‹ La fatigue intellectuelleChapitre 55 sur 79 · TEMPS DE RÉACTION · texte numérisé non relu

TEMPS DE RÉACTION

normale, c'est-à-dire que les réactions de choix deviennent plus longues sous l’influence du travail intellectuel, qui a consisté dans des calculs faits pendant une heure. Tout au contraire, à la suite d’une marche de deux heures les réactions de choix sont devenues plus courtes ; il semblerait donc qu’une marche améliore les conditions pour les processus psychiques aussi simples que ceux qui entrent dans une réaction de choix.

En réalité il n’en est pas ainsi ; en effet l’auteur a observé que le sujet faisait souvent des erreurs à la suite de la marche de deux heures, il faisait le mouvement avec une main trop tôt, ou bien il faisait le mouvement avec la main droite au lieu de le faire avec la main gauche ; en somme le sujet se trouvait dans un état d’énervement musculaire qui amenait une incoordination dans les mouvements.

Pour les réactions verbales on prenait 50 réactions et on calculait la moyenne de ces 50 réactions. Le graphique 82, analogue au précédent, indique les résultats obtenus pour cinq jours de repos, pour (juatre jours avec travail intellectuel et pour quatre jours avec marche de deux heures. Ce graphique montre que le premier jour de repos la moyenne des réactions verbales était égale à 288 millièmes de seconde, le deuxième jour de repos elle est de 320, etc. ; le premier jour avec travail intellectuel elle est égale à 358 millièmes de seconde, le deuxième jour avec travail elle est de 425, etc.; enfin, pour le premier jour avec marche elle est de 357, pour le deuxième jour avec marche de 383, etc.

. « Conditions norme tes

x. -x Travail intellectuel

o —o Marche de Z heures

Fig. 82. — Influence du travail intellectuel et musculaire sur la durée des réactions verbales.

Après un travail intellectuel d’une heure la durée des réactions est augmentée ; elle l’est aussi après une marche de deux heures, mais moins.

On voit que sous l’influence du travail intellectuel la durée des réactions verbales augmente ; sous l’influence de la marche de deux heures cette durée augmente aussi, mais moins.

Ces recherches ont une importance considérable au point de vue des méthodes, elles indiquent que la méthode des réactions est assez sensible pour traduire l’influence produite par un travail intellectuel ou physique; il resterait à voir si cette méthode des réactions ne pourrait pas être appliquée dans les écoles ; c’est une des questions dont on s’occupe en ce moment.

Pour étudier l’influence produite par le travail intellectuel ou physique sur la facilité avec laquelle on apprend par cœur, l’auteur s’est servi de la mémoire des chiffres. Le sujet devait apprendre par cœur des séries de douze chiffres chacune ; il devait lire une série jusqu’à ce qu’il pût la répéter de mémoire, puis il passait à une deuxième série, et ainsi de suite pendant une demi-heure. On faisait ces expériences à des jours de repos, puis à des jours où on avait fait des calculs pendant une heure, enfin à d’autres jours après une marche de deux heures.

Le graphique suivant représente les résultats obtenus. Chaque point indique le nombre de chiffres appris par cœur en une demi-heure ; ainsi, on voit que le premier jour, avec repos, on a appris 465 chiffres, le deuxième jour 565, le troisième jour 615 chiffres, etc. ; de même, le premier jour, avec travail intellectuel, on a appris 475 chiffres, le deuxième jour 415, etc. ; enfin, le premier jour, avec marche de deux heures, on a appris 405 chiffres, le deuxième jour 405 chiffres aussi, etc.

En examinant Je graphique 83, on voit que la ligne qui correspond aux jours de repos monte continuellement; ceci indique une influence considérable produite par l’exercice ; ainsi, le premier jour de repos, on n’apprenait que 465 chiffres en une demi-heure, et le dernier jour de repos on en a appris 655. Il faut tenir compte de ce que les jours

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