‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 16 sur 59 · EMILIE , PAULIN · texte numérisé non relu

EMILIE , PAULIN

EMILIE

Mon frère ! mon frère !... il ne m'écoute pas !

PAULIN , qui a redescendu la scène.

Qnelle humiliation ! et que je me tioiive heuraiix de ne l'avoir pas méritée.

EMILIE

M. Paulin, avez- vous remarqué le trouLle de mon frère?

PAULIN

Le trouble de votre frère! Non, çon, mademoiseile, je ne l'ai pas vu.

i:.'!iHE. Philippe est venu lui parler , el sa figure a clun.i^n toutà-coup ; ii était agité... comme vous, quand vous a» c. cru reconnaître M. de Montesquieu.

PAULIIV.

M. de .Montesquieu!... Oui, c'est Lien lui !

EMILIE

Vraiment?... Pourquoi donc a-t-ildit qu'il ne vous connaissait pas?

PAULI^f.

J'aurai:, du peut-être respecter son secret; mais je n'ai pu niaUrisi;r l'élan tie ma recDunaissance.

EMILIE

Vous avez bien fait; c'est lui qui a tort.

l'AULIJV.

Gardez-vous de blâmer M. le président! Sa modestie est une vertu de plus; je l'accuse sans doute, mais je l'admire plus encore.

EMILIE

Et moi , je lui en veux beaucoup. Poiirquoi ce ton sévère qu'il a pris avec vous?C(îs conieils qu'il vous a donnés? Ces reproches qu'il semblait vous adresser?

PAULIN

Mademoiselle !...

EMILIE

Pense-t-il donc que vous puissiez les mériter ? Oli ! si j'avais osé parler, je lui aurais bien dit qu'il vous fesait injure; que vous n'aviez aucun besoin de ses conseils , et que ses reproches étaient déplacés, injustes même,

PAULIIV.

Vous le croyez j mademoiselle ?

EMILIE

J'en suis sure, M. Paulin ; je vous connais bien; et quand tout le monde se réunirait pour vous accuser d'une faute, je sens que je ne pourrais me résoudre à vous croire couj>able.

PAULIN

Ah! mademoiselle, si vous saviez que de bonheur m;; donne cette assurance !

ÉMII.IC.

M. le président vous a donc rendu un Lien grand sei vice?njaisvous parliez de promenade tîans le port. J'avoue que je n^ai pas bien coni|)ris...

PAULIN

Pardon , mademoiselle ; la journée s'avance, et il me reste cpielques devoirs à remplir.

EMILIE

Je ne veux pas vous déranger, M. Pauîin ; vous me conterez cela plus tard. ( Paulin la salue respectueusement et sorlpfir la gauche. La nuit coinnience h 'venir).

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