‹ La famille TaschereauChapitre 31 sur 105 · CHARLES-PHILIPPE TASCHEREAU · texte numérisé non relu

CHARLES-PHILIPPE TASCHEREAU

Né à Sainte-Marie de la Beauce le 27 avril 18 19.

Son cours classique terminé, le jeune Tascliereau s'embarqua pour aller perfectionner ses études en Europe. Il se noya au cours de ce voyage à Boulogne-sur- Mer, le 15 janvier 1841.

Un journal de Boulogne-sur-Mer, V Annotatenr du 19 janvier 1841, contient de longs détails sur le déplorable accident qui enleva à sa famille un jeune homme plein de promesses pour l'avenir.

" La journée du 15 janvier, raconte-t-il, a été bien triste pour notre ville. Le matin, l'inondation de Capécure, résultat de la fonte des neiges, causait de nouveaux dommages aux propriétés de cette partie de la ville. A midi et demi, huit hommes périssaient à quelques encablures du port dans des circonstances faites pour rendre ce déplorable événement plus regrettable encore.

" A midi, la malle anglaise le Bcaver se présenta en rade : la marée commençait à monter à peine, elle ne pouvait guère entrer que vers une heure et demie à deux heures. La mer était houleuse et dure : la chausse à qui la hauteur des eaux inondant Capécure donnait une extrême violence, opposant son courant à celui de la marée, formait à l'entrée une barre très dangereuse à franchir. Le pilote Delpierre- Cator (homme excellent qu'un prix Monthyon et la croix de la Légion d'honneur avaient récompensé il y a peu d'années de mille traits de courage et d'humanité ), dont c'était le tour de service, hésitait à se rendre à bord du Beaver •ponv y prendre les dépêches. Son fils, de 19 ans, imprudent et hardi comme on l'est à son âge, fit tant qu'il le décida : il partit donc, lui huitième, dans l'un de ces frêles galleysque l'on s'étonne toujours de ne pas voir briser au premier choc de la lame. Manœuvrant avec habileté, il parvint sans accident le long du Beaver. Les dépêches furent mises à son bord ; puis le second du bord, et deux passagers, M M. TavSchereau et How (ou Webster), jeunes gens arrivant du Canada en France, pleins d'espérances et souriant à la vie qui ne faisait que s'ouvrir devant eux. Un jeune médecin qui se trouvait à bord, M. Scott, neveu du docteur Scott, de notre ville, voulut aussi s'embarquer pour se débarrasser du mal de mer, dont le roulis du navire sur ces flots agités augmentait l'intensité ; mais le pilote Delpierre s'y refusa nettement : il y avait grave péril à charger davantage la chétive embarcation qu'il avait à diriger.

' ' Au moment où il allait partir, le capitaine du Beaver, saisi peut-être de l'un de ces inexplicables pressentiments qui annoncent les malheurs, jetant un coup d'œil sur l'entrée, et la trouvant difîicile, insista pour que l'on revint à bord et pour que le canot fut amené à l'arrière du paquebot. Pour une heure de retard, ce n'était pas la peine de s'exposer, disait-il, la fatalité l'emporta. L'équipage, confiant dans le plein succès, ne doutait pas du succès du retour. Les rames tombèrent donc à l'eau, et l'on se dirigea sur le port

par le côté est que l'on avait déjà pris. Mais arrivé en dedans de la bouée, une forte lame embarqua ; deux des passagers qui se trouvaient à l'arrière, un peu effrayés, quittèrent la place et s'avancèrent au centre où étaient les rameurs que ce mouvement dérangea : le galley, qui ne pouvait avancer qu'à l'aide de vigoureux efforts, arrêté une seconde dans sa marche, fut détourné par la force du courant de la chausse qui frappait sur son lof, et présenta le flanc aux lames venant du large ; l'une d'elles, plus forte que les autres, le frappa par le travers et le chavira.

" La .secousse fut si violente et si rapide qu'aucun des naufragés ne put se rattraper au canot : deux suivirent les paquets de dépêches. Delpierre-Cator put prendre une rame et bientôt tous furent dispensés. Deux matelots, plus heureux, ou ayant gardé plus de sang-froid que les autres, purent .se diriger à la nage vers la plage de l'est, où ils prirent terre, mais dans un tel état de fatigue, que s'ils n'avaient été recueillis par quatre personnes, ils péri.s.saient aussi.

" Il était impossible d'aller du port à la nage au .secours des autres, qui avaient d'ailleurs disparu à l'instant. Un bateau .serait arrivé toujours trop tard. Heureusement le capitaine du Beaver, qui, monté sur l'un des tambours de son bâtiment, n'avait pas ces.sé de suivre avec sa longue vue tous les mouvements du canot, l'avait vu chavirer. L'ordre de mettre .son canot à la mer avait été donné à l'instant et exécuté avec cette rapidité de mouvements que les marins connai.ssent .seuls dans les moments périlleux.

' * Quelques minutes après le canot était sur le lieu même où le galley avait chaviré, mais rien ne flottait, et le canot, dé.sespéré, retournait au navire, lorsque sur un signe du capitaine, qui n'avait pas cessé de promener sa longue vue sur toute l'étendue de l'horizon, il se dirigea vers l'ouest. Arrivé à la hauteur du Châtillon, il aperçut flottant l'un des matelots, le nommé Ledez, qui ayant saisi avec les dents l'un des paquets de dépêches, était soutenu par lui, puis bientôt après M. Taschereau. Tous deux furent recueillis ;

et comme les hommes du canot n'apercevaient plus rien autour d'eux, et qu'il y avait extrême urgence de donner secours aux deux no^'és dont l'un ne donnait aucun signe de vie, ils firent force de rames pour regagner le navire. Embarqués en hâte, les deux hommes sauvés furent de suite déshabillés, roulés dans des couvertures de laine et placés dans la cabine de la machine, l'endroit le plus chaud du bâ timent, où le docteur Scott, quoique souffrant affreusement du mal de mer, leur donna, aidé de deux hommes de l'équipage, tous les soins que prescrivait leur situation. Ledez revint à lui ; mais pour l'infortuné Taschereau, il était trop tard.

" Cependant, le canot n'avait pas perdu un instant pour continuer son exploration ; il était déjà retourné dans T ouest, où il aperçut, après quelques instants de recherches, une nouvelle victime soutenue sur les flots : c'était Delpierre- Cator, tenant encore la rame dont il avait pu s'emparer. On fit à l'instant mille efforts pour l'embarquer ; mais c'était un homme d'une forte corpulence : son poids ajouté à celui des hommes qui tous, pour le hisser, étaient forcés de se pencher du même côté, allait faire chavirer le canot : on ne put que le soutenir la tête hors de l'eau, et faire signe au Beaver de s'approcher. Le capitaine leva Tancre à l'instant et accourut de toute la vitesse de son bâtiment à l'endroit où se trouvait le canot. Delpierre-Cator fut mis à bord et soigné comme les autres, mais pour lui aussi tout était consommé ! Les recherches poiubuixies n'amenèrent plus aucune découverte, et il fallut renoncer à Tespoir de sauver aucun autre des naufragés.

'' A deux heures et demie, le Beaver, attendu avec une extrême impatience, put entrer. L'on avait vu de terre les mouvements de son canot et les siens propres. Le bruit s'était répandu qu'il avait pu sauver plusieurs hommes : aux familles éplorées des naufragés l'on avait donné cet espoir, que peut-être quelqu'un des leurs était du nombre. La population courant les quais et les jetées, attendait avec une inexprimable anxiété.

" Quelques moments, qui parurent bien longs, se passèrent ; après quoi Ton vit porter sur les épaules de trois marins le matelot Lcdez, enveloppe de couvertures et dont toute la face encore injectée révélait les souffrances : il fut porté chez lui, il était sauvé. Quelle joie pour sa famille î Puis on apprit que Delpierre-Cator était mort et que sa pauvre femme, qui était vsur sa porte à sangloter, et qui perdait en un instant son mari et son fils, ne pouvait plus être consolée. On apprit que le passager était mort aussi, et que les médecins, MM. Duchesne, Dunandfils, Cookeslay, Streinheisset, Mitchell et Fitzgerald, qui essayaient en vain de rappeler ces malheureux à la vie, n'avaient pas une lueur d'espoir. Alors chacun se retira l'âme navrée, frappé de cette soudaineté de la mort qui fait passer à l' improviste tant de familles de la joie à la plus affreuse désolation.

" Les hommes perdus sont : Charles-Philippe de Linière Taschereau, né à Québec, 21 ans ; How (ou Webster) (i) né au Canada ; Steriker Eyre, second du Beavet ; Louis-Marie-Uelpierre-Cator, pilote, 55 ans ; son fils, 19 ans ; Louis Barthélémy, 20 ans ; Louis Bourgain, 19 ans ; j.-A. Gringore, 20 ans et demi ; Antoine Pruvost, 18 ans.

" Les cadavres de Louis Bourgain et de Gringore ont été retrouvés le 16, à marée basse.

*' Le 18, ils ont été enterrés en même temps que le pilote Delpierre-Cator, sur la tombe duquel M. Martinet, premier adjoint, a prononcé un éloge bien mérité."

Les funérailles de M. Taschereau se firent à Boulognesur-Mer, dans l'église Saint-Nicolas, le 22 janvier. L'église était toute tendue de noir. Le consul d'Angleterre et un grand nombre de familles anglaises et françaises y assistèrent et suivirent ensuite le convoi funèbre jusqu'au cimetière. M. Hart, de Londres, chez qui M. Taschereau avait pa.ssé

( I ) M . Webster était américain. Il possédait un revenu annuel de 4000 livres sterling dont il avait hérité par la mort de son père, qui se noya, deux ans auparavant, avec sa mère et ses deux sœurs, dans un voyage de New-York à la Nouvelle-Orléans.

deux mois, à la première nouvelle de la catastrophe, était accouru à Boulogne, et c'est par ses vSoins que les derniers honneurs funèbres furent rendus au jeune canadien.

LOUIS-HORACE-IvINIÈRE TASCHEREAU

Né à Sainte-Marie de la Beauce le ler juin 1822, Il mourut au même endroit le 6 septembre 1823, et fut inhumé dans l'église paroissiale le 8.

BRANCHE AINEE

Première génération : Thomas- Jacques Taschereau Deuxième génération : Gabriel-EIzéar Taschereau Troisième génération : Thomas-Pierre- Joseph Taschereau Quatrième génération : Pierrc-Elzéar Taschereau

PffiRRE-ELZEAR TASCHEREAU

Né à Québec le 28 octobre 1805.

Il reçut sa commission d'avocat le 15 février 1828.

Il pratiqua quelque temps à Québec, en société avec son frère Joseph- André, plus tard juge de la Cour Supérieure à Kamouraska, mais il alla bientôt résider à Sainte- Marie de la Beauce dont il était le seigneur.

Les électeurs de Beauce ne tardèrent pas à demander ses serv'ices pour les représenter à la Chambre d'Assemblée. Le 28 septembre 1830, à peine âgé de 24 ans, il était élu député de ce comté.

Dans la Gazette de Québec du 21 octobre 1830, un Electeur nous décrit le triomphe que firent à leur député les électeurs de Beauce :

" Mardi, le 28 ultimo, eut lieu en la paroisse Sainte-Marie, l'élection du comté de Beauce. Les personnes qui avaient offert leurs ser\'ices aux électeurs de ce comté étaient MM. Charles Taschereau ( i ) , Elzéar Taschereau, Amable Berthelot et William Henderson, de Québec. Ces deux derniers cependant après avoir fait des démarches à cette fin, n'osaient se montrer au poil, connaissant bien d'avance le sort qu'ils éprouveraient. MM. Charles Taschereau et Elzéar Taschereau furent donc unanimement élus par plus de 1 200 person-

(i) Antoine'-Charles Taschereau.

lies, au nombre desquelles étaient les plus notables liabitantji des endroits. Jamais on avait vu un semblable concours de personnes réunies ensemble pour procéder à une élection ; malçré que le temps fut très pluvieux, les chemins des plus mauvais, et quoique le lieu fixé pour la tenue du poil fut éloigné de deux lieues et demie des bords de la rivière Chaudière dans les profondeurs, tant était grand le dévouement des électeurs du comté de Beauce pour les membres d'une famille en qui ils reposaient la plus grande confiance et qu'ils avaient estimés de tout temps. Les membres élus après avoir remercié les électeurs dans les ternies les plus touchants de l'honneur qu'il venaient de leur faire, furent conduits à leurs demeures par plus de 200 voitures en un des plus beaux triomphes qu'il soit possible de voir. Voici l'ordre dans lequel procédait cette réunion de personnes : à la tête était le champion richement vêtu monté sur un cheval et portant un étendard, où l'on voyait les inscriptions de " Vive le Roi ! " "Vive la Constitution ! " "Vivent les représentants du peuple !" " Vivent les Taschereau ! " , ensuite venait la cavalerie volontaire du lieu, suivie par l'oificierrapporteur, puis la voiture où étaient placés les membres élus, tirée par un superbe cheval blanc, dont l'attelage était couvert en baptiste rouge ; après venaient les principaux des endroits, portant chacun un pavillon et aj^ant sur leurs chapeaux des mottes appropriés à l'occasion ; on y voyait aussi déployés les drapeaux du premier bataillon de la milice incorporée (présent fait par Sa feue Majesté alors prince Régent à feu l'honorable lieutenant- colonel Taschereau, commandant ce bataillon), on remarquait enfin des pavillons déployés à toutes les fenêtres des maisons devant lesquelles devaient passer les membres élus, jusqu'à la distance de plus d'une demi-lieue du village de Sainte-Marie ; telles étaient les démonstrations de joie que les personnes de toutes les classes s'empressaient de faire paraître en ce moment, aussi réjouissant pour elles qu'il était sensible et touchant pour les membres élus. Le tout se termina par un excellent dîner.

OÙ assistèrent les principaux de l'endroit, et pendant lequel on porta des santés (toasts) adoptées à l'occasion."

Aux élections générales de novembre 1834, M. Taschereau fut de nouveau élu député de Beauce, mais il résigna le 24 novembre 1835.

Sous l'Union, en 1841, M. Tascliereau refusa l'offre que lui firent la presque unanimité des électeurs du comté de Dorchester de les représenter à l'Assemblée législative.

En 1844, ils renouvelèrent leurs instances ; cette fois il céda à leurs désirs et, le 12 novembre, il était élu député de Dorchester à une très forte majorité.

M. Taschereau ne devait pas jouir longtemps de son triomphe. Il fut atteint à Montréal, pendant la session de 1845, d'un anévrisme, et les médecins l'avertirent qu'il n'en avait plus que pour quelques mois à vivre. Il lui en coûtait beaucoup de mourir presque au début d'une carrière qui paraissait devoir être très brillante, de quitter sa dévouée compagne et ses six enfants dont le plus âgé n'avait pas encore neuf ans. Mais il était catholique convaincu et pratiquant, et il se soumit sans murmurer au décret de la Providence.

Ce ne fut qu'avec beaucoup de difficultévS qu'il put, en avril, retourner à Sainte-Marie delà Beauce, pour y mourir, au manoir seigneurial, le 25 juillet 1845. Il fut inhumé dans l'église paroisvsiale le 28.

" M. Taschereau, disait le (r<2;?«^7>;^ au lendemain de sa mort, peut être mis au nombre de ceux qui savent faire profiter un modique héritage et qui, par une constante industrie et un grand esprit d'entreprise, savent acquérir une honnête indépendance. Il était généralement estimé pour sa grande probité et ses vertus sociales."

"M. Taschereau, ajoute Mgr Têtu, était un noble caractère, un homme doux et généreux, ami passionné de l'étude et en particulier de l'étude du droit ; esprit conciliant, il était pour tous ses censitaires un conseiller sûr, désintéressé et éclairé ; toute sa vie il travailla à leur éviter des procès

inutiles et à maintenir parmi eux la bonne entente et la paix." (i)

' ' Son lîls aîné conserve religieusement connue un héritage bien cher une page tracée d'une main que l'approche delà mort rendait vacillante et qu'il intitula : " Conseils dictés par l'amour d'mi Père ". La foi du chrétien s'y manifeste en même temps que l'amour du père pour ses enfants à la veille d'être orphelins :

' ' Ils doivent aimer Dieu et suivre les maximes de leur religion.

." Ils doivent être polis à tout le monde.

" Ils doivent être doux et cléments.

' ' Dans toutes leurs transactions ils doivent être entièrement honnêtes : ils y trouveront leur avantage.

* ' Ils doivent faire leurs études et ensuite ne pas rester à rien fnire. L'oisiveté opère la ruine des jeunes gens.

" Qu'ils soient généreux et en même temps économes.

" Qu'ils ne croient pas d'abord ce qu'on leur dira, car les hommes sont trompeurs.

" Qu'ils ne passent un marché qu'après avoir réfléchi et consulté quelqu'un de confiance. On se plonge promptement dans la misère d'oii on ne se retire jamais, et la misère souvent engendre le vice."

M. Pierre-Elzéar Taschereau avait épousé, à Saint- Louis de Kamouraska, le 8 juillet 1834, Catherine-Hémédine, fille de l'honorable Amable Dionne, conseiller législatif, et de Catherine Perrault.

'' Catherine-Hémédine Dionne, nous apprend encore Mgr Têtu, était une femme d'un noble caractère et d'une rare distinction. De haute taille, elle avait un port majestueux, une dignité de maintien qui inspirait le respect, et une manière de dire qui inspirait le commandement. Ses inférieurs auraient pu difîicilement lui résister et ils n'en

( I ) Histoire des familles Têtu, Bonenfa^it , Dionne et Perrault, p. 535.

Pierre- Adolphe Taschereau

Eugène-Arthur Taschereau

Léonce-Edouard Taschereau Joseph- Arthur-Léonce Taschereau

avaient pas, je crois, la tentation. Cela pour l'apparence extérieure. Car sous ses dehors altiers et cet air un peu sévère, elle cachait une âme sensible, un cœur aimant et généreux." (i)

Madame Taschereau survécut plusieurs années à son mari. Elle mourut à Québec, chez son gendre, M. Charles- Perrault lyindsay, le 27 avril 1870, à l'âge de 51 ans, et fut inhumée dans l'église des Ursulines le 30.

Sept enfants naquirent de ce mariage : I Amable- Elzéar ; II Henri-Elzéar ; III Pierre- Adolphe ; IV Tancrède-Auguste ; V Eugène-Arthur ; VI Hémédine- Amélie ; VII lyéonce-Edouard.

AMABEE-EIvZÊAR TASCHEREAU

Né à Sainte- Marie de la Beauce le 25 septembre 1835. Décédé au même endroit le 13 novembre 1835. Inhumé dans l'église le surlendemain.

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