SCÈNE XII
plus, je t’enrichis, si tu m’apprends sans une minute de délai le mot d’une énigme, — où mon esprit se perd, j’en conviens.
FRANÇOIS
Monsieur, vous êtes trop initié aux mœurs de notre race pour que j’aie rien à vous apprendre. Je suis un pauvre diable de génie subalterne enchanté jadis par le pouvoir de Merlin aux côtés de la noble fée, ma maîtresse. Nous attendions dans celte forêt, depuis tin siècle entier, la venue d’un jeune gentilhomme, assez délicat pour préférer les solides qualités de lame aux grâces d’une beauté périssable : voilà pourquoi je vous ai accueilli tantôt avec une joie mal dissimulée, pressentant en vous un libérateur; voilà pourquoi je viens vous oflrir l’hommage de ma reconnaissance, ayant compris tout à l’heure, au changement agréable qui s’opérait en ma personne, que grâce à vous, Monsieur, les temps étaient accomplis.
LE COMTE
Tu n’as rien de plus à me dire?
FR ANÇOIS.
Rien.
LE COM TE
Eh bien! que Merlin te vienne en aide! car, de parle ciel, ma patience est à bout!... (il veut le saisir au collet.)
FRANÇOIS, lui arrêtant le bras d’une puissante étreinte.
Silence !... écoutez!... (L'orchestre joue en sourdine l’air de la ballade. La porte du fond s’ouvre; une lumière éclatante remplit le salou. — Le comte se retourne.)