EXPÉRIENCES DANS LES ÉCOLES MÉTHODE DES CALCULS
Quelques auteurs qui se sont occupés de la question de la fatigue intellectuelle des enfants à l'école ont trouvé la méthode des dictées insuffisante, et ils ont remplacé l'exercice de dictée par un autre exercice, celui des calculs. On a surtout choisi des calculs arithmétiques simples consistant dans des additions et des multiplications ; tout dernièrement on a aussi fait faire aux élèves des exercices d'algèbre.
La méthode des calculs a été employée pour la première fois par Burgerstein1, qui l’a appliquée pour étudier la marche de la fatigue intellectuelle des enfants pendant une heure de travail. Il donnait à faire à des élèves des additions de nombres de 20 chiffres et des multiplications d'un nombre de 20 chiffres par un nombre d’un chiffre compris entre 2 et 6 ; voici par exemple deux problèmes :
et :
Les élèves recevaient des feuilles de papier sur lesquelles étaient imprimées les additions et les multiplications à
* Burgerstein. Die Arbeitskurve einer Schulstunde. Zeitschr. fût* Scliulge sundheitspflege. 1891.
faire, ils faisaient les calculs pendant dix minutes, on ramassait les copies et on en distribuait de nouvelles, ce qui prenait cinq minutes; puis ils calculaient de nouveau pendant dix minutes et on répétait la même chose encore deux fois ; ils avaient donc pendant une heure consacré quatre fois au calcul des périodes de dix minutes chacune.
Les expériences étaient faites sur 162 élèves de 4 classes : 68 filles de ‘onze à douze ans et 94 garçons de douze à treize ans. En corrigeant les épreuves, l’auteur comptait comme erreur tout chiffre du résultat écrit inexactement; ainsi par exemple si l’élève, en calculant la somme 6 893 + 3 108, écrivait 9 991 au lieu de 10 001, l’auteur comptait trois erreurs, puisqu’il y avait 3 chiffres inexacts. C’est là un défaut de la méthode ; en effet l’élève n’a en réalité commis qu’une seule erreur, puisqu’il a oublié d’ajouter l’unité des dizaines résultant de l'addition de 8 avec 3. Ce défaut de la méthode a dû influer un peu sur les résultats, mais on peut bien admettre que cette influence est faible et n’a pas d’importance pratique ; il faudrait seulement, dans le cas où on voudrait reprendre cette méthode, tenir compte de la critique que nous venons de formuler. C’est du reste ce qui a été fait dans un travail de Holmes, paru en Amérique. Passons aux résultats obtenus par l’auteur.