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La famille Le Compte Dupré

Cette famille a toujours compté comme l’une des plus considérables et des plus considérées.

P.-B. Casqrain

Quant à vous, colonel Dupré, restez pour le moment près de moi afin de vous porter, au premier signal, avec vos Canadiens, sur le point le plus menacé.

Doechestes

1ère génération : Louis Le Compte Dupré

Pouzaiiges est le chef -lieu de canton du département de la Vendée. Cette commune faisait partie de Tévêché de Lusson, dans Tancienne province du Poitou. Pouzauges qui est à 385 kilomètres de Paris est relié à la capitale par le

chemin de fer de T Etat. 1386^02

On voit encore à Pouzauges les ruines d’un château qui fut la propriété de Gilles de Retz.

Le donjon de ce château date du douzième siècle. Du point élevé où fut bâti le château de Pouzauges, la vue embrasse presque toute la Vendée et le spectacle est, dit-on, de toute beauté. L’église de Pouzauges, monument classé par l’Etat, remonte au treizième, peut-être au douzième siècle.

C’est à Pouzauges, en 1654, que naquit Louis Le Compte Dupré, le fondateur de la famille canadienne plutôt connue aujourd’hui sous l’unique nom de Dupré.

En quelle année Louis Le Compte Dupré traversa-t-il les mers pour s’établir dans la Nouvelle-France? Aucun document ne nous le dit'. Nous le voyons à Bécancour dès 1672. On le qualifie d’arquebusier, ce qui nous fait croire qu’il avait été dans l’armée. Il est certain, toutefois, qu’à Bécancour Louis Le Compte Dupré cultivait la terre.

Sept ans plus tard, en 1679, Le Compte Dupré transportait ses pénates à Champlain.

Le 20 octobre 1679, il était parrain, à Champlain, de Tentant d’Antoine-Adhémar Saint- Martin, notaire, et Tacte de baptême lui donne la qualité de marchand. L’abbé Dupré, plus tard curé de Québec, fut missionnaire et curé de Champlain de 1679 à 1686. Peut-être était-il parent de Louis Le Compte Dupré ? Ce qui nous permettrait de supposer que c’est lui qui attira le jeune colon-marchand dans sa paroisse.

Quoi qu’il en soit, à Champlain, Le Compte Dupré, tout en s’occupant de commerce, cultivait la terre. Le recensement de 1681 nous donne les noms des habitants de Champlain avec leur âge, le nombre d’arpents de terre qu’ils avaient en culture, la quantité d’animaux dont ils étaient propriétaires, les fusils qu’ils conservaient à la maison pour se défendre contre les Iroquois, etc., etc. Le recensement dit:

“ Louis Le Compte, 27 ans, 1 fusil, 3 têtes de bétail, 18 arpents cultivés. ”

Dix-huit arpents en culture ! Ce serait bien peu pour un cultivateur d’aujourd’hui, mais il ne faut pas oublier qu’en 1681 on était encore au début de la culture dans nos paroisses. Jusque-là le colon avait été plutôt soldat. Il fallait bien se défendre contre Tlroquois presque maître de la colonie en dehors de Québec, Montréal et Trois-Rivières. D’ailleurs, dans la paroisse de Champlain, le seigneur Pezard de La Touche, seul, avait cent arpents en culture. Un autre colon avait cinquante arpents en valeur. Les autres colons n’avaient pas fait mieux que Louis Le Compte Dupré.

C’est en cette même année 1681, le 26 octobre, que Louis Le Compte Dupré faisait l’acquisition de la seigneurie de Terrebonne. Cette

seig’neurie avait été concédée, le 23 décembre 1673, par la Compag-nie des Indes Occidentales à son secrétaire général, André Daulier des Landes. Celui-ci résidait à Paris et ne s’occupait pas de coloniser son beau domaine. Avouons que M. Le Compte Dupré ne fit pas mieux que le premier seigneur de Terrebonne. Il n’établit aucun colon dans sa seigneurie et ne fit aucun effort pour la coloniser. Peut-être les ressources lui manquaient-elles?

M. Le Compte Dupré avait des aptitudes remarquables pour le commerce. Champlain, qui était une paroisse presque exclusivement agricole, ne pouvait lui fournir la chance de faire fortune. Il décida de transporter son commerce à Montréal. Nous le voyons installé dans la métropole dès 1683.

Le négociant Le Compte Dupré ne tarda pas à gagner l’estime et la considération de ses concitoyens, et, le 27 janvier 1685, deux années à peine après son arrivée à Montréal, ils l’élisaient marguillier de l’œuvre et fabrique de Notre-Dame de Villemarie.

Avec les années, le commerce de M. Le Compte Dupré s’était développé considérablement, et, à sa mort, il était probablement le négociant le plus important de toute la région de Montréal.

Louis Le Compte Dupré décéda à Montréal le 13 juillet 1715.

Il avait épousé, à Montréal, le 4 août 1683, Marie-Catherine de Saint-George, fille d’Adrien de Saint-George et de Jeanne Guernon (1).

(1) Contrat de mariage reçu par Antoine Adhémar, le 4 novembre 1704.

Madame Le Compte Dupré décéda à Montréal, le V avril 1738.

Du mariage de Louis Le Compte Dupré et de Marie-Catherine de Saint-George étaient nés quinze enfants:

MARIE-CHARLOTTE LE COMPTE DUPRÉ

Née à Montréal, le 4 septembre 1684.

Mariée à Montréal, le 4 juillet 1701, à Jean-Baptiste Charly Saint- Ange, fils d’André Charly Saint-Ange et de Marie Duverger (1).

Madame Charly Saint-Ange décéda à Montréal, le 5 novembre 1705.

M. Charly Saint-Ange épousa en secondes noces, à Montréal, le 18 septem.bre 1722, Catherine d’Ailleboust de Manthet, fille de Nicolas d’Ailleboust de Manthet et de Françoise Denys (2).

M. Charly Saint- Ange décéda à Québec le 9 novembre 1728, six ans après son second mariage.

Enfants de Jean-Baptiste Charly Saint- Ange et de Marie-Charlotte Le Compte Dupré :

1° Jacques Charly Saint- Ange né à Montréal le 26 avril 1702. Il devint un des grands négociants de Montréal et décéda en octobre 1745. "^Tarié, à la Pointe-Lévy, le 26 février 1732, à Thérèse Charest, fille d’Etienne Charest, sei-

(1) Contrat de mariage reçu par Antoine Adliémar, le 3 juillet 1701.

(2) Madame veuve Charly Saint- Ange, née Catherine d’Ailleboust de Manthet, se remaria, le 17 novembre 1731, avec Pierre- Jacques Payen de Noyan, un des meilleurs officiers de la colonie. M. et Madame de Noyan s’établirent en France après la Conquête.

gneur de Lauzon, et de Thérèse Du Roy ( 1 ) , il en eut plusieurs enfants dont deux seulement survécurent : Marguerite Charly Saint- Ange qui devint la femme du conseiller au Conseil Supérieur, Thomas-Marie Cugnet, et Jacques Charly qui décéda à Saint-Domingue le 9 octobre 1774.

2° Louis Charly Saint-Ange né à Montréal le 28 février 1703. Il se mit dans le commerce. M. Charly Saint-Ange épousa aux Trois-Rivières, le 22 janvier 1732, Anne-Ursule Godefroy de Tonnancour, fille de René Godefroy de Tonnancour et de Marguerite Ameau. Ils eurent plusieurs enfants. M. Charly Saint- Ange et sa famille passèrent en France après la conquête du pays par les Anglais.

3° Marie-Charlotte Charly Saint- Ange née à Montréal le 9 août 1704. Peut-être suivitelle son frère en France?

JEAN-BAPTISTE-LOUIS LE COMPTE DUPRÉ

Né à Montréal le V juillet 1686.

Décédé au même endroit le 11 juillet 1722.

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