SCENE XI
ADOLPHE caché, SIIWEN, PAULINE. Elle porte un voile relevé sur son front.
SÎRVEN.
Du courai^e, ma chère Pauline... nous louchons au terme de notre course... Allons, du courage.
PAULINE
J'en aurai, mon père; mais je suis bien faible., el je... je... ah!
SIRYEN.
Pauline!...
PAULINE
Rassurez-vous, raon père..."cc n'est rien... je me sens déjà micuX.(Pra~ menant ses regards autour d'elle) Où sommes-nous ?
SlUVEN.
Comment! lu ne reconnais pas?
PAULINE, ayec une vive émotion.
Ah! par<lonnez-njoi!... Oui, oui, voilà le lieu où Adolphe sauva mes jours!
ADOLPHE, à part. Chère Pauline!
SIRVEN
Voici l'iabitalion de Thib;iiit, la maison de M. La«alle... C'est là, ma Pauline, c'est chez cet homme gënerenx que lu vas trouver un asile.
PAULINE
Un asile î... si près d'Adolphe! ... Vous savez bien, mon père, que je ne dois plus le ravoir.
ADOLPHE, à part.
Que dit-elle?
SIRVEN
Hélas !
PAULINE
Non, je ne dois plus le revoir, niais je pnis toujours y penser... II m'a sauve la vie!... Kl mi riicif;! ma mère!.. Oli! conibirn de fois (lie a de'ploré cette haine f.ilaic!... Elle prévoyait 'on>l(S malhems qui m'ont accabléi; !... Vous pleurez, muti père!... Ali! parlou, pardon!... s'RVEN l'rmhrassant.
Chère enfuit î... mon tceMresi 'lechiré.
ADOLPHE, à part.
0 Biémonl ! que vous êtes coup ble !
SIRVEN
Que ne puis-je, aux dépens de ma propre existence, assurer ton bonheur!... Viens, entrons chez M. Lasrdie.
PAULINE
J'obéis, mon père.
ADOLPHE
Chez M. Lasalle! elle y sera du moins à l'abri deg persécutions. Sirven et Pauline s'inutncent vers It'pont. On entend des chants de joie, des éclats de rire partir de la maison de Lasalle.
Attends!...
PAULINE
Là, les plaisirs, la joie!... Ici... Ah ! du moins ma sœur est heureuse.
SIRVEN
Ils y sont encore!... tu ne peut paraître à leurs regards... Comment faire? Eulions chez Thibautj là nous attendrons un mommt favorable. Viens, Pauline.
PAULINE
Sans moi , mon père ,' vous pariag-î iez la joie de Thérèse... Ah ! je suis J3ce pour causer le in.ilhcur de tout c qui m'est cher.
SIRVEN
Ne t'abandonne point à ces tristes reflexions. Viens.
ADOLPHE, à part.
Je n'ose me présentera eux... je crains d'irriter Sirven.
SIRVKN.
(// S approche de l'entrée de la ferme) Partout des obstacles] lesj^arçoiis de ihiliiut sont réunis sous le vieux clâlaignier.... luijiossible d'entrer sansètie vus; et cependantU est bien iiuportaut que personne ne t'aperçoive.
PAULINE
Oh! oui, mon père, bien imporlaut! Adolphe saurait que je suis ici , et le counoux de M. de Bre'mont...
SIBVEN.
Nous n'avons qu'un moyen de l'éviter.... Suis le sentier qui borde ceue haie, il te conduira sous les murs du jardin de Thibaut; moi, je vais entrer seul a la ferme, j'irai l'ouvrir la pclilc porte du vei^^er , et je pourrai l'introduire dans la maison sans que personne en soit instruit.
PAULINE
Vous avez raison, ce moyen est sûr; hâtons-nous de l'exéculer. C'esi bien ce sentier qu'il faut prendre.
SIRVEN
Oui, ma fille, oui.
PAULINE
Allez vite, mon père , je vous rejoins.
Sirven entre à la métairie.
SCEr^E Xlï.
ADOI.PME , PAULINE.
AUOLvuE, à part.
La voilà seule!
PAULINE, s' arrêtant après avoir remonté la scène.
Oui . c'est làî... rives chéries , Oii je vis Ado'phe pour la première fui, ou le premier soupir d'amour s'échapj)a de mon sein ! je n'espérais plus \oi.s revoir... je croyais mourir loin de \oiis!... Ah ! si quelquefois Adolphe vient vous parcourir, dites«lui bien de ne m'oublicr jaiuais.
Elle va s'élo''p,ner.
ADOLPHE , qui a remonté la scène , iombanl aux pieds de Pauline. Jamais, chère Pauline!
PAULINE
Adolphe!... vous ici!...
Dans ce moment, nn vnil paraître au fond Germain, Philippe et André; ils désignent Pauline , traversent le pont avec précaution , çt se cachent sous les saules qui ombragent le bord.de l'eau.
• . SCENE Xllï.
ADOLPHE, PAULlNEV^ïÈt^^îAlN. riilLî.f^'PE çi ANDRÉ, au fond
du thédire.
ADOLPSE.
0 ma Pauliuie! c'est en vain qu'on veut nous séparer!... Je vous cbei"-
, POU' désavouer, aux pieds de M. Siiven, et les injures et le