VICTOIRE-SOPHIE TACHÉ
Née à Saint-Thomas de Montmagny le 24 avril
Décédée à Saint-Thomas de Montmagny le 15 juin de la même année, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial.
^y^ii
Ir
Charles Taché
Première génération : Jean-Paschal Taché Deuxième génération : Charles Taché Troisième génération : Charles Taché
CHARLES TACHE
Né à Saint-Thomas de Montmagny le 20 juin
Il s'engagea dans le commerce à Saint- Joseph de Deschambault, comté de Portneuf.
Ayant éprouvé des malheurs et des pertes considérables, il abandonna son commerce et s'en vint, dans l'automne de 181 1, demeurer à Saint-I^ouis de Kamouraska.
Il se décida à étudier le notariat, et passa brevet avec son frère Jean-Baptiste en qualité de clerc-notaire (i).
Le 18 juin 181 2, la guerre était déclarée entre les Etats-Unis et l'Angleterre. M. Taché fit toute la campagne d'abord comme capitaine au quatrième bataillon de milice d'élite et incorporée puis, à partir du II avril 18 14, comme capitaine dans le corps des Voltigeurs Canadiens.
Le 24 décembre 18 14, la paix ayant été conclue entre l'Angleterre et les Etats-Unis, M. Taché quitta le service, et retourna à Saint-Louis de Kamouraska.
(i) Dans l'acte de sépulture de madame Taché, Mgr Laflèche, trompé sans doute par M. l'abbé Daniel {Histoire des grandes familles françaises du Canada, p. 240), qualifie M. Taché de docteur en médecine. M. Taché n'a pas été médecin ni notaire. 11
Sa campagne lui avait enlevé son inclination pour la vie trop tranquille du notaire. Il se remit dans le commerce, et forma avec son frère Jean-Baptiste une société commerciale qui dura jusqu'à sa mort.
Le 27 août 1823, par commission signée par lord Dalhousie, M. Taché était nommé commissaire pour la confection et la réparation de certaines parties du chemin de Témiscouata qui mène au Nouveau-Brunswick.
Le 10 juillet 1824, sir Francis Burton choisissait M. Taché comme officier-rapporteur aux élections qui devaient avoir lieu dans le comté de Cornwallis pour élire deux députés à la Chambre d'Assemblée.
M. Taché décéda à Saint-Louis de Kamouraska le 16 janvier 1826, et fut inhumé dans l'église paroissiale.
Il avait épousé, à Boucherville, le 2 février 1820, Louise-Henriette, fille de Joseph-Ignace Boucher de la Broquerie et de Charlotte Boucher de Niverville de Montizambert,
Madame Taché décéda à Boucherville le 23 juillet 1871, et fut inhumée sous les voûtes de l'église paroissiale le surlendemain.
"De madame Taché, comme de la mère de Mgr Parisis, on a pu affirmer qu'elle avait le sang qui engendre les successeurs des apôtres." Comme de l'humble mère du cardinal-évêque de Poitiers, l'illustre Louis-Edouard Pie, on a pu dire d'elle encore, que "la qualité qui devait être le trait caractéristique de toute son existence, c'est-à-dire la disposition, le désir, le besoin de se dévouer pour les autres, sans aucun retour sur soi-même, éclata de bonne heure en elle, et dans de telles proportions qu'elle était vraiment au service de tous."
"La vertu native de madame Taché, perfectionnée dans le malheur, s'éleva à une hauteur où ne monte pas ordinairement celle des femmes du monde. Portant encore sur son front la double auréole de la jeunesse et de la beauté, douée d'autant d'esprit que de générosité, de noblesse et de gaîté de coeur, madame Taché eut pu voir de nouveau le monde lui sourir, l'admirer, lui apporter ses amitiés et ses joies. Elle en fit volontiers le sacrifice, de même qu'elle s'était résignée à celui que Dieu venait d'exiger d'elle, en lui enlevant son époux.
" lyC jour où son frère se (i) vouait à son bonheur et à celui de ses enfants, elle, en secret, promettait à Dieu de rester à jamais dans son veuvage, de porter toute sa vie des vêtements de deuil, de s'abstenir de toutes soirées et amusements mondains.
"Comme son frère, elle vivait modestement, retirée, connaissant surtout la route de l'église et celle des pauvres logis, où elle apportait l'aumône et les consolations ; elle passait ses loisirs à cultiver des fleurs, ou dans de doux entretiens avec ses deux enfants. (2)
•' Après les soins donnés à sa famille et pendant ses longues soirées solitaires, quand ses fils étaient au collège, elle aimait aussi à consacrer des heures à l'étude. Elle n'était pas seulement douée des talents
( I ) "Après la mort de son mari madame Taché quitta Kamouraska pour revenir chez son père à Boucherville, avec ses orphelins, au moment où il les vit arriver, M. Joseph- Antonin de la Broquerie, frère de madame Taché, ému de pitié, se sentit inspiré à faire en leur faveur un acte d'héroïque vertu. Il promit dès lors à Dieu de dévouer toute sa vie au bonheur de sa soeur et à l'éducation de ses neveux. Admirable générosité, continuée avec une constance plus admirable encore !"
(2) L/'aîné de ses fils, Joseph-Charles, fut élevé à Kamouraska, par sa grand' mère Taché.
d'agrément; elle avait une intelligence supérieure; c'était, au sens éminent du mot, une femme savante. Elle s'était livrée depuis ses années de couvent, à des études constantes d'histoire, de philosophie, de littérature, de botanique et même d'astronomie ; ''elle y avait acquis, nous avouait un jour Mgr Taché, une science qui m' étonnait."
** Humble néanmoins, elle le fut toute sa vie. L'acquisition d'une nouvelle connaissance lui était une nouvelle occasion de louer Dieu. Oh ! que ne nous est-il donné de réunir toute l'admirable correspondance entre elle et ses fils : sincère épanchement d'un noble coeur, où l'on verrait briller sous l'élégant abandon de style d'une Sévigné, les pieux sentiments d'une Blanche de Castille " (i).
Charles Taché et Louise-Henriette Boucher de la Broquerie eurent cinq enfants :
JOSEPH-CHARLES Tx\CHÉ Le continuateur de la lignée