TOASTS
Au Pape, par M. l'abbé J.-G.-A. Phaneuf, de Belœil.
Au Roi, God Save the King.
A Claude-Mathias Farnsworth-Phaneuf, 0 Canada, Frère Elie,. du Mont Saint-Louis, Montréal.
Aux Farnsworth, par M. le docteur George-B. Farnsworth, de Cleveland. Aux Phaneuf du Canada, 0 Canada, mon pays, mes amours, M. J.-Emery Phaneuf, de St-Hugues, député de Bagot à la Législature provinciale. Aux Phaneuf des Etats-Unis, par M. l'abbé Jean-Marie Phaneuf, de Central Falls. Aux alliés à la
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famille, par M. Victor Phaneuf, de Saint-Hyacinthe. A la presse, Héponse par M. L. Leveillée, La Presse. Aux dames, Vive la Canadienne, M. Alphonse Phaneuf, opticien, Montréal. Discours par Tabbé Louis Phaneuf. Poésie de circonstance de M. Nérée Beauchemin : «La lignée», Mme Z. Marchesseault (Anna Phaneuf), •de Saint-Damase. Sonnet à Claude-Mathias, par le Frère Théophane (Samuel Phaneuf), de Sainte- Anne-de-la- Pé rade.
Quatre heures et demie : ralliement du retour pour la Place 'd'Armes et manifestation finale.
La chorale, organisée pour la circonstance, a interprété, sous la direction de M. W.-A. Wayland, la 13ième messe de Nicou- Choron. Les solistes étaient MM. L. Boulanger, Paul Phaneuf, A. Fournier, L. Lecavalier, E. Langlo's. Chs Berard, et Frère Anselme, du Mont Saint-Louis. Mlle M.-L. Laurier touchait l'orgue. L'orchestre à la messe était composé de MM. J.-J. Goulet et J. Clossey, violonistes, L. Rochon, flûtiste, Chs Goulet, tromboniste, et du Frère Stanislas qui jouait le hautbois. La quête fut faite par Mlles Eglantine et Mariette Phaneuf, accompagnées de MM. Alphonse et Dorion Phaneuf.
Choisissant comme idée fondamentale de son sermon : « le rôle des vies humbles et cachées » , le prédicateur nous a dit ce qu'ont été nos ancêtres, puis ce que nous, leurs descendants, nous devons être, si nous voulons demeurer dignes de leur nom et de leurs vertus.
/ — Ce qu'ont été nos ancêtres.
C'est en vain qu'on interroge l'histoire pour qu'elle nous dise l'éclat de leur nom ; c'est en vain qu'on en tourne les feuillets pour y trouver le récit de leurs exploits. Sur leur nom comme sur leurs gestes, l'histoire demeure silencieuse et sans écho. Ils ont été des humbles, des obscurs, des inconnus, enveloppés jusqu'ici dans l'ombre, le silence et l'oubli. Comme une vision de rêve ils ont passé, sans nom et sans histoire.... Ce n'est pas dire qu'ils ont été sans mérite et sans grandeur.... Si dans l'immense et magnifique concert des destinées humaines, si dans la sublime symphonie de la création, ils n'ont pas fait entendre les notes dominantes et écoutées, leur rôle n'en a pas été moins nécessaire pourtant à l'harmonie de l'ensemble.
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Pour obscure et apparemment inutile qu'ait été la vie de ces ((infiniment petits», ils n'en sont pas moins les pierres fondamentales,, les assises mêmes sur lesquelles s'élève l'édifice de la nation. — Ces^ humbles, ces ignorés, ces inconnus ont été des ((faiseurs de mondes)y ainsi que Michelet appelle ces animaux invisibles, ces poussières vivantes qui^ au fond de l'océan, à l'abri des tempêtes, se livrent à des travaux gigantesques, forment des continents entiers et deviennent les liens qui unissent les mondes. — Oui c'est à nos ancêtres et aux humbles comme eux que nous devons la formation de notre pays et de notre nation, car (( les causes profondes des (( grands changements humains sont ailleurs que dans les assem- (( blées politiques et dans les cercles des lettrés ; elles sont dans les (( aspirations des simples, des patients de toute sorte. Ce sont les (( déshérités de la terre qui toujours ont poursuivi le plus énergi- (( quement l'idéal et qui ont réalisé le bien dont nous vivons. Ce sont (( les ((infiniment petits» au fond de la mer des pauvres qui fondent ((l'avenir.» (Deschanel).
Voilà ce qu'ont été nos ancêtres : ((des faiseurs de mondes)) et c'aura été notre honneur, à nous, leurs descendants, d'avoir voulu nous pencher sur tant de vies inconnues, d'avoir voulu leur restituer la part de beauté et d'utilité qui leur revient, d'avoir renoué, par la pensée et le souvenir, les liens qui nous rattachent à eux. — • C'aura été notre bonheur aussi d'être allés dans le passé des plus lointaines ascendances, ressusciter tant de cœurs glacés depuis si longtemps, pour les réchauffer et les ranimer avec respect et émotion, d'avoir voulu écouter leurs battements et en scruter les replis secrets — ^afin d'y puiser des leçons et des enseignements.
// — Ce que nous, nous devons cire.
Après nous avoir dit ce qu'ont été nos ancêtres, l'orateur nous dit ce que nous devons être, les vertus que nous devons pratiquer,, les œuvres que nous devons accomplir pour être dignes du nom et de l'hf'ritage qu'ils nous ont laissés. Notre premier devoir, dit-il,, c'est d'accepter généreusement la vie que Dieu nous a faite, notre tâche telle qu'il nous l'a imposée, notre devoir quotidien dans toute s i désespérante monotonie. En nous rappelant la vie de nos ancêtres, comprenons donc la beauté, la grandeur, mais surtout la fécondité des travaux modestes, des vies humbles, des sacrifices
•ignorés. Ce sont ces existences secrètes, inconnues qui produisent
«et perpétuent la bonté et la force d'une race, ce sont elles qui
..grandissent une nation, en élevant le niveau des âmes qui la for-
.ment ; ce sont elles « qui alimentent la source profonde et intaris-
'<( sable où tout un peuple vient se purifier et se fortifier tout à la
a fois.»
Notre second devoir est de conserver intact l'héritage de
vertus que nous ont légué nos ancêtres, héritage infiniment plus précieux que le plus éclatant des noms, et la plus lourde des fortunes.— Soyons fidèles à la foi profonde, inébranlable qu'ils nous ont transmise, et qui, seule, nous donnera la force de supporter les tristesses et les épreuves de la vie présente, en nous faisant envi- •sager les douceurs et les consolations de la vie future.
En développant cet héritage de nos ancêtres, en imitant leurs vertus cachées, mais souverainement fécondes, en acceptant avec générosité notre tâche quotidienne — nous serons comme eux des citoyens modèles, et comm.e eux, dans la mesure de nos forces, comme dans l'obscurité de notre sphère, nous serons vraiment des «faiseurs de mondes» ; nous travaillerons efficacement à la grandeur de la nation comme au triomphe de notre foi et de notre religion.
Le dîner eut lieu sous la tente, mais, la pluie et surtout le vent ^empêchèrent de prononcer les discours à cet endroit. Le Rev. Père :.supérieur de «La Réparation», après avoir transporté le Saint-Sa- ^crement à la sacristie, mit gracieusement son église à la disposition des visiteurs ; plusieurs santés furent portées. Le Frère Elle dans la réponse qu'il fit à celle de l'Ancêtre, s'exprima comme
tsuit :
Louis Mercier, dans son immortel poème «La Maison», a dit
^n parlant des Ancêtres:
«Ils sont nés, ils sont morts les uns après les autres, Les aïeux des aïeux, et les pères de ceux Qui penchent vers la tombe et dont les fils sont vieux. Ils sont nés, ils sont morts. . . C'est l'histoire des nôtres, On ne sait rien de plus de leur destin ni d'eux.
Ils sont nés, ils sont morts. . . Ils ont vécu pourtant J^yant chacun son âme et chacun sa pensée,
FÊTE or DKIXIKMK CIONTENAIHK 213
Portant chacun dans sa poitrine un cœur battant Au rythme de la vie hâtive et cadencée.
Ils ont passé. . . Mais dans la tâche qu'ils ont faite
Une beauté sévère et sainte se reflète ;
Des tributs que la vie exige des humains,
Ces pousseurs de charrue ont dans leurs rudes mains
Apporté le meilleur et le plus nécessaire.
Car ce n'est pas pour eux seulement qu'ils tracèrent
Les labours où nourrit le froment nourricier ;
Des frères inconnus se sont rassassiés
Du fruit qu'ils ont tiré de la glèbe rebelle ;
L'humanité soumise à la faim éternelle,
L'antique mal que nul de ses dieux n'a vaincu,
Leur doit un peu de pain dont le monde a vécu.»
Ces vers robustes s'appliquent admirablement à Claude- Mathias Farnsworth-Phaneuf, ce défricheur comparable au Jean Rivard de Gérin-Lajoie.
Il naquit en 1690, à Groton, Maine, de parents honorables parleur probité et leur esprit religieux.
Habitué aux rudes travaux des champs, il supporte en vrai Saxon, l'épreuve à laquelle le soumet la Providence. Le onze du mois d'août 1704, à peine âgé de 14 ans, il est pris par les sauvages du Sault-au-RécoUet. On comprend sans peine les souffrances physiques et morales de l'enfant, pendant le trajet qui sépare Groton de Villemarie : la séparation de ses bien-aimés parents, auxquels on l'arrache violemment et qu'il ne reverra plus ici-bas ; la compagnie d'Indiens sévères et farouches, qui le considèrent comme ennemi de leur nation ; les marches forcées à travers les bois, les hallierset les marécages ; voilà en résumé ce que notre ancêtre eut à souffrir dans un âge encore tendre.
Un vénérable sulpicien, monsieur de Belmont, le retira des mains de ses ravisseurs et le prit sous sa protection.
L'année 1706 sera une date importante dans l'histoire de notre ancêtre, car elle marque l'époque de son entrée dans le giron de l'Eglise catholique et sa naturalisation comme Canadien-français. Claude de Ramezay, alors gouverneur à Ville-Marie, et
dame Souart, épouse du baron de Longueuil, furent son parrain et sa marraine.
Tout en travaillant avec ardeur à se préparer un coin de terre où il pourra couler des jours heureux, Claude-Mathias s'efforce d'acquérir une instruction fort appréciable pour son époque. Il sait lire, comme le laisse clairement entendre un paragraphe de son contrat de mariage, et sa signature apposée au bas de ce précieux document familial est une preuve irrécusable qu'il savait écrire.
Le 2 octobre 1713, date à jamais mémorable dans l'histoire de la famille, et dont nous célébrons aujourd'hui même, d'une façon si solennelle, le 200e anniversaire, Claude-Mathias conduisait à l'autel une vertueuse fille de cultivateur, Catherine Charpentier. Vrai modèle de piété filiale, elle était digne à tous les titres d'être l'épouse de notre défricheur. L'extrait suivant tiré du contrat de mariage est un témoignage non équivoque de ses admirables vertus ; il s'agit d'un demi arpent de terre sur vingt de profondeur, et, attenant à la terre de Mathias ; «Le dit demi arpent de terre ci-dessus donné par ledit Charpentier et sa femme pour récompense des travaux et services considérables qu'ils ont reçus de leur dite fille.»
Douze enfants, dont deux seulement moururent en bas âge, furent les fruits de cette union.
Pendant trente ans, nos vénérables ancêtres vivront à la Rivière-des-Prairies, entourés de leurs enfants bien-aimés, honorés et estimés de leurs compatriotes. Mais bientôt leurs petits-fils se font nombreux; aussi, faut-il songer à trouver des terres fertiles où pourront s'établir ces futurs pères de famille. L'un des fils de Claude, nommé Joseph, ira tenter fortune à Sainte-Rose; Pierre, un autre de ses fils, s'établiera à l'Acadie.
La riante et fertile vallée du Richelieu attirera l'attention des autres. Saint-Denis et Saint-Antoine deviendront les châteauxforts de la famille, qui de là rayonnera dans toute l'Amérique du Nord. Dans la seule paroisse de Saint-Denis, depuis sa fondation jusqu'à nos jours, 110 mariages de Phaneuf ont été relevés. Aussi les Phaneuf se sont multipliés d'une façon prodigieuse et rien d'étonnant si aujourd'hui nous possédons 500 adresses des mem-
bres (le la famille, disséminés un peu partout au Canada et aux Etats-Unis ; plus de 500 ont fondé des foyers, ce qui d'après les calculs des statisticiens, donne en chiffres ronds, 3000 personnes. C'est vous dire que les Phaneuf ne disparaîtront pas de sitôt. On en trouve dans toutes les classes de la société : agriculteurs, commerçants, gens de profession, religieux et prêtres. (On compte actuellement onze prêtres, dont sept portent le nom de Phaneuf.)
Comme tous les hommes bien pensants de notre époque, les membres de la famille ont compris l'importance de l'éducation. Comme preuve tangible de cette affirmation, je vous ferai remarquer qu'au séminaire de Saint-Hyacinthe, j'ai relevé les noms de quarante Phaneuf ayant suivi les cours de cette célèbre institution.
Notre époque est une époque d'initiative et de progrès ! Aussi les Phaneuf entendent-ils être de leur siècle. A l'exemple des Farnsworth qui ont déjà sept réunions de famille à leur crédit, il a été résolu, dans une assemblée du Comité des Fêtes, que la proposition suivante serait soumise aux membres ici présents : «Il est à propos qu'un Comité permanent soit formé, afin que tous les cinq ans, il y ait une réunion de famille à Montréal ou dans quelque autre localité du Canada ou des Etats-Unis, suivant les circonstances, pendant le mois de juillet ou le mois d'août.»
Il est à espérer que la prochaine convention des Phaneuf réunira tous ceux qui par leur présence rehaussent l'éclat de notre fête. A nos chers anciens, et en particulier à notre digne président, M. Georges-Eusèbe Phaneuf, l'organisateur par excellence, à nos chers anciens, dis-je, qui seraient portés à émettre quelques doutes sur la possibilité d'être des nôtres à notre prochaine réunion, je proposerai l'exemple de Claude et de Catherine qui atteignirent respectivement, le premier quatre-vingt-trois ans, la deuxième quatre-vingt-six ans.
Pour le moment, tous sans exception, monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, célél)rons la glorieuse mémoire de nos vénérables ancêtres et efforçons nous d'imiter leurs vertus civiques et morales, afin que nous n'ayons tous, comme demande l'Apôtre, qu'un cœur et qu'une âme.
Montréal, 2 octobre 1913.
216 LA FAMILLE PH ANEUF-FAKN!S\VOKÏH
Voici les noms de quelques-uns des présents à la fête d'hier : MM. les abbés Jean-Marie, Jean-Louis, J.-G.-A. Phaneuf ; les Frères Elie, Salvator, Théophane, Charles, Nicodème, Régis et Napoléon Phaneuf ; M. et Mme Edmond Phaneuf, Mlles Yvonne, Germaine, Marguerite, Mariette et M. Dieudonné Phaneuf; MM, et Mmes Alphonse Brunelle, J.-E. Marchesseault, Omer, Philias, Victor, Alexandre, Polydore, S. J. Horace, Oscar Phaneuf; Mlles, Mmes et MM. Rodrigue, Yvonne, Florine, Damase, Céline, Alice, Georges, Cora, Eveline, Flore, Héliodore, Joseph, Arthur, Charles, Antoine, Uldéric, Louis, Pierre, Albert, Antoinette, Zéphyrin, Ernestine, Joséphine, Alice, Emery, Ladislas, Vivianne, Henri, Emile, Fortunat, François, WilUam, Angéline, Henri, Oza, Azilda, Charles, Paul-Henri, Olivier, Simonne, Julienne, Aidège, Josaphat, Lorenzo, Télesphore, Léa, Rosanna, Lucienne, Pauline, Frédéric, Maria, Rémi, Marie-Louise, Albina, Hector, Yolande, Stanislas, Georges-Etienne, Isidore, tous des Phaneuf; MM. Origène Borduas, Léveillé, Paul Phaneuf, Rémi Riopelle, J.-E, Rousseau, Louis Chicoine, R. Petit, F.-U. Lavallée, A. Bernier, F. Bernard, Dr J. A. Lagacé, S. Picard, A. Fontaine, A. Fortin, J. Lapierre, L. Brosseau; Mmes D. Uuard, N. Prévost, L. Brosseau, F. Picard, J. de Lamirande, M. Armstrong, A. Goddin, P. S. Picard, A. Carrière, J. P. Gagné, F. Kelly, J. D. Blanchard, P. Richard.
Mlles Julienne, Anna, Rosanna, Yvonne, Eglantine, Amanda, Anna, Alice, Yvonne, Albina, Georgiana, Lucienne, Ernestine, Yvonne, Georgiana, Flore, Alice, Léa, Pauline et Antoinette Phaneuf; MM. Frédéric Bernard, Arthur Bemeur, Lionel et M. Léveillé, Charles Pelletier de "La Patrie", Emile Benoit "Le Devoir". Alphonse Brunelle; Mmes J.-E. Rousseau, Arthur Bemeur, F. Roy, Alp. Brunelle, Léa Huard, Hectorine Prairie; MM. J. -Emery, L.- Z., Mizaël, Rémi-Emile, Victor-A., George-A., C.-A., Henri, Arthur, Omer Phaneuf; Mmes Veuve Philéas Phaneuf, A. Fontaine, J. Lagacé; Dr S.-J. Phaneuf; MM. Hector, Olivier, Oscar, Paul, Doria, Edmond, Pierre, Simon, Wilbrod, Rémi, G.-E., Alphonse et Philippe Phaneuf, ainsi que plusieurs autres parents et amis.
Claude-Mathias Farnsworth-Phaneuf
O Claude! à quatorze ans, tu vis l'heure angoissante Où le cruel sauvage au tomahawk affreux Te traînait prisonnier par des chemins poudreux Vers un lointain wigwam à face menaçante ;
Mais le ciel t'envoyait une main caressante : Un bon Sulpicien, prêtre au cœur généreux, Non content d'affranchir l'esclave malheureux Enta sur tes erreurs la grâce adoucissante.
Et bientôt la forêt vit fleurir ton foyer. Depuis, ton humble nom rayonna sans ployer, Et voilà deux cents ans qu'il grave ton histoire.
Aujourd'hui les Phaneuf vont en procession Sur ton domaine ancien bénissant ta mémoire Et rendant gloire à Dieu pour sa protection.
Frère Théophane
(Samuel Phaneuf) Collège du Sacré-Cœur, Sainte-Anne-de-la-Pérade, Le 2 octobre 1913.