LA F EL
Pardon, Monsieur, puis-je vous demander si vous êtes le propriétaire de cette maisonnette?
FRANÇOIS, grondant r une voix lente et ca»ée.
Hon ! maisonnette! — Une habitation entre cour et jardin, avec dépaissance pour deux vaches, boulangerie, colombier, garenne et autres dépendances seigneuriales. Maisonnette ! — Eh! seigneur! Monsieur habite le palais des Tuileries , apparemment?
LE COMTE
Je n’ai pas prétendu vous* offenser, Monsieur : ctes-vous le propriétaire de ce petit château?
FRANÇOIS
Propriétaire!... Non, Monsieur, je ne suis pas propriétaire; * je suis domestique... Je suis domestique, pour vous servir; — c’est-à-dire pourvu que cela ne me gêne pas trop, car je suis d’un Age à ne me gêner pour personne. Monsieur, hormis pour ma maîtresse.
LE COMTE
C’est trop jriste, mon ami. Et votre maîtresse est probablement la dame voilée qui vient d’entrer dans cette maison. J’aurais désiré lui présenter mes excuses; je crains de l’avoir effrayée. Le hasard me l’a fait rencontrer, à la nuit tombante, dans la forêt voisine, — la forêt de Brocelyande, je crois, — près de celte fameuse fontaine des Fées... de Merlin... je ne sais comment on l’appelle...
FRANÇOIS, se déridant.
La fontaine de Merlin... de l’enchanteur Merlin... Mauvais endroit pour les rencontres, jeune homme... Eh! eh! (n rît en
vieillard.)
LE COMTE
(a part.) Singulier vieillard! (Haut.) La supposant égarée, j’ai voulu lui offrir mes services...
Ah ! ah ! jeune homme! Eh ! seigneur !
LE COMTE
Elle a eu peur, je suppose, et ce malentendu nous a con-