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La Famille Monod = portraits et souvenirs

La famille de Jean Monod, genevois, et de Louise de Coninck, danoise, a commencé par la naissance de mon frère Frédéric à Monnaz près Morges, en Suisse, le 17 mai 179/i; elle s'est augmentée de sept enfants h Copenhague, puis de cinq à Paris, où elle s'est fixée en 1808. Aujourd'hui, quatre-vingt-seize ans après la naissance de Frédéric, elle est arrivée à la quatrième génération; le dernier né de celle génération porte le numéro 319.

Dans cet intervalle de temps, cette famille a fourni à l'église protestante de France dix-sept pasteurs, dont l'un a pu être appelé, non sans raison, le premier de tous les prédicateurs chrétiens de France en ce siècle. Elle a pris place en France dans les Écoles normale, polytechnique, des pontset-chaussées et des mines, dans la magistrature,

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l'université, la diplomatie, l'administration, le commerce, la Faculté de médecine, la Société des missions évangéliques et la marine. Elle a essaimé aux États-Unis, aux Indes, en Angleterre, dans l'extrême Orient et en Afrique.

Depuis longtemps se sont imposés à la famille le désir et le devoir de consigner par écrit, pour l'instruction et l'édification des générations présentes et futures des Monod et de ceux qui se sont joints à eux par alliance, comment a eu lieu le développement de cette famille; mais, jusqu'à présent, dans le tourbillon de la vie active, aucun de ses membres n'a pu entreprendre ce travail. On s'est borné à des tableaux de généalogie. J'ai fait un premier essai manuscrit, limité à la famille Monod. Un second travail, également manuscrit, embrassant les descendants de mon grand- père Frédéric de Coninck, a été fait par Paul de Goninck. Frédéric de Coninck, mon cousin, comme Paul, a repris et étendu ce travail. Il en est résulté une très grande carte imprimée, où la généalogie remonte jusqu'au dix-septième siècle et où figurent les différentes branches issues de nos aïeux. Cette carte est très précieuse par les renseignements qu'elle contient; mais, vu la rapide extension des familles, il est devenu impossible, faute de place, d'y faire figurer tous les nouveaux

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venus. On a senti la nécessité d'y substituer, en se bornant à la famille Monod et à ses alliés, un registre in-8° dans lequel une page est réservée à chaque chef de famille, rangé par ordre alphabétique, et où des pages blanches attendent les chefs à venir. Ce registre de la famille peut ainsi être facilement maintenu au courant des accroissements progressifs.

Chaque chef de famille doit se faire un devoir de posséder ce registre *.

Nous devons enfin à mon neveu Gustave Monod un dernier travail généalogique aussi instructif qu'ingénieux, imprimé sous forme de livre in-i2 avec le titre de : «Etat nominatif des 259 descendants directs de Jean Monod et de Louise de Goninck, arrêté au l^"" janvier 1883.»

Il a soin de publier chaque année un supplément imprimé contenant l'indication des naissances, des décès et des mariages survenus dans l'année écoulée.

Grâce au précieux travail de Gustave, il est donc

1 Beaucoup de chefs de famille négligent la tenue de ce registre; quelques-uns même ignorent son existence et se contentent du beau travail fait par mon neveu Gustave en 1883. C'est un tort que je déplore. Mon registre m'a été donné en 1872 par ma fille Gertrude, et je ne saurais me passer des renseignements qu'il me fournit lorsque j'en ai besoin. 11 est vrai qu'il est tenu à jour.

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facile à tous les chefs de famille de compléter le registre dont ils doivent être munis.

Mais tous ces travaux de généalogie, quelque utiles qu'ils soient, ne peuvent donner une idée complète de l'histoire du développement de la famille, et puisqu'il n'est que trop bien prouvé qu'il ne faut plus compter sur aucun de ses membres actifs pour écrire cette histoire, j'ai cru devoir entreprendre cette tâche, quelque insuffisant que je sois pour la bien remplir.

Dieu m'a créé du loisir et m'a condamné à la solitude, tout en me conservant, malgré mon âge avancé, l'usage de ma plume. S'il me donne le temps et les forces nécessaires pour achever ce travail, je désire que les membres de ma famille présents et futurs qui liront cet écrit n'y voient que l'accomplissement d'un devoir. C'est pour euK seuls que ce travail a été entrepris, et mon but serait atteint si cette lecture avait pour effet de produire dans le cœur de tous les descendants de Jean et de Louise Monod un sentiment profond de vénération pour leur mémoire et de reconnaissance envers Dieu, qui a si visiblement réalisé pour eux sa promesse «de faire miséricorde jusqu'à mille générations à ceux qui l'aiment.»

Les documents qui m'ont servi pour ce travail sont :

i° Une autobiographie de mon grand-père de

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