DEUXIEME BRANCHE
Première génération : Thomas- Jacques Taschereau Deuxième génération : Gabriel-EIzéar Taschereau Troisième génération : Jean-Thomas Taschereau, sr.
L'HONORABLE JEAN-THOMAS TASCHEREAU, Sr (.)
Né à Sainte-Marie de la Beauce le 26 novembre 1778.
Il reçut son instruction au séminaire de Québec où il se distingua par ses talents supérieurs.
Le 27 novembre 1799, l'honorable Gabriel-EIzéar Taschereau, grand- voyer du district de Québec, le nommait son député avec tous les droits, pouvoirs, autorités et privilèges que la loi lui accordait.
Le 28 juillet 1800, Jean-Thomas Taschereau était élu député de Dorchester. Il n'avait pas encore 22 ans.
Il avait étudié le droit sous le juge-en-chef Sewell et, le 9 novembre 1801, il était commissionné avocat.
Aux élections générales du 6 août 1804, il fut de nouveau élu député de Dorchester.
Le premier numéro du Canadien parut le 22 novembre 1806. Les fondateurs de ce journal étaient Pierre Bédard, Joseph Levasseur-Borgia, François Blanchet, Louis Bourdages, Joseph Planté et Jean-Thomas Taschereau, tous membres de la Chambre d'Assemblée.
En mai 1808, des élections générales avaient lieu. Cette fois, quatre candidats se trouvèrent sur les rangs pour représenter Dorchester : MM. Samson, Caldwell, Langlois et Taschereau. Ce dernier se retira de la lutte pour ne pas mettre la division dans le parti canadien.
Ne pouvant aider ses compatriotes dans la Chambre d'Assemblée, M. Taschereau défendit leurs droits dans le Cana-
( I ) Voir p. 40.
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d'un. Il proclama hautement que le peuple devait avoîi' le contrôle de ses deniers. N'était-ce pas là un des principes fondamentaux de la constitution anglaise ?
Cette conduite patriotique n'était pas de nature à plaire au gouverneur Craig. Aussi le 14 juin 1808, il le destituait de sa position de capitaine et d'aide-major dans la milice, et il donnait ordre à l'honorable Gabriel-Elzéar Taschereaude se dispenser des services de son fils comme député grand-vover. (i)
M. Taschereau ne resta pas longtemps en dehors de la Chambre. Le gouverneur Craig, jugeant qu'il n'y avait pas d'accord possible entre la Chambre populaire et lui, recourut à la dissolution, et, le 15 mai 1809, le parlement était prorogé.
Les élections eurent lieu dans l'automne de la même année. Deux comtés se disputèrent l'honneur d'élire M. Taschereau. Le 23 octobre, il était élu député de Dorchester, (2) et, un mois plus tard, le 23 novembre, les électeurs de Leinster l'élisaient à leur tour. Il n'eût pas même le temps d'opter pour l'un ou pour l'autre comté car le 26 février 18 10, un mois après l'ouverture de la session, Craig prorogeait le Parlement.
M. Taschereau et les autres propriétaires du Canadien continuèrent la lutte contre le tyran Craig dans les colonnes de leur journal avec plus de vigueur que jamais.
Craig, conseillé par son secrétaire Ryland, résolut d'écraser les patriotes.
Le 17 mars 18 10, un peloton de soldats, commandés par le capitaine Thomas Allison fit irruption dans l'atelier du Canadien. Ils renversèrent les cases sur le plancher, mirent la presse hors de service et s'emparèrent des papiers qui se trouvaient dans la salle de rédaction. L'imprimeur, M. Lefrançois, fut jeté en prison.
(i) Voir Bulletin des Recherches Historiques, volume VII, p. 335. (2) Voir sur cette élection yb/z/vm/ de la Chambre d'Assemblée^ 1810, volume XVIII, pp. i3i et seq.
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iDeux jours plus tard, le 19, MAL Bédard, Blanchet et jean-Thomas Taschereau, trois des propriétaires du Canadien, étaient à leur tour arrêtés et emprisonnés. On les accusait de prutiqtics traîtresses ( trcasonable practiccs ) .
C'est pendant que M. Taschereau était en prison que se firent les élections pour le «septième parlement, en avril 18 10. Il fut mis sur les rangs comme candidat dans le comté de Dorchester. Mais il fut battu par John Caldwell, le fils du seigneur de Lauzon. Celui-ci cependant ne l'emporta que par 51 voix.
Pendant les deux premiers mois de sa détention, M. Taschereau fut privé de toute communication avec sa femme, ses amis et même avec ceux qui auraient voulu se charger de sa défense^
Vers la fin de juin, ses accusateurs n'a^^ant pas trouvé le moyen de prouver leur accusation de trahison, il fut remis en liberté vSous le prétexte que sa santé avait beaucoup souffert de vSa détention. M. Blanchet fut libéré à peu près dans le même temps pour une raison semblable.
Quant à M, Bédard on fut obligé de le mettre à la porte de force, il ne voulait pas sortir de prison avant qu'on lui fit son procès. Or, le gouverneur Craig n'était pas pressé de faire le procès des patriotes, n'ayant des preuves de trahison contre aucun d'eux.
En 181 1, sir George Prévost succédait à Craig. Autant ce dernier avait été défavorable aux Canadiens- Français autant sou successeur essaya de leur être agréable. Il est vrai que l'Angleterre était à la veille d'entrer en guerre avec les Etats-Unis et qu'elle avait besoin de l'appui des Canadiens- Français.
Le 5 avril 18 12, Jean-Thomas Taschereau était nommé major au 3e bataillon de la division de milice de la Nouvelle-Beauce.
En août 18 12, il rentra de nouveau en Chambre comme représentant du comté de Dorchester,
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M. Jean-Thomas Taschereau fit toute la première partie de la campagne de 1S12 avec son bataillon.
Le 18 lévrier 1S13, sir George Prévost donnait une preuve bien éclatante de la confiance qu'il avait en sa fidélité à l'Angleterre et en ses capacités militaires en le nommant député-adjudant-général de la milice du Bas-Canada à la place du lieutenant-colonel Xavier de Lanaudière, qui venait de mourir. Il eut pour fonction spéciale d'organiser les milices sédentaires.
Le 13 mai 18 14, les électeurs de Dorchester le députaient de nouveau à la Chambre d'Assemblée.
Aux élections générales de septembre 1820, M. Taschereau fut élu député de Gaspé. Il consen^a ce mandat jusqu'à sa nomination au Conseil législatif.
Le 6 juin 1821, le gouverneur Dalhousie nommait Jean- Thomas Taschereau et John Fletcher conjointement et individuellement présidents des sessions de quartier de la paix pour le district de Québec.
Quelques mois plus tard, le 9 octobre 1821, Jean-Thomas Taschereau était fait avocat du Roi pour la province du Bas-Canada.
En 1823, John Fletcher était nommé juge du district inférieur de Saint-François. Le 3 juillet de la même année, une nouvelle commission nommait John-Gawler Thompson président des sessions de quartier de la paix pour le district de Québec conjointement avec Jean-Thomas Taschereau.
En 1825, John-Gawler Thompson ayant accepté une autre situation, Jean-Thomas Taschereau, par commission du 5 mai 1825, resta seul président des sessions de quartier de la paix pour le district de Québec.
Enfin, le 29 mars 1827, Jean-Thomas Taschereau était nommé juge de la Cour du Banc du Roi pour le district de Québec en remplacement de son beau-frère Jean-Baptiste- Olivier Perrault, décédé.
Le gouverneur Dalhousie avait aussi recommandé Jean- Thomas Taschereau pour succéder au juge Perrault au
Conseil législatif. Mais le vicomte Godericli nomma un de ses protégés. Ce qui déplut fort à lord Dalliousie, comme on peut le voir par la lettre suivante, datée du château Saint- Louis, à Québec, le 23 octobre 1S27 :
" Je regrette beaucoup que le viandaimis que je sollicitais pour M. Taschereau n'ait pas été accordé. Je considère qu'il est de la plus grande importance, à cause de nos difficultés ici, qu'une grande impartialité et une égale considération soient accordées aux Canadiens et aux Anglais. J'espère que Votre Seigneurie ne prêtera pas l'oreille aux plaintes qu'on fait contre les juges qui siègent au Conseil législatif. Leur présence dans ce corps est grandement désirable. J'admets cependant qu'ils ne doivent pas faire partie du Conseil exécutif.
' ' Je prends la liberté de vous adresser une lettre que j'ai reçue de M. Taschereau longtemps après ma recomman • dation en sa faveur comme méritant l'honneur d'un mandâmes. Cette lettre explique au long ses services et ceux de sa famille. Je suis heureux de les reconnaître ici et je crois que c'est une injustice de lui refuser cette distinction que sa loyauté et les services qu'il a rendus à Sa Majesté dans la Chambre d'Assemblée lui ont certainement méritée.
** Je demande donc de nouveau et avec instance que M. Jean-Thomas Taschereau soit appelé au Conseil législatif. ' '
La lettre énergique de lord Dalliousie eut un bon effet, et, moins d'un an après, le 2 mai 1828, l'honorable juge Jean-Thomas Taschereau était nommé conseiller législatif.
Sir James Kempt, administrateur du Canada de 1828 à 1830, était un grand voyageur. Après avoir visité dans le cours de l'été de 1829 le district de Montréal et les cantons de l'Est, il se décida en septembre de visiter la région de la Beauce. Il partit de Québec, le dimanche, 13 septembre, vers midi, accompagné de l'honorable lieutenant-colonel Gore, député-quartier-maître-général, et du lieutenant-colonel Duchesnay, un de ses aides de camp. Il arriva à Sainte-Marie de la Beauce le même jour, vers quatre heures et
demie. La cavalerie bourgeoise et les principaux habitants de la paroisse l'escortèrent jusqu'à la maison de l'honorable juge Jean-Thomas Taschereau. Là, une compagnie de milice commandée par le capitaine Reny, lui rendit les honneurs militaires. Son Excellence dîna et fut l'hôte de l'honorable juge pour la nuit. Le lendemain matin, il monta de nouveau à cheval, alla déjeuner chez le curé de Saint- Joseph, M. De-. coigne, et après avoir procédé à l'inspection du chemin Kennébec, revint sur ses pas et coucha ce soir-là à Saint- François. Le mardi, 15, sir James Kempt retournant à Québec s'arrêta de nouveau à Sainte-Marie pour visiter le dépôt des armes et le bureau des douanes. Dans l'après-midi, il faisait sa rentrée à Québec.
L'honorable Jean-Thomas Taschereau décéda à Québec le 14 juin 1832, enlevé en quelques heures par le choléra asiatique qui sévissait alors dans tout le pays. Il mourut dans les plus beaux sentiments de religion et de résignation à la volonté de Dieu, victime de son dévouement, a^^ant la veille voulu suivre jusqu'au cimetière, pour lui rendre un dernier témoignage d'amitié, un ami qui avait succombé au terrible fléau. Il fut inhumé le même jour dans le cimetière Saint-Louis.
Il était à sa mort seigneur de Joliet.
Pendant plus d'un quart de siècle membre de la Chambre d'Assemblée, M. Taschereau y fut reconnu comme un des députés les plus intègres, les plus laborieux et les plus dévoués au bien public. Sans être doué d'une éloquence brillante, il s'exprimait facilement et était bien écouté en Chambre. Tous les projets de loi présentés par lui étaient d'une nature pratique, relatifs, pour la plupart, à la judicature, à l'agriculture et à la colonisation.
Pendant les cinq années que, comme juge de la Cour du Banc du Roi, il administra la justice à Québec, sur le même banc que les honorables Jonathan Sewell, Edward Bowen et James Kerr, il sut acquérir le respect et l'estime de ses confrères du barreati et du public en général par ses belles qualités et ses connaissances légales.
Sir Randolph-Isham Routh
L'honorable Jean-Thomas Taschereau avait épousé, à Québec, le 19 mai 1806, Marie, fille de l'honorable Jean- Antoine Panet, orateur de la Chambre d'Assemblée, et de Louise- Philippe Badelard.
Madame Taschereau mourut à Sainte-Marie de la Beauce le 14 septembre 1866, à l'âge de 77 ans. Elle fut inhumée dans la chapelle Sainte- Anne, le 17.
Madame Taschereau était une bonne et sainte femme. Elle fut la première instigatrice de la Société Charitable des Dames catholiques de Québec fondée en 1831, dans le but de pourvoir à l'éducation des enfants pauvres. La Société n'a pas cessé d'exister et elle est plus prospère que jamais.
De ce mariage naquirent sept enfants : I Anonyme ; II Marie-Louise ; III Elisabeth-Suzanne ; IV Jean-Thomas ; V Claire-Caroline ; VI Elzéar-Alexandre ; VII Agnès.
ANONYME
Né et décédé à Québec le 18 mai 1807» Inhumé dans le cimetière Sainte- Anne.