L'HON. CHARLES EUGENE PANP.T
Six années plu? tard, le ler mai 1860, il succédait à son cousin Jean- Antoine Panet comme coroner du district de Québec.
En 1874, le 27 mars, il était appelé au sénat de la Puissance du Canada pour y représetiter la division de La Salle, en remplacement de son oncle, l'honorable Louis Panet.
Quelques mois plus tard, M. Futvoye, sous ministre du département de la milice, donnait sa démission. L'honorable M. Letellier de Saint-Just, ministre dirigeant à la chambre haute, fit de fortes instances auprès de M. Panet pour lui faire accepter ce poste. Ce dernier, après bien des sollicitations, accepta et entra en fonction le 4 février 1875. Il y resta jusqu'à la veille de sa mort.
M. Panet était préparé à cette charge, depuis plusieurs années, par de sérieuses études militaires. Successivement enseigne, capitaine, major, puis lieutenant-colonel au çème Voltigeur de Québec, il avait fait de ce régiment un corps d'élite.
Le lieutenant-colonel Panet décéda à Ottawa le 22 novembre 1898, et fut inhumé au cimetière Notre- Dame.
Le jour même de sa mort, un ami du colonel Panet, qui est allé depuis le rejoindre, M. Alfred Garneau, publiait les lignes suivantes dans le Temps, d'Ottawa :
"Nous avons le vif regret d'annoncer la mort de l'un de nos meilleurs et de nos plus estimés concitoyens, le colonel Charles-Eugène Panet, qui a succombé ce matin, à 11 heures, aux suites d'une inflammation des poumons.
"Monsieur Panet appartenait à une famille illustre de Québec, qui a fourni à l'Eglise un saint prélat, successeur de Mgr Plessis ; aux tribunaux plusieurs ma-
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gistrats éminents en la science de la justice ; et à la politique, sous la constitution de 1791, un défenseur éclairé des droits de notre race.
"Le colonel Panet avait soixante-neuf ans, étant né le 27 novembre 1829. Son père était un des juges de la Cour Supérieure à Québec et sa mère était une tante maternelle de feu le cardinal Taschereau.
"Avocat, il exerça sa profession pendant quelques années ; ensuite il devint coroner du district de Québec. En 1874, sous le ministère MacKenzie, il fut appelé au Sénat, pour y représenter la division de La Salle. L'année suivante, M. Futvoye, député-ministre de la Milice, ayant donné sa démission, M. Panet, sur les instances de M. Letellier de Saint-Just, ministre dirigeant à la Chambre haute, accepta la fonction vacante, qu'il devait exercer jusqu'à sa mort. Il y était on peut dire préparé depuis plusieurs années par de sérieuses études d'ordre militaire. C'est lui qui avait achevé de faire du 9e bataillon de Québec un corps d'élite. Aux grands exercises annuels en campement, sa compétence était apparue si réelle, qu'il y fut, une année, nommé au commandement de l'ensemble de la milice régionale.
"On sait l'importance du département de la milice, qui de toutes les administrations fédérales est celle qui a le plus fort budget. C'est aussi celle peutêtre qui a vu à sa tête le plus de changement de ministres. En outre, un officier supérieur qu'envoient les autorités impériales, y est comme adjoint ; .son rôle, il semble, est principalement de tenir notre petite armée de volontaires en contact avec l'organisation militaire de la métropole. Tous ces hommes, ministres et généraux, ont à l'occasion témoigné une grande estime pour leur auxiliaire. On conçoit quelle attention, quelle prudence le colonel Panet devait apporter dans ses avis et dans ses actes au milieu de tant de changements de chefs, de tant de volontés, parfois divergentes. On peut être sûr qu'en toute circonstance il resta fermement dans sa ligne de devoir ; mais qui pourrait dire sa part d'initiative et de mérite aux décisions prises et suivies? Le quart de siècle qu'il a passé à la
Milice sera regardé comme un temps remarquable par les choses importantes accomplies. Il suffit de citer ici pour mémoire l'institution du Collège royal militaire de Kingston, l'un des meilleurs qu'il y ait dans l'Empire britannique ; la répression nécessaire du mouvement insurrectionnel du Nord-Ouest, cette révolte d'une poignée de Métis que peut-être l'histoire justifiera un jour ; et la création de la puissante cartoucherie de Québec, œuvre propre de M. Panet, car il en eut l'idée et la réalisa. Les Québécois n'oublieront point que c'est à lui aussi, en grande partie, qu'ils doivent la restauration de leurs vieilles murailles si pittoresques.
"Depuis quelque temps, sa vue s' était rapidement affaiblie. Mes yeux s'éteignent, disait-il avec une grande tristesse. Des spécialistes, consultés, l'engagèrent à demander sa retraite, et il s'y était décidé. De là ces bruits dont la presse se faisait l'écho par intervalles et que bien des gens ont trouvés fâcheux. Mais la mort aura, du moins, épargné ce départ à cet excellent homme.
"Oui, excellent homme, en effet. Profondément chrétien ; catholique qui a été toute sa vie très pratiquant, et le meilleur ami qu'il fût possible de souhaiter. Il emporte dans la tombe les regrets de ceux dont il fut le collaborateur dans sa fonction publique et, aussi, ajoutons-le, dans les oeuvres secrètes de charité. La maladie lui a fait cette grâce, après une longue crise cruelle où sa raison a vacillé, de lui rendre pour mourir la pleine possession de sa pensée et de son cœur.
"Le colonel Panet laisse à sa très digne épouse et à ses enfants l'héritage d'un nom honoré de tous." d)
Le colonel Panet s'était marié trois fois. En premières noces, à Varennes, le 7 janvier 1856, il avait épousé Clara-Esther Lussier, fille de Félix Lussier et de Angélique Hainault.
Madame Panet mourut à 22 ans, après moins de
(i) L'honorable M. Panet avait été, le 23 juillet 1886, promu colonel dans la milice active du Canada.
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cinq ans de mariage, chez son père, à Varennes, le 30 septembre 1860, et fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse.
En deuxièmes noces, à Vaudreuil, le 4 juin 1862, M. Panet épousa Marie-Henriette-Cornélie, fille de l'honorable Robert-Unwin Harwood et de Marie- Louise- Joseph te Chartier de Lotbinière.
Elle décéda à Ottawa le 11 avril 1878, et fut inhumée dans le cimetière catholique de cette ville.
Nous lisons dans V Evénement du 12 avril 1878 :
"C'est avec douleur que nous annonçons le décès de madame Eugène Panet, née Henriette de Lotbinière Harwood.
"Cette dame d'une distinction si vraie, d'un esprit si doux et si aimable, cette épouse aimée et heureuse, cette mère au cœur si tendre et si sensible aux tendresses, cette chrétienne de tant de foi, cette sainte brûlante de charité, est morte jeudi, à Ottawa. La main divine a cueilli une âme qui s'était formée pour le paradis.
"Elle n'a pas d'histoire : sa vie, du berceau à la tombe, s'est écoulée sans autre bruit que la renommée involontaire d'une vertu éminente. Faite par sa naissance, sa beauté, son alliance avec un époux digne d'elle, pour briller dans tout l'éclat du monde, elle n'a voulu y paraître que dans de courts moments et avec toute la grâce sérieuse de la femme chrétienne.
"Elle est morte après quatre mois de souffrances inouïes. Résignée, mains jointes, l'âme en prière, c'est en cherchant des yeux le ciel, qu'elle a reçu la secousse de la mort. "Vous tous qui êtes là, a-t-elle murmurée, — tenez-vous autour de moi. Quand je ferai un signe, priez Dieu qu'il m'admette dans le paradis " Et aussitôt ses mains remuèrent.
"La mort, en effaçant sur ce visage sans couleur la trace des souffrances, a mis aux lèvres un sourire distinct, quelque chose de doux comme une consolation."
Enfin, en troisièmes noces, à Saint-Eustache,