‹ La famille TaschereauChapitre 15 sur 105 · L'HONORABLE JOSEPH- ANDRÉ TASCHEREAU · texte numérisé non relu

L'HONORABLE JOSEPH- ANDRÉ TASCHEREAU

Né à Sainte-Marie de la Beauce le 30 novembre 1806.

''Joseph- André Taschereau fit ses études classiques à la

maison paternelle, sous la direction d'habiles précepteurs^

au nombre desquels se trouva M. Quertier, l' une des gloires de la chaire canadienne.

" Ses études classiques terminées, il vint étudier le droit à Québec, et eut successivement pour patrons : M. Charles Panet, et les juges Vanfelson et Power. Admis au barreau le 21 février 1828, il pratiqua comme avocat jusqu'au 13 avril 1843, date de sa nomination à la charge d'inspecteur et surintendant de police pour la cité de Québec, sous l'administration de lord Metcalfe.

"Pendant cette période de temps, la carrière politique lui avait souri, comme elle sourit à tous les hommes de cœur, et il avait représenté le comté de Beauce du 12 décembre 1835 au 27 mars 1838 dans la législature du Bas-Canada.

*' En 1841, immédiatement après l'Union, il brigua les suffrages du comté de Dorchester ; mais il y rencontra un terrible adversaire dans son oncle, Antoine- Charles Taschereau, et il essuya une défaite après une lutte des plus acharnées.

" En 1844, il éprouva semblable défaite dans le comté de Montmorency, où il s'était présenté contre l'honorable Joseph Cauchon.

" Cet échec ne l'empêcha pas d'avancer dans la voie des honneurs, et, le 30 août 1845, cédant aux sollicitations de l'honorable René-Edouard Caron, orateur du Conseil législatif, il accepta la place de solliciteur-général du Bas- Canada, dans r administration Draper- Viger ; et il fut alors (15 septembre 1845) élu député du comté de Dorchester, en remplacement de son frère, Pierre-Elzéar Taschereau, qui venait de mourir.

" Il ne fut solliciteur-général que pendant 18 mois, au bout desquels il résigna, par suite de quelque malentendu avec ses collègues. ( i )

(i) " Au mois d'avril 1847, M. Smith remit son portefeuille de procureur-général, et fut créé juge de la Cour du Banc de la Reine. M. Badgley le remplaça dans le cabinet. Cette nomination déplut à

" Le 22 mai 1847, il était fait juge de la Cour de Cîfcuit, par lord Elgin.

' ' Quatre ans après, le district de Kamouraska fut érigé et, en 1852, il vint s'3^ fixer et y résida jusqu'à sa mort. Dans l'interv^alle, le 25 novembre 1857, il avait été nommé juge de la Cour Supérieure par sir Edmund-Walker Head.

" Comme juge, il était l'un des plus capables et des plus savants que notre pays ait possédés. L'accomplissement des devoirs de sa charge, avec habileté et impartialité, a fait l'occupation constante de ses vingt dernières années. Il avait un jugement sûr et une pénétration vive. ; il saisissait promptement une question, et en embravSsait toutes les difficultés sans effort. Aussi, ses jugements étaient-ils toujours lucides et bien motivés.

" La Providence lui avait confié de beaux talents, et il ne les avait pas enfouis comme le mauvais serviteur de l'Evangile. L'étude qui fut, Ton pourrait presque dire, l'unique amour de sa vie, avait orné sa belle intelligence de vastes connaissances légales, dont il savait faire l'application,

"Bien doué du côté de l'esprit, il ne l'était pas moins du côté du cœur. Il était bienfaisant, charitable et de la plus scrupuleuse probité ; et sa conduite fut toujours irréprochable. Aussi laissa-t-il à Kamouravska un souvenir qui ne s'effacera pas, et longtemps il sera l'objet des regrets de cette paroisse.

** Un peu excentrique dans ses goûts et ses habitudes, et d'une timidité assez étrange dans un homme de ses talents et de sa position, il vivait comme un ermite, toujours renfermé dans sa bibliothèque qui était très considérable. Il ne s'est jamais marié, fuyait la société, et n'avait guère d'autres amis que ses livres ; avouons que ce sont bien les meilleurs. Aussi les aimait-il beaucoup, et, quelque temps

M. Taschereau qui cessa d'être solliciteur-général du Bas-Canada ; il devait en justice succéder à M. Smith." — Louis-P. Turcotte, Le Canada sons VUiiion^ volume deuxième, p. 12.

avant sa mort, il disait en les regardant : " Mes pauvres livres, ils ne me serviront plus à grand'chose."

" En effet, il était près de sa fin, et la maladie qui devait l'emporter faisait des progrès rapides. Cette maladie était une de celles auxquelles les médecins donnent le nom générique de névrose. Elle l'avait déjà attaqué à deux reprises depuis quelques années, et il en avait triomphé en remplaçant rétude par quelques distractions. Mais, cette fois, tout le sj'stème nerv^eux était complètement épuisé par les veilles et l'étude. Il lui arriva donc ce qui arrive trop souvent dans ce monde : il fut la victime de ses meilleurs amis, ses livres le tuèrent.

" Sa mort, arrivée à Kamouraska, le 30 mars 1867, fut celle du cit03-en honnête, respectable et chrétien qu'il avait toujours été ; elle fut calme et douce comme sa vie. Il s'éteignit comme une lampe où l'huile vient à manquer, et on ne peut mieux peindre la tranquillité de son agonie que par ces deux vers de Victor Hugo :

La chose simplement d'elle-même arriva, Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.^' (i)

L'honorable juge Joseph- André Taschereau fut inhumé dans l'église de Sainte- Marie de la Beauce le 3 avril.

THOMAS-ANTOINE TASCHEREAU

Né à Sainte- Marie de la Beauce le 30 janvier 1809. Décédé au même endroit le 8 février 1809, il fut inhutné dans l'église le lendemain.

(i) A.-B, Routhiev,Jouj'?ial de Québec, 2 avril 1867.

FRANÇOISE TASCHHREAU

Née à Sainte- Marie de la Beauce le 4 juillet 18 10. Décédée au même endroit le 23 septembre 18 10 et inhumée dans r église le lendemain.

THOMAS-JACQUES TASCHEREAU

Né à Sainte-Marie de la Beauce le 21 juillet 181 1.

Il reçut sa commission de notaire le 15 octobre 1832, et s'établit dans sa paroisse natale.

Le 2 décembre 1836, il était nommé collecteur des douanes à Sainte-Marie de la Beauce, en remplacement de vSon oncle, Antoine- Charles Taschereau.

Le 6 mars 1858, la position de vshérif du district de Beauce lui fut donnée. Ce ne fut cependant que trois ans plus tard, en 1861, qu'il vSe fixa à Saint- Joseph de la Beauce.

Le notaire Taschereau résigna sa charge de shérif en faveur de son fils, Gu.stave-01ivier, en mars 1883.

Il mourut à Saint- Joseph de la Beauce le 20 janvier 1885, et fut inhumé dans le cimetière de la paroisse.

Thomas- Jacques Taschereau était à sa mort propriétaire de la seigneurie de Fleury ou de Saint-Joseph Sud-Ouest.

Il avait épouvsé à Saint-Joseph de Deschambault, le 12 octobre 1835, Marie- Anne- Amable, fille de feu le docteur Olivier Fleury de la Gorgendière et de Henriette Lindsay. Elle mourut à Sainte-Marie de la Beauce le 16 avril 1852, à l'âge de 38 ans, et fut inhumée dans la chapelle Sainte- Anne le 19.

Il épousa, en secondes noces, à Québec, le 24 avril 1854, Marie-Josephte, fille de l'honorable Louis Massue et de

Thomas-Jacques-Taschereau Gustave-Olivier Taschereau

Jules-Jacqiies-Taschereau J.-E. de Montarville Taschereau

Thomas-Iyinière Taschereau

Philippe-Benjamin Dumoulin

Ahhe-Elisabeth Marrett. Elle mourut à Saint- Joseph de la Beauce le 29 septembre 1887 et fut inhumée dans le cimetière de la paroisse.

Du premier mariage naquirent : I Anonyme ; II Louise- Joséphine ; III Gustave-Olivier ; IV Jules-Jacques ; V Philippe- Albert ; VI Linière-Alfred ; VII Marie-Célanire ; VIII Joseph-Ernest de Montarv'ille ; IX Caroline-Alexandrine-Amanda ; X Auguste-Frcnçois-Xavier ; XI Thomas- Linière ; XII Marie-Clara-Zoé.

Du second mariage naquirent : XIII Marie-Louis- Alphonse ; XIV Marie- Elisa- Anna ; XV Marie-Louise- Hermine ; XVI Marie- Joseph-Thomas- Jacques ; XVII Marie-Jaséphine-Henriette ; XVIII Marie- Virginie-Julie.

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