L'HON. HENRI-THOMAS TASCHEREAU
*' Né à Québec le 6 octobre 1841.
" Il fit ses études au séminaire de Québec, où il se distingua, dans les dernières années de son cours surtout, et obtint le degré de bachelier-ès-lettres en 1859.
' * Son essai d'éloquence (discours d'un chef arabe au calife Omar pour le dissuader du projet de brûler la bibliothèque d'Alexandrie) fut vivement admiré, et est encore cité comme une des meilleures compositions littéraires des divers concours de l'université depuis sa fondation.
"Il eut l'avantage de faire ses études de droit à l'université Laval de Québec, sous le célèbre professeur français Aubry, dont il fut l'ami intime et l'un des meilleurs élèves.
" Admis au barreau le 5 janvier 1863, il pratiqua d'abord seul, puis en société avec M. Montambault et ensuite avec M. Taschereau Portier. Son savoir et son application lui attirèrent en peu de temps une clientèle considérable, et il plaida avec talent et succès, devant les plus hautes cours du pays, des causes importantes.
" Elu membre du conseil de ville de Québec en 1870, il contribua puivSsamment à réveiller le projet de chemin de fer du Nord, parcourant avec l'honorable M. Cauchon les comtés de Champlain, Portneuf, Joliette, Berthier et l'Assomption pour obtenir des souscriptions.
"En 1863, il se présentait contre l'honorable M. Langevin — aujourd'hui sir Hector Langevin, — dans le comté
de Dorchester, et n'était défait que par une majorité de 35 voix, après une lutte acharnée qui fit sensation dans le temps.
'* Le 5 août 1872, il était élu dans le comté de Montmagn}' contre l'honorable M. J.-O. Beaubien.
'' Le 22 janvier 1874, il était réélu par acclamation.
" Le 30 décembre 1875, M. Taschereau prononça le discours de circonstance à la séance solennelle donnée par l'Institut Canadien de Québec, à l'occasion du centenaire du siège de Québec par les Américains. Il fit admirer, dans ce discours, les aptitudes littéraires, la hauteur de vues, la finesse des aperçus et le style élégant et châtié qui en auraient fait l'un des meilleurs écrivains du pays, s'il se fût livré à la littérature.
" Comme la plupart de nos hommes de talent, M. Taschereau a passé par le journalisme ; il publia, en 1862, avec ses ressources personnelles, le journal Les Débats, dont les écrits furent très remarqués, et, en 1863, il fut l'un des rédacteurs de la Tribime. (i)
Le 7 octobre 1878, M. Taschereau était nommé juge de la Cour Supérieure pour le district de Kamouraska.
Le 12 avril 1886, il était transféré au district de Joliette.
Enfin, le ler décembre 1887, le gouvernement lui assignait le district de Terrebonne.
Le 10 décembre 1889, l'université Laval lui décernait le titre de docteur en droit, ex hoytoris catisâ.
Le juge Taschereau réside à Montréal. D'après une législation récente, il est un des juges chargés de l'administration de la justice dans le district de Montréal, tout en gardant le district de Terrebonne, qui lui est spécialement assigné. Il est aujourd'hui le doyen des juges de Montréal.
Les célèbres procès de Cordélia Viau et de Samuel Par-
(i) L.- O. David, L'Opinion Publique, 7 novembre 1878.
slow (affaire de meurtre de Saint-Canut) ont eu lieu sous sa présidence.
L'honorable juge Taschereau a épousé en premières noces, à Saint-Eusèbe de Stanfold, le 22 juin 1864, Marie- Louise-Sévérine, fille de Edouard-Louis Pacaud, avocat, plus tard conseiller législatif de la division de Kennébec, et de Anne-Kerniine Dumoulin.
Madame Taschereau mourut à Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup le 29 novembre 1883, et fut inhumée à Saint- Christophe d'ArthabavSka le ler décembre.
Enfants : I Marie-Louise-Joséphine-Henriette ; II Marie-Adèle-Blanche ; III Marie-Béatrice-Hermine ; IV Marie-Henri-Thomas-Eugène ; V Marie- Alfred- Jean ; VI Marie-Robert-André-Panet ; VII Marie-Lucie-Antoinette ; VIII Marie-Attala-Berthe ; IX Marie-Marguerite- Yvonne ; X Marie-Eugénie-Jeanne.
Le 15 avril 1885, l'honorable juge Taschereau a épousé en secondes noces, à Montréal, Carolie, fille de Léon Globensky et de Angèle Limoges, et veuve de Henri Masson.
Pas d'enfants de ce mariage.