‹ La FédorChapitre 2 sur 26 · PAGES DE LA VIE · texte numérisé non relu

PAGES DE LA VIE

— François, c'est M. Veillon !

A cet appel vivement envoyé par la svelte jeune femme apparue entre les bacs fleuris du perron, François du Bréau se dressa sur la pelouse où il jouait avec sa petite fille et vint au-devant du visiteur, une main tendue.

l'autre calant sur son épaule l'enfant qui rtait et jetait ses petits pieds chaussés de rose dans le soleil.

— Ah! c'est M. Veillon... eh bien, il sera reçu, M. Veillon... Si ce n'est pas honteux! trois mois sans venir à Château-Frayé, sans donner une fois de ses...

Il s'arrêta au bas des marches, saisi par l'expression gênée, angoissée, quelque chose de confus et de fuyard que la nécessité de mentir donnait à la ronde figure, bonasse et moustachue, du meilleur et plus ancien compagnon de sa jeunesse.

— Tu veux me parler?

— Oui... pas devant ta femme.

Ce fut dit, glissé dans l'échange nen'eux d'une poignée de main; mais jusqu'au déjeuner, les deux amis ne purent se trouver seuls une minute. Quand la nourrice eut emporté « Mademoiselle », toutes ses grâces faites au monsieur, il fallut explorer la propriété très changée, très embellie depuis ces derniers mois. Ce Château-Frayé, dont la famille de Mme du Bréau portait le nom, était un très ancien domaine, moitié donjon.

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