‹ La famille TaschereauChapitre 49 sur 105 · ELISABETH-SUZANNE TASCHEREAU · texte numérisé non relu

ELISABETH-SUZANNE TASCHEREAU

Née à Sainte-Marie de la Beauce le 24 octobre 1812.

Mariée à Sainte-Marie de la Beauce, le 17 juin 1844, à Henri-Elzéar-Jucliereau Duchesnay, veuf de Julie Perrault, (i)

M. Duchesnay était né le 19 juillet 18 10 au manoir de Beauport. Son père, l'honorable Antoine-Louis Juchereau Duchesnay, seigneur de Beauport, et sa mère, Marie-Louise Fleury de la Gorgendière, présidèrent à sa première éducation, et le confièrent bientôt à d'habiles précepteurs. Grâce à leurs soins, grâce à ses communications coUvStan tes avec l'élite de notre société, il acquit cette variété de connaissances pratiques, cette distinction de manières, cette noblesse et cette franchise de caractère qui devaient le conduire aux postes les plus élevés de notre pays.

Il fut admis à la profession d'avocat le 10 janvier 1832.

Le 2 juillet 1839, il était nommé magistrat stipendiaire pour le district de Montréal.

(i) Voir p. 39.

L'année suivante, il recevait sa nomination de magistrat de police pour le même district.

En 1843, il ^^ retira à Sainte-Marie de la Beauce.

Il lui fallut quitter les douceurs de sa retraite pour répondre à la confiance de ses compatriotes. Le 29 septembre 1856, il fut pour la première fois unanimement élu membre du Conseil législatif, par la division de Lauzon. Le 5 octobre 1865, la même unanimité le portait au même honneur.

Il fut appelé au Sénat de la Puissance le 23 octobre

C'est à Sainte-Marie de la Beauce, à l'âge de 61 ans et

10 mois, qu'il s'éteignit, le 12 mai 1871. Il fut inhumé dans l'église paroissiale.

Madame Duchesnay mourut à Québec le 10 mars 1888. Elle fut inhumée dans l'église du monastère de l' Hôpital- Général de Québec.

" L'honorable M. Duchesnay a été dans toute la force du mot, le vir probus, l'homme loyal, intègre et probe.

" Sur un théâtre moins vaste que celui de la politique, M. Duchesnay a déployé des qualités plus admirables encore. Son influence à Sainte- Marie, cette capitale de la Beauce, s'étendait à tout : agriculture, éducation, œuvres de charité, son activité paraissait tout embrasse-r. C'était pour lui comme un besoin impérieux de son cœur de faire du bien à autrui : les pauvres et les affligés avaient, avant tout, une large part à ses avis, à ses lumières et surtout à ses abondantes aumônes.

" Pour favorivSer les progrès de l'agriculture, dans les comtés dont il était le délégué, il avait fait l'acquisition des instruments aratoires les plus utiles et les moins dispendieux.

11 invitait les cultivateurs à venir les voir fonctionner et il se faisait un devoir de leur en expliquer le mécanisme et le maniement.

" Avocat, il se donnait une peine infinie pour arrêter les procès de ses co-paroissiens. Il réussit ainsi à empêcher la ruine d'un grand nombre de personnes : sa maison était

Hon. Henri-Elzéar Juchereau Duchesnay

ouverte à tous ceux qtii avaient quelques difficultés. Quand on ne venait pas le trouver, il ne craignait pas de se rendre auprès des parties qui voulaient aller en cour, il s'informait de leur malentendu, et presque toujours, il réussissait à le faire disparaître.

" Il serait impossible de redire, ici, ce que la paroisse de Sainte-Marie lui doit pour l'éducation de ses enfants. M. Duclicsnay, pendant quatorze ans, s'est condamné à prélever la contribution volontaire des habitants de sa paroisse, pour subvenir à dix écoles.

'* Ces œuvres d'un intérêt public ne l'absorbaient pas au point de lui refuser le bonheur d'une bienfaisance d'un autre genre. C'était en 1849, ^.ux premières neiges de l'hiver. Un incendie venait de réduire en cendres la grange d'un cultivateur. Grain, voitures, fourrage, bétail, tout avait été enveloppé dans le même désastre. La perte était considérable. M. Duchesnay assemble la paroisse, le dimanche suivant ; il organise chaque rang pour venir au secours de cet infortuné. Un mois et demi après l'incendie, la grange sortait de ses ruines, aussi remplie qu'auparavant, et ne laissait plus au sieur Gagné que le devoir d'une reconnaissance sans bornes envers son bienfaiteur. Les chevaux et les voitures de M. Duchesnay avaient transporté les effets collectés, pendant quinze jours. Lui-même avait présidé à la construction du bâtiment, comme au reste.

*' Un jour, une suite de malheurs incontrôlables força un cultivateur à vendre sa terre et tous ses biens. Ses créanciers payés, il lui restait encore une dette d'arréragé chez le seigneur Duchesnay, pour grains achetés à ses moulins. Avant de s'éloigner de Sainte-Marie pour aller prendre une terre en bois debout, le pauvre ruiné se rend chez M. Duchesnay et lui demande son compte.

** — C'est juste cinquante louis.

* * — Eh bien ! voilà vos cinquante louis, dit le malheureux, comptez et payez-vous.

" — Mais, mon cher ami, lui demande le bienfaisant seigneur, vous reste-t-il quelque chose pour recommencer votre petite fortune ?

" — Pas une obole, monsieur, pas même de quoi achetef du pain pour mon vo3"age.

" — Eh bien ! mon ami, reprend avec émotion M. Duchesnay, je ne veux, ni ne puis vous arracher la vie. Si vous réussissez, vous me paierez quand vous pourrez ; sinon vos enfants paieront mes enfants. Sinon, nous serons pa3'é9 ailleurs.

"M. Duchesna}' revenait d' une des concessions reculées de Sainte-Marie. Il faisait nuit noire. Tout le monde semblait reposer d'un profond sommeil. Cependant, au bord du bois, dans une petite cabane, une pauvre femme dangereusement malade, veillait avec sa douleur, et à son chevet, se tenait un enfant qui essayait, par ses soins, d'abréger la longueur de la nuit. Tout à coup la malade et l'enfant entendent le bruit d'une voiture.

" — Vas vite, dit la mère à l'enfant, c'est peut-être un médecin.

" L'enfant accourt, M. Duchesnay arrête aussitôt sa marche, se rend auprès de l'infortunée, s'informe avec bonté de son état, et lui laisse tout l'argent qu'il porte sur lui, et lui promet un médecin pour le lendemain. Il tint parole, et lui-même conduisit, auprès d'elle, le docteur Wistaff. Pendant près de deux mois, aux frais du distingué bienfaiteur, deux fois la semaine, le même médecin prodigua des soins à cette femme délaissée, et réussit à la ramener à la santé. " ( i ) Du mariage de l'honorable Henri-Klzéarjuchereau Duchesnay et de Suzanne-Elisabeth Taschereau naquirent sept enfants : I Henri- Jules ; II Maurice-Elzéar ; III Marie-' Louise-Suzanne ; IV Sophie-Corinne ; V Adèle-Caroline- Agnès ; VI Charles-Edmond ; VII Marie-Louise-Isabelle.

(i) L'abbé N.-A. 'hç:ç\<^xç., Gazette des fainilles canadiennes et aca'diennes, 15 juin 1871.

Henri-Jules Juchereaii Duchesna\'

H.-J.-J.-B. Chouinard

Gustave Hamel

Chs-Ed. de S. Laterrière

Elzéar-Lucien-Gilbert Fiset M.-E.-M.-E.-Edm. de S. Laterrière

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