SCÈNE X
elle lui passe son écheveau autour des mains, et s'asseoit : le comte s’asseoit à moitié sur le bord d’un fauteuil : pendant qu'elle déride sa laine , on entend au dehors dans la campagne l’air d'une ballade *.
LE COMTE
Est-ce que c’est un air breton, ceci ?
MADEMOISELLE DE KERDIC.
Oui, c’est l’air de la ballade de Roger Beaumanoir.
LE COMTE
C’est joli. Cela me rappelle un chant de l’Auvergne... y at-il des paroles sur cet air-là?
MADEMOISELLE DE KERDIC.
Oui : il est même question de fées dedans, vous qui les aimez.
LE COMTE
Vous seriez bien aimable de me les dire.
Ce serait donc pour achever de vous endormir, car vous sommeillez à moitié.
LE COMTE
Non pas, je vous jure... c’est un peu de fatigue seulement.
MADEMOISELLE DE KERDIC.
Si fait... et remarquez en passant qu’une seule soirée consacrée à la complaisance et à la charité vous a déjà rendu l’appétit et le sommeil, en attendant mieux... laissez-vous faire, allez... cela vous détendra... voyons... je vais vous aider.
(L’orchestre prélude.)
(Mademoiselle de Kerdic chante, avec un accompagnement très-doux de l’orchestre, les paroles de la ballade.)