VII. ExMilie-Helene-Henriette Taché
Née à Saint-Thomas de Montmagny le 4 mai
Hon. Michel-Joseph-Charles Coursol
Mariée, à Montréal, le i6 janvier 1849, à Michel- Joseph-Charles Coursol, avocat et coroner du district de Montréal.
"M. Coursol, fils de Michel Coursol, officier de la Compagnie de la Baie d'Hudson, fut, par sa mère, le petit-fils de Joseph Quesnel, le populaire chansonnier canadien. Né à Amherstburg, province d'Ontario, le 3 octobre 18 19, il prit son éducation au collège de Montréal et fut admis au barreau de la province de Québec le 24 février 1841. Par un second mariage de sa mère, il devint le beau-fils de Mtre Côme-Séraphin l Cherrier, C. R., sous la direction de qui il avait fait J son droit.
"A partir du 27 juin 1848, lorsqu'au fut nommé coroner-conjoint pour le district de Montréal, jusqu'au 17 septembre 1878, où il se fit élire pour représenter la populeuse division de Montréal-Kst, au parlement fédéral, M. Coursol remplit diverses charges importantes : citons, entre autres, celles de surintendant et inspecteur de la police de Montréal, 1856 ; de juge des sessions de la Paix, à Montréal, 1870. Il fut prié d'agir comme commissaire en diverses causes, aux dates respectives de 1850 et 1869. C'est en 1873 qu'il reçut sa commission de conseiller de la Reine (C. R.). Membre distingué de l'Association Saint- Jean-Baptiste de Montréal, il se vit élevé par elle aux honneurs de la présidence. Il fonda lui-même le si beau et si populaire régiment des Chasseurs Canadiens, à la tête duquel il marchait vaillamment à la frontière pour repousser l'invasion fénienne, en 1866. Quand vint 187 1, il fut élu maire de Montréal et réélu par acclamation en 1872. Cette même année, pendant son temps d' office, il fut créé chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne, distinction d'autant plus flatteuse qu'elle est plus rarement accordée à nos compatriotes.
" Après avoir, en 1873, décliné l'honneur d'une nouvelle réélection à la mairie, il résigna ses fonctions de juge pour se porter candidat dans Montréal-Est, sur les sollicitations pressantes de la masse des électeurs de ce collège électoral, le plus grand de la Confédération. Et, de fait, le 17 septembre 1878, il obtint le mandat par l'écrasante majorité de 2,000 voix. De nouveau, en 1882 et en 1887, ses constituants l'acclamèrent leur représentant à l'unanimité. En Chambre, comme partout ailleurs, sa conduite révèle toujours le même caractère loyal, le même esprit indépendant et droit.
" Le 15 août 1886, à sa résidence d'été de Saint- Thomas de Montmagn}^ madame Coursol rendait à Dieu son âme si chrétienne. Elle fut inhumée le 20, dans le caveau de la famille Coursol au cimetière de la Côte des Neiges, Montréal.
" L'amer chagrin dont cette douloureuse séparation avait jeté le germe dans le cœur de son époux ne contribua pas peu à abréger ses jours ; il expirait à son tour, le 4 août 1888, dans cette même résidence de Saint-Thomas de Montmagny, à deux années d'intervalle. Il fut inhumé dans le caveau de sa famille, au cimetière de la Côte des Neiges, Montréal.
"La mort de M. Courscl, comme toute sa vie, du reste, fut celle d'un vrai croyant. Il vit s'approcher sa dernière heure avec cette aimable tranquillité d'âme du fidèle ser\àteur qui n'a pas à porter au tribunal de Dieu un seul reproche de sa conscience. Puisse-t-il y avoir trouvé miséricorde !
"Parmi les nombreuses qualités qui enrichissaient son grand coeur, M. Coursol en possédait quelquesunes qui brillèrent toujours d'un éclat plus vif et l'honorèrent plus ouvertement.
"Il est inutile d^ parler de sa bravoure, elle était
Robert Kane
devenue proverbiale. ly'on raconte encore, avec plaisir, ses actes de courage, lorsqu'en un jour mémorable de 1849, sous le gouvernement de sir L-H. Lafontaine, on le vit, au beau milieu d'une échafourée, fen • dre à cheval, la foule ameutée, saisir, un dans chaque main, deux des principaux meneurs et s'imposer au respect de cette populace en fureur en traînant luimême, hors de la bagarre, ces deux fieffées canailles.
"C'est encore lui qui disait à ses amis, lorsqu'il ramena dans leurs foyers ses braves Chasseurs Canadiens, après la courte campagne de 1866 : "Mes Chasseurs et moi nous ne sommes pas contents de notre expédition : nous pensions avoir affaire, un contre dix, à d'enragés fanatiques auxquels nous réservions une raclée d'importance, et nous n'avons rencontré qu'une poignée de lâches indisciplinés qui se sont sauvés comme des moutons à notre aspect."
"Comme c'est ordinairement le cas, l'honorable M. Coursol avait le défaut de cette qualité, il était extrêmement prompt ; il n'était pas homme, comme on dit, à laisser longtemps marcher sur ses pieds. I^es députés se rappellent encore une provocation à la fois digne et résolue qu'il fit à un de ses collègues des Communes, en pleine séance, parce que ce député, un Anglais, s'était permis d'objecter un "ce n'est pas le cas", à Tune de ses remarques. "A la porte même de cette enceinte, dit M. Coursol, l'honorable député ne me répéterait pas ces mots-là ; je l'y attends." lyàdessus, il sortit; l'autre ne bougea pas et l'incident fut clos. Autant il était prompt à s'emporter autant il était vif à revenir à de meilleurs sentiments.
"Patriote à premier titre, il ne souffrait rien contre sa nationalité. On n'a pas oublié dans certains cercles, à Montréal, l'altercation qu'il eut avec uncito-
3'en d'une autre origine sur «e brûlant sujet-là : c'était après l'affaire Riel. On craignit même pour une rencontre sur le champ ; heureusement, lis choses n'en vinrent pas à ce point.
** Généreux, il le fut à un degré éminent : sans compter plusieurs particuliers, diverses institutions de Montréal, avant que la mauvaise fortune n'eût jeté le désarroi dans ces affaires, apprirent à bénir son nom et ses largesses.
"La probité et l'honnêteté n'étaient pas les moindres de ses vertus. Une fois, ayant reçu à son bureau la visite d'une jeune veuve de bonne famille, mais pauvre, et, voyant qu'elle devrait le rencontrer encore pour ses affaires, il lui paya lui-même une voiture et lui donna rendez- vous à sa résidence privée : "Vous viendrez chez moi, lui dit ce respectable avocat, vous ne savez pas tout ce qu'on peut dire en vous voyant, vous, jeune et jolie, monter à plusieurs reprises jusqu'à mon bureau."
"Bel exemple de probité !
"Généralement sérieux l'honorable M. Coursol avait ses heures de franche expansion ; il aimait à rire parfois. Les mots d'esprit, les petits tours montés, c'était son fort, il y eut une fois, sur une importante question de subsides, scission absolue entre les deux groupes, français et anglais, des députés fédéraux : les Canadiens-français de la province de Québec, conservateurs et libéraux, étaient rentrés sous la tente, n'assistant plus aux séances de la chambre et siégeant à part, dans une salle de comité. Naturellement, la situation était des plus tendue et ces différents messieurs ne se voyaient pas d'un très bon oeil. Un jour que ce petit schisme durait encore, l'honorable député de Montréal-Est fait, tout à coup, irruption dans la
Rodrick-Auguste-Coursol Kane
salle où délibéraient les récalcitrants, dans la plus profonde préoccupation : "Mes amis, clame-t-il d'un ton sérieux, ces gens-là nous en veulent ; je viens d'en rencontrer trois, et sapristi si vous les aviez entendus! . .Hein, que disaient-ils, s'écrie à son tour un des délibérants ? . . . . Ah ! juste ciel ! . . . , Mais qu'est-ce donc qu'ils disaient, allons ? . . . . Oh ! Dieu de Dieu .... Encore que disaient-ils donc? et l'interrogateur s'emporte; voyons, juge, — il aimait toujours qu'on lui rappelât son ancien titre — allez-vous parler, enfin ? Kh ! bien ... .ils ne disaient rien du tout ! . . . .On juge du dépit dont l'autre se trouva pris et de ses récriminations. Mais le but était atteint, et les rieurs ne furent pas de son côté. L'honorable député a ri bien longtemps de cette aventure avec ses amis. " (i)
M. et madame Coursol avaien: eu quatre enfants: 1° Marie- Henriette Coursol née à Montréal le 7 mai 1850. Mariée, à Montréal, le 23 janvier 1869, à Robert Kane, capitaine au lôème régiment. Il est mort à Southsea, Angleterre, le 29 avril 1900, et a été inhumé dans le cimetière de Staunton. Enfants:
A. Marie-Eva-Henriette Kane née à Montréal le 10 juin 1870.
B. Robert- Joseph- Willis Kane né à Montréal le 9 août 1871. Décédé au même endroit le 4 janvier 1877, il fut inhumé dans le cimetière de la Côte des Neiges.
C. Marie- Alice-Claire Kane née à Montréal le 10 novembre 1872.
D. Rodrick Auguste-Coursol Kane né à Montréal le ler septembre 1875,
2. Charles- Joseph-Taché Coursol né à Montréal le 8 septembre 1851. Décédé à la Côte Saint- Antoine,
(i) Jules Saint-Blme (J.-M.-Amédée Denault), h^ Monde Illustré, 14 septembre 1889.
près Montréal, le 2 août 1853, il fut inhumé dans le caveau de la famille Coursol au cimetière de la Côte des Neiges.
3. Marie- Alexandrine-Heva Coursol née à Montréal le 21 février 1854. Mariée, à Montréal, le 6 avril 1875, à Damase Sincennes. Décédée à Montréal le 27 août 1877, elle fut inhumée au cimetière de la Côte des Neiges. "Madame Sincennes était une de ces personnes qui sont l'amabilité même et chez lesquelles les vertus chrétiennes rehaussent les qualités de l'esprit. Elle est morte à la fleur de l'âgs, à 23 ans, lorsque tout lui souriait dans la vie et lui promettait le bonheur aussi complet qu'on peut l'espérer sur la terre, "(i) Pas d'enfants. M. Sincennes s'est remarié, à Montréal, le 3 juin 1885, à Louise- Amélie, fille de Jean-Philippe Juchereau Duchesnay et de Margaret Wilson.
4. Charles-Joseph-Quesnel Coursol né à Montréal le 17 août 1857. Il fi^» pendant plusieurs années, partie de la milice active du Canada. Le major Coursol mourut à Montréal le 8 février 1897, et fut inhumé dans le caveau de sa famille au cimetière de la Côte des Neiges. Il avait épousé, à Québec, le 18 octobre 1882, Georgina-Klizabeth- Francis, fille de Walter- Pearse Serocold et de Amélie Duval. Madame Coursol réside maintenant à Ottawa. Enfants :
A. Héva-Marie-Amélie Coursol née à Saint-Jean d'Iberville le 5 décembre 1885.
B. Charles- Walter Coursol né à Saint-Jean d'Iberville le 5 juin 1887.
C. Marie-Hélène Coursol née à Saint-Jean d'Iberville le 12 juillet 1889.
(i) 1,2. Minerve^ 28 août 1877.
Charles-Joseph Coursol