III. Marie-Flore Angers
Née à Saint-Jean-Chr^'sostôme, comté de Eévis, le 2i •décembre 1848.
Mariée, à Saint-Roch de Québec, le 8 juillet 1884, au docteur Antoine- Alexandre Marsan, de Saint- Joseph de Lévis, veuf de Marie-Hortense-Célanire LeBel.
Enfant :
Marie-Joseph-Joachim- Angers Marsan ne à Saint-Joseph de Lévis le 15 mai 1885, et décédé au même endroit le 4 août suivant. Inhumé dans le cimetière de la paroisse.
Le docteur Marsan est décédé subitement à Saint-Joseph de Lévis le 19 octobre 1900, et a été inhumé dans le •cimetière de la paroisse.
Quoique malade depuis plusieurs semaines, le docteur Marsan n'en persistait pas moins à aller donner les secours
de .son art à ceux qui les réclamaient. Il avait toujours espéré mourir comme le soldat, sur le champ de bataille. Son désir fut accompli. Le 19 octobre, après une journée ardue, il venait de laisser sa dernière patiente, une pauvre femme qu'il essayait d'arracher à la mort, lorsqu'en mettant le pied dans sa voiture, il tomba à la renverse. Son domestique se précipita à son secours. Il était mort.
Le docteur Marsan était établi à Saint-Joseph de Lévis depuis trente-deux ans. Reçu médecin le 15 septembre 1847, il avait d'abord pratiqué à Saint-Sauveur et à Saint- Jérôme, comté de Terrebonne, puis à Saint-Denis de Kamouraska. En 1868, il venait s'établir à Saint-Joseph de Lévis.
Pour le docteur Marsan, la médecine était plus qu'un art, c'était un véritable apostolat. Le pauvre comme le riche avait ses .soins les plus attentifs, son attention la plus délicate. Dans l'hiver qui précéda sa mort, nous avions l'honneur d'être reçu à son foyer hospitalier. Vers onze heures, alors que le docteur Marsan se préparait à prendre un repos bien mérité, on sonna à sa porte. C'était un pauvre diable qui venait le chercher pour sa femme sérieusement malade. Il résidait dans la deuxième concession de Saint- Joseph de Lévis. Au dehors la tempête faisait rage. Ce .soir-là, le docteur Marsan souffrait d'un rhumatisme qui lui refusait presque l'usage de ses jambes. Il n'hésita pas un seul instant, il n'eut pas un mot de plainte. Il se fit habiller et monta en voiture. C'était un trajet de quatre ou cinq heures qu'il entreprenait à travers la tempête. Et pourtant le docteur Marsan donnait ses soins à cet individu et aux siens depuis au-delà de vingt ans sans avoir jamais reçu un .sou. N'est-ce pas que, pour le docteur Marsan, la médecine était autre chose qu'un moyen de gagner de l'argent ?