‹ La Farouche aventureChapitre 26 sur 27 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Qu'est-ce donc qui me trouble ! Et qu'est-ce que j’ =" tt Je suis triste à la ville et m'ennuie au villages se Les plaisirs de mon Age Ne peuvent me sauver de la longueur du temps !

DESBoRDESs-VALMoRr.

Ils partirent. Irène avait obtenu de l’administration un congé qui n’était limité que par l’état de sa santé.

Pendant les huit premiers jours de ce voyage, les deux amoureux encore tout meurtris des coups qu’un trop malicieux destin leur avait cruellement distribués, furent assez mélancoliques. Et puis, comme ils étaient jeunes, intelligents et beaux et qu'ils s’aimaient et qu’Irène s’était juré de n'avoir plus de coquetterie que pour son mari, l’amour les prit tout entiers et le reste fut remisé aux accessoires.

Le reste, pour Irène, c'était le souvenir de Sylvie et de son effronterie dans le bureau d’Octave.

Cette effronterie, après tout, pouvait n'être qu'’affectée, pour exciter l’imagination de madame et... (servonsnous d’une expression en usage à l'office) ...et « pour

faire crever madame de dépit... »

ee

i bon esprit de n’en point

Or, madame avait eu Se Éteé es sur ce point

de ne jamais vou j TOME ; é une santé admirable, ne dame, ayant recouvr : :

et unit den plus penser à l'hypothèse d'une Sylvie disant auprès de son mari après avoir pris sa place la et de Ouénétrou sans en sourire, Énpres, ER Ro 2e intain et l'esprit revenait

Tout cela était déjà bien lointain et l'espr F ps châtiment de sa coquetterie, c'était complet, et cela ne manquait point d’une certaine drôlerie.

Quelle belle sérénité donne J’amour partagé! Un jour, elle reçut une lettre de Sylvie qui avait couru derrière elle à travers toute l’Europe (nous parlons de la lettre) et qui les fit bien rire. ee

«Madame, disait cette lettre, je n’ai point voulu quitter Paris sans faire part à madame de la joie qui m'est échue en lui rendant un dernier service. Vous saviez sans doute que don Manoël de Carangola était retombé aux mains de sa famille. Quand le malheureux homme se vit captif et définitivement privé de son Irène, il recommença ce qui lui avait déjà si bien réussi. Il se mit en grève, la grève de la faim! Mais cette fois, doña Maria, qui savait à quoi s’en tenir sur ce que vous savez bien, n’essaya point de voir madame, c’est à moi qu’elle s’adressa pour me supplier de rendre la raison à son mari et lui prouver que le souvenir qu'il avait gardé de madame n’était qu’une pure chimère !

» Doña Maria avait été trop bonne pour moi pour que je lui refusasse ce petit service, et j’arrivai si bien à prouver à don Manoël qu’il se faisait de madame une idée chimérique, que ce digne seigneur, qui est fort exalté et dans les veines duquel, m’a-t-il dit, bout le sang du géant Adamastor, s’est pris du plus grand amour pour la chimère elle-même, c’est-à-dire pour votre humble servante...

» Si bien que, doña Maria et ses six filles ramenant don Manoël à Rio-de-Janeiro, celui-ci n’a consenti au Voyage que si je revenais à Rio moi-même ! Doña Maria

et moi arrangeâmes cette affaire au mieux de nos inté-

a Pa Et voilà madame débarrassée du Carangola

» Mais je ne suis pas au b FA js bonheur de rendre à Han Du Cons Fr.

était toujours tapi dans l’ombre et prêt à quelque “re chant coup dont j'avais prévenu madame. quand mo à appris que Carangola me ramenait à Rio, Ji haine au il porte à M. le secrétaire perpétuel et la Re écuplèrent du coup l’amour qu’il avait pour

» Si bien qu il revient à Rio sur le même bateau que nous !... Il m’a promis de ne plus retourner dans la pampa, de refaire fortune à Rio où il rentre avec une petite cargaison de chapeaux !.…

» Doña Maria redoutait quelque tragédie de ce rapprochement et elle gémissait déjà sur le sort incertain de son époux, mais je suis parvenue à la calmer. Je lui ai assuré que, dans toute l'affaire, il n’arriverait rien de fâcheux ni pour les uns ni pour les autres ! Dieu merci ! je me suis tirée d’autres imbroglios et cette petite intrigue, sous ma direction, perdra vite le caractère sauvage que madame était parvenue à lui donner et prendra bientôt cette allure digne et civilisée que l’on ne rencontre que dans la bonne société. Ce n’est point le tout que de faire des conférences sur les bienfaits de la civilisation, il faut encore savoir répandre ceux-ci autour de soi !...

» Vous voilà donc, madame, débarrassée par mes soins de Carangola et de Languéquétrou — je ne l’appelle plus Ouénétrou XIV, car il a renoncé à son trône comme j'ai renoncé, moi, à être reine (j'aime mieux un magasin dans la rua do Ouvidor). Que madame soit tranquille désormais et heureuse avec monsieur qui l’a bien mérité ! Votre servante : SYLVIE. »

— Quel phénomène ! s’écria Octave.

— Silence, Octavel répliqua Irène en riant, tu finirais par me dire que Sylvie a quelque chose pour elle.

— Je ne te comprends pas. Œure :

— Rappelle-toi le temps où tu me disais : « Qu'est-ce que Sylvie peut bien avoir pour elle 1... » Eh bien, elle a pour elle d’être un phénomène ; jy consens, mais

‘en parlons plus | < $ SuiMrerit bone des semaines d’un bonheur qui était

si parfait qu’il en devenait monotone.

ne avait déclaré qu’elle en avait assez du théâtre

iclat qui l'entoure. Elle avait même parlé 7 on fret sa démission à l'administrateur du Théâtre-Français, mais Octave qui, en sa qualité d'auteur dramatique, connaissait à fond l'âme féminine, l’en avait dissuadée. | R

Peut-être aussi, de son côté, s’était-il dit qu'il lui seraît difficile de garder sa chère Irène tout le temps à ses côtés quand il se remettrait à travailler ses mérovingiens, lesquels ne sont point d’une grande distraction pour les dames. Et bientôt il eut l'occasion de se réjouir d’avoir mis en garde Irène contre une résolution qu’elle eût pu regretter plus tard. La voyant de mine assez triste et maussade, un jour qu'ils sortaient d’un musée (ils avaient visité tant de musées l) il lui demanda ce qu’elle avait.

—— Je ne saurais pas te le dire, lui répondit-elle avec hésitation, car je n’en sais rien moi-même... Tu n’ignores pas combien j'aime mon pays, c’est sans doute que j'aspire, sans m'en rendre bien compte, à le revoir! Oui, je voudrais revoir la France, pour laquelle j'ai déjà tant fait !

— Et pour laquelle tu brûles de faire davantage! avoue-le donc, Irène. Tu es jeune et il est naturel que tu redonnes un emploi à tes nobles, à tes admirables facultés

— Ma foi, c’est peut-être bien cela 1.

— Et ne brûlerais-tu pas aussi de retrouver tes succès d’antan, au théâtre ?

— Mon Dieu, mon cher Octave, je ne vois point comment je pourrais, à nouveau, servir la France, ma patrie, Si — prononçons-le donc, ce vilain mot — si je ne remontais point sur les planches 1...

—— Eh bien, Irène, il faut écrire à M. l'administrateur! nr pa ee pensons de même, je ne vois pas pour-

: at Ir Ï en F ae je te cacheraïs plus longtemps que — Eh bien, attendons sa réponse !.…

ae — ie Parvenue, mon ami !... M. l'admieur est enchanté de me voi vlac dans ta Maison. ir reprendre ma place

— Et dans quel rôle feras-tu ta rentrée ?

— C’est ce qu’il me demande.

— Es-tu à peu près fixée ?

— Mon Dieu, ouil... Je vais lui répondre que je ferai ma rentrée dans le rôle de Célimène !…

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