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Nombres d'erreurs
Fig. 89. — Expériences de Burgerstein. Le premier graphique représente le nombre de chiffres calculés par tous les élèves pendant les quatre intervalles de dix minutes. Le deuxième graphique indique les nombres de fautes commises dans ces calculs, et le troisième indique les nombres de corrections. On voit que les deux derniers graphiques montent bien plus vite que le premier, c’est-à-dire que le nombre de fautes augmente bien plus vite que le nombre de chiffres calculés.
de la vitesse initiale, le nombre de fautes devient presque trois fois plus grand.
Représentons ces résultats graphiquement. lise présente une certaine difficulté ; en effet, comment choisir les différentes échelles pour les nombres de chiffres calculés, les nombres de fautes et les nombres de corrections? Il faut <jue l’échelle soit comparable pour ces trois graphiques; par
conséquent nous construisons trois échelles telles que dans chacune l’augmentation du double soit représentée par le même nombre de divisions. Ainsi nous voyons que pour l'échelle correspondant aux nombres de chiffres calculés chaque division de l’ordonnée correspond à 2 000 chiffres calculés ; pour l’échelle correspondant aux nombres de fautes chaque division correspond à 50, enfin pour les corrections chaque division de l’échelle correspond à 25 ; de cette manière nous rendons les trois courbes comparables entre elles.
On voit nettement que le nombre de fautes croît bien plus rapidement que le nombre de chiffres calculés.
L’augmentation des fautes la plus forte a lieu pour le troisième intervalle; l’auteur en déduit qu’il faut réduire les leçons d’une heure à des leçons de trente minutes. C’est une conclusion bien hardie et qui n’est guère prouvée ; en effet, l’occupation pareille à celle que l’auteur faisait faire aux élèves ne leur est pas habituelle; les conditions étaient très artificielles, de sorte que l’on ne peut pas conclure de ces expériences qu’en général les enfants se fatiguent plus rapidement après une demi-heure de travail intellectuel qu’avant. La fatigue produite par une leçon est un fait normal, elle doit se produire si les élèves ont été attentifs, puisque tout effort est accompagné d’une certaine fatigue ; l’essentiel est donc de ne pas constater simplement cette fatigue, mais d’observer si l’individu revient à l’état initial après un repos plus ou moins long, de se demander si la fatigue produite ne passe pas à l’état chronique, au lieu d’être passagère comme toute fatigue normale qui ne nuit pas à l’organisme, mais qui ne fait qu’entretenir ses forces et activer son énergie. On pourrait même prononcer cette affirmation paradoxale que ce n’est qu’en se fatiguant qu’on arrive à se développer aussi bien au point de vue physique qu’intellectuellement ; c’est la fatigue poussée à outrance qui nuit, ce n’est pas la fatigue normale ; on pourrait même écrire un livre inti-
METHODE DES CALCULS
tulé : Nécessité de la fatigue pour l'hygiène physique et intellectuelle .
Le travail de Burgerstein peut servir d'exemple pour la plupart des travaux de ce genre; il semble que les auteurs oublient complètement la nécessité de la fatigue et cherchent à rendre l'enseignement tel qu'il n'y ait aucune fatigue pour les élèves et qu'ils apprennent quand meme quelque chose ; cela revient à chercher le mouvement perpétuel.
Des expériences absolument identiques à celles de Burgerstein ont été faites ensuite par deux auteurs, Laser1 en Allemagne, et Holmes2 en Amérique. Passons rapidement en revue ces deux recherches.
Laser a fait les expériences sur 226 élèves dont l'âge variait de neuf à treize ans. Il faisait les expériences pareilles à celles de Burgerstein pendant dix minutes après chaque classe du matin. 11 y avait cinq classes le matin, de 8 heures à 1 heure, on a donc cinq épreuves différentes.
Les résultats obtenus ne sont pas nets ; on remarque bien, en prenant toutes les classes ensemble, que les nombres de chiffres calculés augmentent du commencement à la fin, ce qui doit être attribué à l'exercice des élèves, et non, comme le veut l’guteur, à une plus grande énergie intellectuelle des élèves après les classes. Le nombre de fautes augmente aussi, et cette augmentation est un peu plus rapide que celle de la vitesse des calculs ; il semble donc qu’il y a un effet très faible produit par les classes.
Voici du reste les chiffres obtenus : par I, II, III, IV, V nous représentons les époques de calcul ; ainsi I représente les calculs faits après la première classe du matin, II ceux après la deuxième leçon, etc.
* Laser. Ueber geislige Ermüdung beim Schulunterriclile. Zeitschr. f. Schulgesundheitspflege. 1894.
* Holmes. The Fatigue of a School hour. Pedagogical Seminary. 1893, III, p. 213-233.