint-Uilaire.

" Madame Camjïbell laissa un nombreux cercle d'amis pour déplorer sa perte prématurée. Toute sa famille lui était particulièrement attachée. Douée d'un bon et noble cœur, elle se faisait des amis dévoues de tous ceux qui avaient l'avantage d'être admis dans son intimité. C'était une nature d'élite sous tous les rapports, et sa bieofaisance et sa charité resteront les plus beaux fleurons de sa couronne de chrétienne.

" La paroisse de Saint-Hilaire. où elle passa la plus grande partie de sa vie, possédait en elle la femme de bon exemple et de bon conseil qui commande tout à la fois le respect et la confiance. Personne n'a sa mieux qu'elle harmoniser de fortes convictions religieuses avec les habitudes du meilleur monde et ses devoirs d'épouse et de mëre. Les femmes comme

(1) Sur M. Campbell on peut consulter Biographie du major T. JE. Campbell, C. B.— Montréal— 1874.

madame Campbell laissent dans les localités où elles ont vëcu tin vide impossible à combler, et ce n'est ordinairement que par leur départ pour une vie meilleure que l'on découvre tout le bien qu'elles savent répandre autour d'elles. " (1)

Enfants de Thomas Edmund Campbell et de Hentiette-Julie-Aime Juchereau Duchesnay :

1* Edmund-Alezander-Charles Campbell né à Brighton, Angleterre, le 11 octobre 1843. Il fit son cours militaire à Bandhurst, et entra ensuite, en 1864, dans le 92ëme Uighlanders avec lequel il servit en Irlande, en Ecosse et dans les Indes. Le général Macdonald, qui après s'être brillam* ment conduit pendant la guerre sud-africaine a eu une si triste fin, devait son avancement relativement rapide au capitaine Campbell. Cest grâce à ses démarches que le jeune Macdonald alors simple soldat dans sa compagnie, obtint une commission d'officier* En 1872, M. Campbell hérita de la seigneurie de Bou"» ville. Ce n'est cependant qu'en 1876 qu'il vint habiter Saint^Hllaire. Pendant son séjour ici il s'occupa beaucoup de sport* Il accepta aussi le commandemont du régiment des Royal Scots de Montréal. En 1884, M. Campbell vendit ses propriétés à son frère et s'en alla résider à Twyford, Hauts, Angleterre. C'est là qu'il est mort presque subitement le 10 mars 1902. Il avait épousé dans les Indes,en 1874,Ellen Lind,fille du commissaire en chef de Meerut H laissa deux fils et une fille:

A. Edmund- Archibald Campbell.

(1) La Minerve, 17 juin 1873.

B. Bruce-llutchîson Campbell.

Cl Henrietta Campbell.

2. Archîbald-Grey Campbell ne à Kennîhvortli, Angleterre, le 13 novembre 184 t. 11 est décédé à Saint-Hilaire de Rouville le 13 mars 1899, et a élé inhumé dans le caveau do la famille à Chambly. Il ne s'était pas marié.

8. Thomas Juchereau Campbell né à Saint- Ililairc de Rouville le 9 octobre 1846. Décédé à S;iint-llil»ire de Rouville le 12 mai 1856, il fut inhumé dans le caveau de la famille à Chambly. " Il donnait les plus Jbelles espérances, par une intelligence précoce et des dispositions naturelles, que les soins éclairés de lu tendresse paternelle avaient déjà développées avec beaucoup de succès. " (1)

4L* Bruce-Frederick Campbell né à Saint-Hilaire de

Rouville le 5 août 1848. M. Campbell a élé pendant

.plusieurs années lieutenant-colonel du 84ëme bataillon

d'infanterie. Il est secrétaire et gérant du Saint-

James's Club, à Montréal.

5. Marie-Hermine-Laura Campbell née à Saint- Hilaire de Rouville le 15 septembre 1850. Décédée à Saint-Hilaire de Rouville le 19 mars 1862, elle fut inhumée dans la chapelle du couvent de cette paroisse.

6. Robert-Peel- William Campbell né à Saint-IIilaire de Rouville le 27 août 1853. Il est avocat et réside k Québec. Célibataire.

T. Duncan-John-D'Urban Campbell né à Saint- Hilaire de Rouville le 16 juillet 1855. Il est shérif et directeur de la poste à Macleod, Alberta, Territoires du Nord-Ouest. Il a épousé, à Halifax, le 21 août

(1) La Patrie, 14 mai 1856.

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