‹ La famille Lambert comedie en deux actes en proseChapitre 34 sur 34 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes, JULIE, entrant par la porte latérale de gaurlie, LAMBERT, desrendant.

LAMBERT, à Gérard.

Que signifie?...

GÉRARD

Ce voile, cette couronne étaient là... mon imagination souffrante, exaltée... j'ai pris le rêve pour la réalité... j’ai pris le bonheur promis pour le bonheur qui ne sera jamais. ( n veut

s’éloigner. Julie entre à gauche. )

LAMBERT, bas à Gérard .

Reste! (Haut. Prenant Adèle par le bras et la montrant à Gérard.) C'est

ainsi parée, Adèle, que je comptais te présenter à Gérard le jour de ton mariage, puis te confier à lui en lui disant : « Reçois-la de nos mains comme nous l'avons reçue nous-mêmes de celles de Dieu. » Il ne devait pas en être ainsi. (Après un moment de recueillement.) Celle qui a manqué à l'honneur, n’est pas digne d’en porter les symboles. Je déchire ce voile et le jette au vent, comme elle a déchiré et jeté au vent son honneur.

(il prend le voile d'Adèle, le déchire et le jette au loiu.)

JULIE

Ah! monsieur, vous êtes cruel!

LAMBERT, à Julie/

A votre tour à l’être... Arrachez à votre fille cette couronne tt foulez-la aux pieds.

ADÈLE, plaçant sa main à son front pour défendre sa couronne.

Et moi, je ne le veux pas! je ne le veux pas !

LAMBERT, saisissant la main de Julie.

Je vous l’ordonne!

* Adèle, Julie, Lambert, Gérard.

JULIE

Plutôt mourir!

Plutôt parler !

JULIE

C’est moi qui suis coupable !... c’est moi !

LAMBERT

Son nom I son nom !

JULIE

Je ne puis pas le dire tout haut devant ma fille. (Elle t’approche pour dire tont bas le nom & Lambert.)

LAMBERT, la mettant entre lui et Cérard.

11 faut que nous soyons deux à l’entendre, madame... Son nom!

JULIE

C’est... c’est... monsieur de Grandval.

LAMBERT

Monsieur de Grandval! Monsieur de Grandval n'existe plus! (Lisant le bas de la lettre.) « Si à minuit tu n’entendais pas cette cloche, c’est que je me serais délivré d’une existence désormais impossible. »

JULIE

Eh bien!... maintenant, tuez-moi, et que ma fille vive.

LAMBERT, mettant la lettre dans sa poche.

Vous tuer ! ! !... Un châtiment plus terrible vous est réservé. Vous méritez une punition aussi grande que votre faute, une punition qui ne vous fera pas perdre une seule goutte de sang, mais qui vous le fera monter tout entier du cœur au visage comme si tous mes aïeux outragés se levaient de leur tombe pour vous accuser!

Lambert !

LAMBERT

LaiâSe-moi. (il embrasse sa lille, et la tenant sur sa poitrine il dit à Julie -.) A genoux, madame, à genoux aux pieds de votre fille!

JULIE

Aux pieds de ma fille !

‘ Adèle, Lambert, Julie, Gérard.

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