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GEORGES-HYPPOLITE LE COMPTE DUPRÉ

Né à Montréal le 24 mars 1738.

Baptisé sous les prénoms Georges-Hyppolite, M. Le Compte Dupré fut plutôt connu sous le prénom Saint-George. Il signait d’une très belle écriture “ St-George Dupré ”.

M. Le Compte ^Dupré fut d’abord dans le commerce.

En 1775, son frère aîné, Jean-Baptiste, établi dans la région de Québec, fut un de ceux qui abandonnèrent leurs affaires pour empêcher les Américains de s’emparer de la capitale. Saint-George Dupré adopta la même attitude

patriotique dans la région de Montréal.

Dès le début des hostilités, le gouverneur Carleton lui confia la charge de commissaire des corvées et des transports.

Major puis lieutenant-colonel du troisième bataillon de milice de la ville et banlieue de Montréal, M. Dupré se conduisit bravement. Puis, pour empêcher les horreurs d'un siège, consentit, d’accord avec ses concitoyens des deux origines, à remettre la ville aux Américains. La capitulation signée le 12 novembre 1775, porte, en effet, les signatures de six citoyens anglais et de six citoyens canadiensfrançais: John Porteous, John Blake, James Finlay, James McGill, Richard Huntley, Edward William Gray, François Mailhiot, Pierre Mézières, Pierre Panet, Louis Carignan, Pierre Guy et Saint-George Dupré.

Juge de paix en 1783, M. Dupré fut nommé député grand voyer du district de Montréal le 10 juillet 1783. Le gouverneur Haldimand disait dans sa lettre de nomination:

“ L’âge et les infirmités de M. de Belestre ne lui permettant pas de remplir les fonctions de grand voyer avec l’activité et l’exactitude qu’exige cet emploi, j’ai jugé à propos, monsieur, de vous nommer son substitut comme vover du district de Montréal (lui réservant cependant en entier les appointements de cent livres attachés à cet emploi). Vous recevrez. Monsieur, la même somme de cent livres sterling par année par mon mandat sur les contingents de la Province. ”

Le gouverneur Haldimand ajoutait:

Le zèle que vous avez témoigné pour le

service du Roi me persuade, Monsieur, que le public en g’énéral aura lieu d’être satisfait du choix que j’ai fait. ”

C’est M. Dupré qui fut charg-é, en 1784, de faire le recensement de la rive sud du district de Montréal.

Patriote sincère et canadien-français avant tout, M. Dupré s’opposa énerg-iquement, en 1788, aux modifications à l’Acte de Québec demandées par les partisans de l’anglicisation du pays. On voit son nom au bas des requêtes présentées au gouverneur Carleton, puis au roi.

Le 10 octobre 1788, M. Dupré était nommé inspecteur de police pour la ville de Montréal. C’était une des plus belles positions du temps et cet emploi était brigué par les personnages les plus influents.

M. Dupré eut l’honneur de faire partie de notre première Chambre d’Assemblée. Il fut élu par acclamation député de Hunting’don, le 20 juin 1792.

La Galette de Montréal du 10 juillet 1792 publie un enthousiaste compte rendu du triomphe fait à M. Dupré par ses électeurs de Huntin^don :

“ Mercredi, 20^ jour de juin dernier, les électeurs de ce comté ont choisi pour leurs représentants dans la Chambre d’Assemblée, Hyppolite Saint-George Dupré, et le Chevalier de Lorimier, Ecuyer.

‘‘ Les citoyens de cette ville seront sans doute flattés d’apprendre la manière dont les électeurs de ce comté en ont usé avec M. Saint- George, leur compatriote. Après l’avoir longtemps et en vain sollicité de se présenter com-

me candidat pour ce comté, il s’est enfin rendu à leurs instances, et dès lors une sérénité générale a été remarquée sur tous les visages. Une vingtaine d’hommes de la Prairie sont venus chercher M. Saint-George à sa maison le jour de l’élection et avec une célérité dont l’enthousiasme seul est capable, l’ont débarqué sur le rivage une heure et demie avant l’élection appointée à dix: à sa réception les principaux de l’endroit sont venus au-devant de lui, et l’ont accompagné jusqu’à la maison de Mv Dupré, Ec., son frère. Il n’a pas été difficile de voir la majorité des électeurs en faveur de M. Saint- George : mais ce qu’on ne pourra peindre, c’est la vivacité des sentiments de reconnaissance qu’ils ont témoignée en cette occasion : car si l’on considère les obligations particulières que presque tous les habitants de l’endroit ont à M. Saint-George, on ne pourra dire autrement que leur conduite à son égard a été le pur effet de la reconnaissance et de l’affection.

Immédiatement après l’élection, les représentants de ce comté ont reçu les congratulations ordinaires de leurs compatriotes; ce que l’on a observé avec une satisfaction inexprimable, c’est cette pensée d’un chef sauvage dans son adresse à M. Saint-George :

“ Mon frère, désormais nous serons tous Canadiens : Lorimier et toi ne nous considèrerez plus comme des Sauvages grossiers, et ‘‘ en retour nous vous regarderons toi et lui comme nos Pères et nos Protecteurs. ”

“ Le reste de la journée s’est écoulé le plus agréablement du monde, les représentants ayant pourvu généralement à ce qu’il y eut des rafraî-

chissements pour tous: et pas un n’a troublé la

fête.

“ Sur les 6 heures du soir, M. Saint-George a été accompagné jusqu’à son embarquement par le Chevalier de Lorimier et autres Messieurs de l’endroit, au bruit de l’explosion de plusieurs pierriers, et aux acclamations redoublées des électeurs du comté de Huntingdon. Le pavillon a été planté dans le bateau, ensuite de quoi une infinité de bras nerveux ont fendu les eaux, tellement qu’à sept heures M. Saint-George était de retour chez lui. ”

M. Dupré siégea à la Chambre d’ Assemblée jusqu’à la fin du premier parlement, en

Malade, il ne se représenta pas aux élections de 1796.

M. Dupré décéda à Montréal le 26 novembre 1797, à l’âge de 57 ans.

La Gazette de Québec du 7 décembre 1797, annonçait sa mort dans les termes suivants :

“M. Hyppolite St-George Dupré, écr, colonel des milices canadiennes, un des juges à paix de Sa Majesté, inspecteur de police et commissaire de transports, est décédé à Montréal le 26 novembre 1797, dans la 57® année de son âge. Sa mort rend les regrets d’autant plus universels que son mérite personnel n’était point concentré dans les bornes de ses devoirs domestiques : bon père et bon citoyen il joignait à ces qualités estimables, celles de connaître et de rendre la justice due au gouvernement de Sa Majesté Britannique, qu’il regardait comme la base solide du bonheur de ses compatriotes; il était pour eux un modèle accompli de zèle et de

loyauté envers son souverain. Nous sommes flattés d’apprendre qu’un tribut de reconnaissance a été payé à la mémoire de cet homme respectable, en assurant à des membres de sa famille, dig'nes par eux-mêmes de cette faveur, la continuation des emplois dont il fut honoré pendant sa vie. ”

M. Saint-George Dupré avait épousé, à Montréal, le 9 janvier 1764, Marie-Charlotte Liénard de Beaujeu, fille de Daniel-Hyacinthe Liénard de Beaujeu et de Michelle-Elisabeth Foucault (1). M. de Beaujeu est passé dans l’histoire sous le beau titre de héros de la Monongahéla.

Madame Dupré mourut prématurément à Montréal le 16 janvier 1767.

M. Dupré épousa en secondes noces, en décembre 1769, Louise-Charlotte de Lacorne Saint-Luc.

Celle-ci décéda à Montréal le 25 janvier 1771, à l’âge de 20 ans et 6 mois.

Du premier mariage de M. Dupré étaient nés deux enfants :

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