GILBEKTE, JENNY, OLIVIER, HENRI
OLIVIER
Ma bonne Jenny, je le présente mon filleul, Henri de Ravanes... un vaillant garçon, comme feu son pauvre père !
HENRI, saliianl.
Madame...
JENNY, saluant. .
Monsieur.
OLIVIER , à Jenny.
Dis-lui donc quelque chose de gentil !
GILBERTE, bas à Jenny.
Ou’esl-ce que tu as doue ?
JENNY
Moi... rien du tout...
OLIVIER, à Henri.
Eh bien ! tu ne parles pas, toi...
„ HENRI
Si fait !
OLIVIER
Comment... la trouves-tu... hein*... ma Jenny?
HENRI
Mais... très-bien...
OLIVIER
Non,... mais c’est que tu as l’air d’hésiter... Ah!... jeunes gens !... vous croyez qu’il n’y a de bonheur que pour vous. (A Henri). Je crois que tu souris...
HENRI
.Mais pas du tout, parrain...
ACTK PHKMIKIl
OLIVIER
A la bonne heure ! Est-ce que tu te supposes plus jeune que moi par hasard.... c’est le cœur qui fait l’àge,... ce no sont pas les rides... j’ai vingt -cinqans... je recommence à vivre, ou plutôt je n’avais pas encore vécu... le spectacle de sa jeunesse, de sa beauté, de sa douceur, a révélé à mon vieux cœur des émotions inconnues. Aussi je te bénis tous les jours... doux ravon de printemps qui es venu dorer ma vieillesse... et je te savoure avec d’autant plus de reconnaissance, qu’il me semble de temps en temps, que la mort murmure à mon oreille : «Dépéche-loi. » JENNY, enibarras.sée.
Mon ami, il se fait tard, et nous avons un grand chemin à faire ! ^
OI.IVIEH.
Tu as raison... (.\ux autre».) Je m’oubliais,... moi... en parlant d’elle !
GILBERTE
Je vais le reconduire jusqu’au bord de la Seine...
OLIVIER
Très-bien... et toi, Henri... viens-tu avec nous?
HENRI, après un temps.
Je ne le peux pas, mon parrain, il faut que je sois ce soir à Paris...
OLIVIER, souriant.
Tais-toi, pas un mot de plus.
Vous ne me comprenez pas...
OLIVIER
Si fait... parbleu!... mais je compte sur toi,... cette semaine pour venir déjeuner à Luciennes... la seconde maison dans la grande avenue... une petite grille en fer... et deux gros chiens de faïence, qui se font la grimace... Allons, viens-tu, Jrnny?
JENNY
Me voici, mon ami...
OLIVIER, prenant le bras de Jenny, et à Henri.
Regarde-nous donc ainsi... cela me fait penser à Bernardin de Saint-Pierre... J’ai rie vagues idées de Paul et Virginie.
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