ACTE I!, SCÈNE VU
SC fi N K Vit.
LA COMTESSE, CARABOSSE, G1SETTE, puis DANIEL et PHARAMOND.
GISETTE, à part, en regardant s'éloigner le cortège.
Tous bossus!... depuis le médecin jusqu’à l’apothicaire!... Voilà une faculté qui doit être gaie !
C'est devant la noble et puissante comtesse Rosalinde que je m’incline en ce moment, sans doute?
LA COMTESSE
Devant elle, seigneur médecin, car, malgré votre jeunesse, ce titre paraît être le vôtre. Oh! parlez l si j’en juge par les louanges que nous venons d’entendre, rien n’est caché pour votre savoir, rien n’échappe à votre puissance, Quel génie bienfaisant vous a conduit vers nous?...
Le hasard, noble dame. Je traversais ce pays pour me rendre à la cour du duc de Lithuanie où je suis attendu, lorsqu’au détour de la vallée, un son lointain de cloche est venu doucement tinter à mon oreille.
GISETTE, avec inquiétude.
Un son de cloche!
Ce bruit a la singulière propriété de lixer tout de suite mon attention. Il me plaît, il m’attire...
GISETTE, à part.
Voilà la peur qui me prend ! ...
J’ai fait arrêter mon carrosse, j’ai écouté, je me suis élancé du côté où il se faisait entendre, et je n’ai pas tardé à m’apercevoir qu’il partait de la chapelle du château.
GISETTE, à part.
Ah! mon Dieu!... (Bas, à la comtesse.) A votre place, ma marraine, je n’aurais aucune confiance dans ce médecin-là.
LA COMTESSE
Cette cloche joyeuse, si peu d’accord, seigneur, avec la tristesse qui règne ici, annonçait un mariage.
Tant mieux!
CISETTE, vivement.
Mais il est rompu.
Tant pis! j’aime que l’on se marie. La présence d’une noce est toujours d’un bon augure pour le succès de ce que j’entreprends.