‹ La famille Lambert comedie en deux actes en proseChapitre 25 sur 34 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LAMBERT

' Enfermée dans sa chambre, où il a fallu la transporter. Quand elle sera plus calme je pourrai lui demander... dans quelques instants...

Oui, ta femme interrogera ses souvenirs, elle soupçonnera peut-être... D'ailleurs, Adèle te dira sans doute elle-même...

LAMBERT

Comme tu souffres, mon pauvre Gérard !

GÉRARD

Beaucoup!

LAMBERT

Mais elle ne t’aimait donc pas ?

GÉRARD

Je croyais fermement le contraire, j’aurais juré qu’elle m’aimait. Pourtant...

LAMBERT

Pourtant, dis-tu ?

GÉRARD

Rien.

LAMBERT, se levant.

Parle ! nous n’avons plus rien à nous cacher.

GÉRARD

Je te fis remarquer chez elle, au moment où je te demandai sa main, une certaine hésitation. Je crois même t’avoir encore rappelé ce soir, avant ton départ si fatalement interrompu, cette résistance restée inexpliquée.

LAMBERT

Oui, je me souviens!... Tu as raison!... Mais alors...

Mais non ! cette résistance peut aussi bien être mise sur le compte de la réserve naturelle à une jeune fille qu’expliquée par tout autre motif.

LAMBERT

Non, Gérard, tes yeux d’amant ont bien vu, ils ont mieux vu que mes yeux de père; et ce qui arrive prouve que cette indécision dont lu as été frappé chez Adèle... Mais elle vient, je Tintèrrogerai, je saurai... je saurai tout, (smam la main .)<■ g. : -

nrd. ) Ne t’éloigne pas... Je ne devais donc pas t’appeler mon fils !...

GÉRARD

Oh! Lambert! Lambert! (n son désespéré.)

LAMBERT, seul.

Il a le cœur brisé, et moi!...

Page 1