‹ La famille MassicotteChapitre 1 sur 143 · Massicotte (Famille) 2. CS 90 M28 M28 F3 I. Title · texte numérisé non relu

Massicotte (Famille) 2. CS 90 M28 M28 F3 I. Title

USP93-3012^

Au Lecteur

Cet ouvrage nous a coûté plus de labeur qu'on ne pourrait le croire ; nous lui avons, en effet, consacré nos soirées et nos vacances depuis bien longtemps déjà. Néanmoins, nous tenons à faire connaître ici qu'il n'aurait pas vu le jour maintenant, sans le concours de M. le chanoine Charles Bellemare qui n'a rien épargné pour nous permettre de compléter et de publier notre travail.

Nous devons encore des remerciements à M. l'abbé O. H. Lacerte, curé de St-Prosper, à M. l'abbé Jules Massicotte, à M. l'abbé Louis Thifault, curé de St-Liguori, à AI. P. G. Roy, directeur du Bulletin des Recherches Historiques, à M. T. B. Meilleur Barthe, archiviste du district des Trois-Rivières, à M. F. L. Désaulniers, le distingué généalogiste, à M. Louis Audiat, bibliothécaire-archiviste de la ville de Saintes, France, à M. Benjamin Suite, 1 eminent historien, à mademoiselle Amélia Godin et à plusieurs messieurs du clergé et membres de notre famille qui nous ont procuré des notes intéressantes ou nous ont facilité nos recherches.

Malgré toute la peine que nous nous sommes donnée, il est certain qu'il existe des erreurs et des omissions même regrettables dans ce volume, mais plus peut-être, en généalogie qu'en histoire, il n'est pas possible d'atteindre la perfection. Comment pourrait-il en être autrement ? Les recherches sont longues et pénibles ; les registres manquent parfois ; les actes sont souvent rédigés sans précautionj les gens changent de noms de baptême avec une facilité déconcertante; ies noms de ïamille sont estropiés, bref, une infinité de causes, qu'il serait fastidieux d'énumérer, concourent à rendre très difficile 'a tâche de dresser un tableau généalogique.

Les frais de la présente publication sont relativement considérables et le nombre de ceux qui ont bien voulu souscrire est restreint, nous avons donc été forcé de ménager l'espace, c'est-à-dire de condenser nos notes historiques et de ne faire entrer dans l'appendice que quelques-unes des pièces que nous avions l'intention de reproduire au long.

Quoi qu'il en soit, tel qu'il est. ce livre n'en renferme pas moins le travail généalogique le plus étendu qui ait été préparé jusqu'ici sur une seule famille et si les généreux bienfaiteurs de l'ouvrage en sont satisfaits, nous nous réjouirons avec eux de ce modeste monument que l'amour filial a élevé à la mémoire d'un humble colon de la Nouvelle-France.

E. Z. Massicotte.

Notes Historiques et Analytiques

L'esprit s'étonne singulièrement en suivant la formation et le développement des familles... Parfois on découvre parmi les documents, quelques pauvres immigrants indiqués avec leur nom même et leur point de départ ; on suit leur odyssée à travers ses agitations et ses souffrances ; on les voit s'installer laborieusement dans quelque canton désert : le désert se transforme ; leurs enfants qui croissent autour d'eux avec abondance, fondent eux-mêmes de nouveaux établissements et multiplient à leur tour ; la famille devient tribu et on surprend en quelque sorte l'enfance de la société dans le travail de sa formation.

La France aux Colonies. Rameau de St-Père.

Jacques Massicot

Le seul Massicotte (*) qui ait fait souche et nous pourrions ajouter le seul qui se soit établi, au Canada, est Jacques, fils de Jacques et de Jeanne Landry, de Saint-Pierre du Gist, évêché de Saintes (**). Aussi tous les Massicotte qui ont vécu et qui vivent sur ce continent sont-ils tous parents entre eux, à des degrés plus ou moins éloignés.

Saint-Pierre du Gist

Nous avons essayé de retrouver St-Pierre du Gist. Pendant son séjour à Rome, M. l'abbé Jules Massicotte, sur nos indications, se rendit à Saintes, pour faire des recherches à ce sujet. Il connut M. Louis Audiat, bibliothécaire de la ville de Saintes, président de la société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, et il nous mit en relation avec ce savant distingué. M. Audiat nous apprit qu'il existait encore des familles Massicot en Bretagne, en Normandie et dans le département du Cher, en plein centre de la France, mais qu'il n'avait jamais entendu parler auparavant de St- Pierre du Gist. Non loin de Saintes, cependant, il a existé un petit village nommé St-Pierre le Gisq, et, à son avis, il croit que c'est le même nom différemment épelé, car de Gist à Gisq, il n'y a qu'une nuance de prononciation. Nous nous sommes rallié à cette opinion.

Saintonges. Saintes L'évêché de Saintes se trouvait dans l'ancienne province de la

(*) Jusqu'au début du XIXe siècle on orthographiait le nom : Massicot, mais le redoublement de la consonne finale ayant prévalu, nous avons adopté la nouvelle épellation dans tout l'ouvrage généralement. En France, on écrit encore Massicot et parfois Massicault.

(**) Voir le contrat de mariage à l'appendice : Pièce A.

Saintonge, aujourd'hui comprise presque en entier dans le département de la Charente inférieure. La Saintonge est une des plus vieilles et des plus riches provinces agricoles de l'ouest de la Franc.'. Son nom lui vient de ce que cette partie du pays était occupée, au temps des Gaulois, par un peuple appelé Santones. Saintonge et Saintes, la capitale, ne sont que des dérivés de Santones.

I /histoire de cette province remonte à une époque très reçu"' elle est curieuse et très mouvementée. Les Romains, les Visigoths, Francs, les Normands et les Anglais, s'emparèrent de la Saintonge. tour à tour, et ce n'est réellement qu'à partir <\u XlVe siècle qu'elle fut terre française.

Saintes garde encore des restes de son ancienne splendeur. On y voit un arc de triomphe et un amphithéâtre des temps romains, une cathédrale du XlVe siècle, etc.

Au XVIIe siècle, la Saintonge a fourni 274 colons à la Nbuvi France.

Arrivée de Jacques Massicot vu Canada

Il nous a été impossible de savoir, au juste, à quelle date notre

être mit pied au Canada. Sa présence nous est signalée, ici, pour la première fois, en 1694, dans le testament de Pierre Contant. Ce dernier habitait Batiscan et était marié à Louise Landry, sœur de Jeanne, laquelle était mère de Jacques Massicot.

Par leur contrat de mariage, Pierre Contant et Louise Landry -'étaient "fait don mutuel et réciproque... de tous et chacun de leurs biens... sans retour, au cas qu'ils n'eussent pas d'enfant; le mari l'ayant même exprimé en des termes plus forts, disant qu'en ce cas, il veut (pie ladite Landry soit son héritière et même ses sur seurs et ayant cause". (Voir l'appendice: pièce D.)

Au recensement de 1681 (**), Pierre Contant habite Batiscan a sa femme el son neveu, Gabriel Contant. Il a 18 arpents de terre en culture et 6 bêtes à cornes.

Leur union demeurant stérile, il esl probable que Louise Landry, jouant le rôle de "tante d'Amérique" voulut faire bénéficier un de ses propres neveux des avantages qui lui étaient garantis par le contrat de mariage. Aussi «lut-elle être pour quelque chose dans l'insinuation du contrat qui ne fut faite qu'en [684, et est-il hors de

Pierre Contant on Comptant apparaît an recensement de 1666. (Suite, Hi»foirt des c.-l\, IV, 63). Il se marie à Québec, le 26 septembre ïgt de

28 ans \ sa femme n'avait alors «jiic ■ [5 ans. (Tanguay, Dictionnaire Généalogique, I. 137). Leur contrat de mariage fut cependant Fait au Capde la Blade-

leine, le 17 juillet [I

(**) Suite. Histoin des <"-/•'., \

doute que c'est elle qui fit venir Jacques Massicot, au Canada, dans le but de lui léguer ses biens, si elle survivait à son mari.

En tout cas, Jacques Massicot était à Batiscan lorsque son oncle Contant mourut après avoir fait un testament par lequel il léguait environ un cinquième de ses biens à son propre neveu Gabriel, un autre cinquième à la fabrique de Batiscan et le reste à notre ancêtre. L'année suivante, la veuve Contant fait son testament, à son tour, et institue Jacques Massicot son héritier à la charge, par ce dernier, de faire dire 32 messes.

Massicot, on ne sait pourquoi, accepta le legs et l'héritage tels quels, d'abord, puis plus tard demanda des lettres de restitution et les obtint. (*)

Son Mariage

Le 28 juin 1696, Jacques Massicot fait dresser son contrat de mariage par le notaire François Trottain. On remarque, que plusieurs des premiers habitants de Batiscan sont présents à cet acte. Du côté de la famille de sa future épouse: Jean Baril et Elisabeth Gagnon, sa seconde femme; Louis Guillet, Jean Moreau et Anne Guillet, sa femme; Nicolas Rivard, sieur de la Vigne, commandant de la milice de Batiscan, et Catherine St-Per, sa femme.

Du côté de notre ancêtre: Louise Landry, sa tante; le sieur Damien Quatresous et Nicolas Rivard fils.

Par ce contrat, Catherine Baril apportait cinq cent livres tournois, deux vaches "et autres meubles en avancement d'hoirie sur sa succession future."

Le mariage se célébra le 12 juillet suivant, à Batiscan, et ce fut M. le curé Foucault qui bénit l'union.

Marie Catherine Baril

La femme de Jacques Massicot était fille de Jean Baril, ancêtre de M. le grand vicaire H. Baril, actuellement chapelain des Ursulines des Trois-Rivières et de. Marie Guillet. fille de Pierre Guillet dit Lajeunesse, possesseur d'une terre au Cap en 1649 et l'un des premiers colons du comté de Champlain.

Etablissement

La tante de Jacques Massicot étant morte peu de temps après le mariage de son neveu, celui-ci resta d'abord sur la terre dont il héritait, mais en octobre 1697, il acquérait sur les bords de la rivière Batiscan, qu'on ouvrait à la colonisation, une concession con-

(*) Voir l'appendice : Pièces D et E.

sidérable, et voisine de celle que son beau-père avait obtenue. Par le contrat qu'il fit avec le R. P. jésuite Vaillant, il s'obligeait d'y avoir une habitation dans l'année et il est probable qu'il alla demeurer sur son nouveau domaine. Toutefois, nous verrons, que plus tard, il acheta une autre terre, au sud du fleuve Saint-Laurent, en face de Batiscan.

Dans le contrat de vente de 1697, le lecteur remarquera que la terre mesurait 6 arpents de largeur par "ce qui s'y trouve de profondeur, jusqu'aux terres de M. Lemoyne." Le contrat me parait identique aux autres de la même époque et du même endroit, sauf quant à la largeur qui est double de celle que les Seigneurs accordaient généralement. Comment expliquer alors cette profondeur considérable que l'on constate dans la carte cadastrale de la rivière Batiscan, que nous reproduisons dans ce volume?

Une tradition, dans la famille, veut que Jacques Massicot soit \renu au pays comme engage des Pères Jésuites et qu'en récompense de ses services, ces derniers lui aient accordé une terre d'une étendue égale à celle d'un fief! Nous la donnons pour ce qu'elle vaut, car nous n'avons trouvé aucun acte qui l'appuie ou la confirme. Ce qui est certain c'est que vers la fin de la domination française. François Massicot, petit fils de Jacques, eut à soutenir un procès pour des terres qu'il possédait en plus de son titre et qu'il les conserva en payant les cens et rentes, par un jugement du Conseil Supérieur.

Nous ne savons trop à quelle époque (ce dut être au commencement du XIXe siècle), les Massicotte eurent à soutenir un autre procès quant aux bornes, en profondeur, de leur immense propriété. On prétendait, s'appuyant sur de vieux documents, sans doute, que ia "terre finissait aux poissons blancs". On ne semble pas avoir compris, alors, ce que signifiait exactement cette expression et les plaideurs eurent beau jeu. X 'aurait-on pas voulu faire allusion aux Attigamègues, tribu sauvage appelée vulgairement "Poissons blancs" qui avait habité le nord du comté, autrefois?

Quoi qu'il en soit, Jacques Massicot, premier du nom, laissa cette terre à ses deux fils, Jean et Jacques, et depuis elle n'a pas cessé d'être habité par leurs descendants Aujourd'hui, "la grande terre des Massicot", comme les anciens la désignent encore, est la propriété de six Massicotte. dont trois se trouvent dans Saint-Prosper et trois dans Sainte-Geneviève, par suite du démembrement de C paroisse.

Jacques Massicot a St-Pikkkh les Becqi

Dans son intéressant ouvrage intitule Pages d'Histoire du Canada,

(*) M. Benjamin Suite, tâche de fixer l'endroit où étaient situés les lieux appelés Portneuf et Cap à l'arbre, dans les relations d'autrefois. Au cours du chapitre, il parle, incidemment, des démêlés de notre ancêtre Jacques, avec le seigneur Lévrard, héritier de la seigneurie de St-Pierre sur la rive sud du St-Laurent. Cette seigneurie, d'abord donnée à Romain Becquet (1672), avait été si longtemps abandonnée qu'un nommé Masson, profitant de la négligence du propriétaire, s'en empara et distribua des terres à qui en voulait. Les concessionnaires étaient pour la plupart des habitants de Batiscan ou de Champlain et notre ancêtre fut du nombre.

En 1705, Levrard reprit possession de sa seigneurie et y fit de nouvelîes concessions. Douze ans plus tard, il se mit en frais de construire un moulin pour attirer les colons. "Il choisit le lieu qui lui sembla le plus convenable pour cet objet: c'était la terre le Jacques Massicot et de François Duclos dit Carignan, sur laquelle il n'y avait aucun défrichement d'opéré."

Le seigneur Levrard eut maille à partir avec Jacques Massicot, car en 1723, "un débat nous fait voir qu'il n'avait pas encore tou^e liberté à l'égard de son moulin puisqu'il offre de dédommager Massicot et Duclos par l'octroi d'une autre terre, s'ils consentent à déguerpir de dessus la terre du moulin." Ils voulurent conclure un marché plus avantageux, sans doute, et réussirent, puisque plus tard, Massicot et Duclos obtinrent chacun une terre, avec le remboursement des cens et rentes qu'ils avaient précédemment payés à la veuve Masson.

Expansion de la famille Massicotte

Les Massicotte sont des saintongeois d'origine, comme Champlain. et la grande majorité d'entre eux sont nés, ont vécu et sont morts dans le comté qui porte le nom de l'illustre fondateur de OueDec. Habitant d'abord Batiscan, Ste-Geneviève, Ste-Anne, Champlain, même le Cap de la Madeleine, ils s'avancèrent ensuite résolumei't vers le nord, suivant la marche de la colonisation ; en sorte qu'il y a des Massicotte dans toutes les paroisses du comté. Mais il en est quelques-uns, plus aventureux, qui s'éloignèrent davantage et il nous a paru curieux de résumer l'expansion de la famille dans la province. Le premier Massicotte qui s'est établi en dehors du comté est Louis, époux de Josephte Baribeau, qui paraît avoir résidé à Berthier ou dans les environs, dès la fin du XVIIIe siècle. En tout cas, il demeurait là au mariage d'un de ses fils, Antoine, époux de Julie Fuseau, en 1808. Deux autres de ses fils se marient à Lanoraie en

(*) Pages 266 à 271.

1815. Ce sont là les fondateurs de la plupart des familles que l'on trouve- aujourd'hui dans le comté de Joliette.

En [805, Jean-Baptiste, époux de Brigitte Belletête, fait baptiser à Gentillv et plus tard à St-Pierre les Becquets.

En 1818, Joseph, époux de Marie Bastarache, se marie à Yamachiche, mais il n'alla demeurer dans cette paroisse qu'en 1839.

La même année Joseph, époux d'Elisabeth Simoneau, se marie av < Trois-Rivières où il demeure cinq ans. 11 traverse, ensuite, à Grégoire et devient la souche des Massicotte du comté de Xicolet.

En 1826, Jacques épouse Céleste Laliberté à St-Pierre les Becque's < t fait souche.

En 1829, ( Hivier épouse Angèle Grignon à I5erthier et élève sa famille à Ste-Mélanie. Deux «le ses \}}< ( )Kvier Henri et Joseph sont venus plus tard s'établir à Montréal.

En 1859, François-Xavier se marie avec Philomène Bourbcau à St-i ierre les Becquets, mais nous perdons sa trace.

En 1862, nous avons Théophile qui fait bénir son union avec Delphine Falardeau, à St-Alban et qui y fait souche.

Ivi 1S05. Edouard épouse Adèle Bertrand, à Montréal. Il es1 le premier Massicotte qui se soit établi et marie dans la métropole canadienne.

La même année, Joseph, époux de Justine Trudeau, s'établit à Stanfold, mais sa famille est maintenant dispersée. Les uns sont aux Etats-Unis, d'autres dans diverses parties de la province de Québec et un au Nord-Ouest.

.Vous n'avons fait qu'indiquer des dates et les noms des fondateurs de souche jusqu'en [865, mais depuis les Massicotte ont pénétré partout : ils s'avancent vers Québec, et ils sont aux Etats-Unis, dans Ontario, au Nord-Ouest, nous en avons même un au Cap Nom.*, Alaska: Thomas, fils du It.-col. X. P. Massicotte.

Les Massicotte ht le service militaire

Les Massicotte ont depuis longtemps un te1 penchant pour Y militarisme que nous avons eru devoir réunir quelques notes sur ce sujet.

Il est hors de doute que des nôtres ont pris part à la défei la Colonie sous la domination française et après la cession, mais nonne pouvons citer de noms. Le premier acte officiel que nous trouvons axant rapport à ce sujet, date de 1777 ( :: ) . C'est un certificat Au chirurgien Destrampes, attestant que François Massicotte. époux d'Amable Gouin, est incapable de faire le service militaire, |>ourc

(*) Voir appendice : Pièce I.

-d'infirmités. François avait alors 38 ans, et il est probable qu'il avait fait partie de la milice auparavant.

Il est certain que quatre Massicotte furent dans le service actif de 1812 à 1815. Ce sont Augustin (*), époux de Julie Trudel et Abraham, époux d'Angèle Fugère, soldats du 4e bataillon; Jean-Baptiste, époux de Reine Lafontaine et Jean-Baptiste, époux de Julie Jacob, soldats de la compagnie des Trois-Rivières. (**)

L'Almanach de Québec de 1827 dans le tableau de la milice active et sédentaire, qu'elle publie, mentionne le nom de François Massicotte, des Forges, comme lieutenant dans le bataillon des Trois - Rivières.

Joseph, époux d'Angélique Routhier (181 5), mort en 1864 à Ste- Mélanie, était capitaine de milice.

Alphée, époux d'Eugénie Baril, faisait partie du premier détachement de Zouaves canadiens qui alla s'enrôler dans l'armée pontificale ■en 1868.

Edouard, époux d'Adèle Bertrand, prit part à la campagne de 1865, contre les Féniens. Il était caporal dans la compagnie des Trois- Rivières, dont M. E. A. Barnard était capitaine et M. Benjamin Suite, l'un des sergents.

Le Massicotte qui a obtenu le plus haut grade militaire est Narcisse-Pierre, époux d'Emérence Matte.

Il tient aussi une place importante dans l'histoire du comté de Champlain.

Voici la liste des charges qu'il a successivement occupées, au cours d'une vie active et des plus honorables :

7 juin 1853, brevet d'instituteur; 27, juin 1854, sergent de milice, dans le premier bataillon du comté de Champlain; 1858', secrétairetrésorier de la municipalité de Ste-Geneviève de Batiscan, puis surintendant du comté; 1862, conseiller, puis maire; 20 octobre 1863, juge de paix ; 8 avril 1864, certificat de 2ème classe de l'Ecole d'instruction militaire de Québec qui venait d'être fondée, et le 11 juillet, certificat de 1ère classe; 16 janvier 1865, instructeur militaire à Lévis ; 15 mars 1866, commissaire des petites causes; 1867, clerc sessionnel. "En cette année il fut chargé, par les autorités militaires de former une compagnie militaire dans la paroisse de Ste-Geneviève. Il réussit si bien, qu'on lui confia immédiatement la mission de former un bataillon dans le comté de Champlain." Il déploya un si grand

( *) Il était major de milice lors de son décès. St-Prosper le compte au nombre de ses fondateurs.

(**) En 1875 ces quatre Massicotte étaient âgés de 82 à 84 ans et reçurent la pension des vétérans de 1812.

zèle dans cette tâche qu'il mena à bonne fin, qu'en 1870, il recevait sa commission de lieutenant-colonel du bataillon qu'il avait fon.lé. Ce bataillon appelé le 70e. a été désorganisé peu de temps aprè« sa mort. 1868, élu un des trois premiers directeurs de la société qui construisit l'aqueduc de Ste-Geneviève ; 1870, M. Massicotte construisit, sur la rivière Batiscan, un pont considérable qui est resté la propriété de sa famille; 1873, greffier de la cour des magistrats du comté; 1879, commissaire de la Cour Supérieure; 1880, agents biens des Jésuites.

Le lieut. -colonel Massicotte est mort en février 1897 et il a été enterré avec les honneurs militaires, dans sa paroisse natale.

Joseph Alfred Massicotte, fils de Georges et d Adéline Marceau, a fait la compagne des Philippines en qualité de soldat dans un r ment américain. Le pauvre jeune homme revenait aux Etats-I":;;s en 1902 pour rentrer au foyer, lorsqu'il mourut des fièvres en pleine mer, pendant la traversée. I! eut toutefois l'avantage d'avoir tous les secours religieux, grâce à un prêtre catholique qui accompagnait le régiment.

Actuellement, les Massicotte qui ont tin grade sont: Jean, époux de Célina St-Arnaud, capitaine; Georges, époux d'Emma Lanou capitaine; Arthur, époux de Marie-Louise Trudel, capitaine: Emérie. époux d'Héléna Jacob, capitaine; Edouard, époux de Catherine Berhorst, lieutenant et Thomas, fils de M. \. P. Massicotte, lieutenant.

Quelques notes analytiques

Nous avons recueilli, pour le présent ouvrage, exactement 4.000 actes de l'état civil, dont 2,330 naissances, 757 mariages et 913 d

De 1696 à 1902, 320 Massicotte du sexe masculin, se sont mariés une fois ; 42 deux fois ; trois, trois fois, et un quatre fois !

En vrais Canadiens qu'ils sont, les Massicotte n'ont pas craint de peupler, pour me servir d'un terme connu, aussi avons-nous 165 familles comptant plus de sept enfants. Elles se répartissent comme suit :

20 familles de 7 enfants iS " " 8

13 familles de 15 enfants

1 " " iS

Total : 1823 enfants

Détail qui a son importance: dans les trois plus nombreuses familles, la mortalité, au bas- âge, a été de 60 %.

En deux siècles, on peut s'imaginer que les naissances de jumeaux ont été relativement assez fréquentes. Cependant, nous n'avons relevé qu'un seul cas de naissance de trois jumeaux et Georges, époux d'Emma Lanouette, est le seul Massicotte qui ait été l'heureux père de trois couples de jumeaux.

Quelques faux Massicotte

Dans le premier volume de son Dictionnaire généalogique, Mgr Tanguay ait qu'une Louise Massicot est épousée par J.-Bte Cardinal, à Lachine, le 17 février 1727. Ce n'est là qu'une erreur typographique, car il s'agit de Louise Massiot, ainsi qu'on peut le constater en référant à la page 544 du vol. II et à la page 561 du vol. V, lu même ouvrage.

M. Benjamin Suite, sachant que nous travaillions à édifier la présente généalogie, nous adressa, un jour, une lettre, au cours de laquelle il nous apprenait qu'en 1679, au registre des paroisses réunies de Champlain et Batiscan, il était fait mention d'un Pierre Massicot. Comme cela était du nouveau, nous avons cru devoir vérifier. Nous avons donc compulsé ce registre avec soin et nous pouvons affirmer que notre historien a pris un nom pour un autre. C'est Pierre Mercereot (Mercereau) fils de Pierre et d'Etiennette Dandonneau, qu'il faut lire. Au surplus, consultez Mgr Tanguay, Dictionnaire généalogique, I, 424.

Aux registres de St-Joseph de Montréal et de Notre-Dame de Montréal on rencontre quelques actes de baptême, de mariage et :1e sépulture d'enfants de Belzem Massicotte et de Clotilde Brunette, <'e Georges Massicotte et de Rosa Tondreau, de Joseph Massicotte et de Olivine de Repentigny. Ces Massicotte ne sont ni plus ni moins que des Marticotte. originaires du Cap St-Ignace, qui ont changé leur nom parce que le nôtre était plus connu que le leur et que tout le monde s'obstinait à les appeler Massicotte.

Dans un acte de sépulture, en date du 13 novembre 1873, au registre de Ste-Mélanie, il est question de Gilbert Joly dit Massicotte. Cela provient de ce qu'une veuve Joly se maria à un Massicotte eque ses enfants, pendant quelque temps, ont porté le nom de leur beau-père. Par la suite, ils ont repris leur nom véritable.

Les professions

Jusqu'au milieu du XIXe siècle environ, les Massicotte ont exercé le noble état d'agriculteur ; depuis, bon nombre d'entre eux ont adopté

l6 NOTES HISTORIQUES

divers métiers et plusieurs se sont livrés au commerce avec succès, s ce n'est que depuis deux décades environ, que quelques-uns ont commencé à se vouer à la vie religieuse ou à embrasser les professions dites libérales. Citons quelques noms de mémoire:

Marie Léa Agnès, (soeur St-Théotime) , fille de Jean Massicotte et de .Marguerite Frigon est, croyons-nous, la première Massicotte qui fait des vœux de religion.

M. l'abbé Lf.O. Massicotte, curé de Providence, R. I., a été ordonné prêtre en 1887.

M. l'abbé Jules Massicotte a été ordonné en [897; son frère J. Alfred Armand, frère Ernest, fait partie de la communauté des brères du Sacré-Cœur.

M. K. Z. Massicotte, époux d'Alice Godin a été admis au barreau en 1895.

Sont médecins: MM. Philippe L. C. Massicotte, époux de M. Olivine Proteau ; F. X. et J. P. H. Massicotte, tous deux fils d'Alphée et dT.ugénie Baril: Georges Achille, époux de Dorila Chalifoux.

Conclusion

Dans leur brièveté nécessaire, ces notes résument les grandes lignes de l'histoire de la famille.

La voie à travers la forêt touffue et inexplorée est maintenant tracée, nous laissons à l'un de nos arrière-neveux, la tâche de la continuer et de la compléter !

Batiscan.

Reproduction partielle d noe carte tl« l'Album dea T. Et publié imr H Bnlta La noix, .1 droite, Indiqua la terre dont J oquei Mai li it hérita d< Pierre Contant. ( Voir pagea 8 ai

Ste-Geneviève de Batiscan.

Reproduction partielle d'une carte de l'Album des T.-R. publié par B. Suite. La grande terre qui porte le nom de Jacq. Massicot est celle qui lui fut concédée en 1697. (Voir pages 9 et 10.

Clef de la classification et signification des chiffres abréviatifs

Nous avons adopté le système de classification introduit au pavs par le maitre généalogiste, Mgr C. Tanguay, en y faisant quelques légères modifications. Ce système a l'avantage d'être connu de plusieurs ; il permet de condenser une masse de renseignements dans un petit espace et il se comprend facilement. Cependant, comme il vaut mieux l'expliquer aux profanes, nous résumons ci-dessous, ce qu'ont dit sur ce sujet Mgr Tanguay et M. Benjamin Suite.

Le nom du chef de la famille et celui de l'endroit où a eu lieu son premier ou son unique mariage sont toujours en grandes capitales ; celui de la mère et des étrangers introduits dans la famille par une alliance, en semi-capitales; le nom de tous les enfants est reproduit en caractères italiques.

Maintenant procédons par exemples. Prenons la page 19 du présent volume ; vous y voyez au bas :

1725, (28 avril) BATISCAN IL— MASSICOTTE, Jean. L— Jacques, 2 juillet 1696.

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