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son fils il fallait éloigner des esprits toute idée de suicide, et essayer de faire croire à un accident, elle eut le sublime courage de redevenir maîtresse d'elle-môme.
— Madame a-t-elle entendu ? lui dit sa femme de chambre qui venait d'entrer, tandis que plusieurs autres serviteurs se tenaient sur le seuil.
— Oui, j'ai entendu, fit-elle. Vous le voyez bien, puisque je me suis levée. Que s'est-il passé?
— Ah ! madame, un affreux malheur.
— Dites.
— C'est que cela va faire beaucoup de peine à madame.
— Parlez donc.
— Hélas ! ils sont morts tous les deux.
- Tous les deux ! Qui ça, tous les deux ?
— Madame a été tuée d'un coup de pistolet.
( Ah ! pensa-t-elle, il s'est d'abord vengé. »
— Et ensuite, continua la servante, M. Lami s*cst brûlé la cervelle.
— M. Lami... que dis-tu?
— Oui, M. Lami ; il a assassiné madame ef ensuite il s'ost tué. . / *
— Et mon fils ! mon fils ! où est donc mon fils ? cria la pauvre mère.
— lia été réveillé comme madame et nous avons couru tous ensemble vers l'endroit d*où étaient partis les coups de feu. Mais nous n'avons pu porter secours, il était trop tard.
M°** d'Aubier ne l'écoutait plus ; elle venait de s'affaisser et pleurait maintenant à chaudes larmes.
Bientôt, on entendit les pas de Lucien, on le vit apparaître, les serviteurs se retirèrent. Il prit alors sa mère dans ses bras, sécha ses larmes sous ses baisers et dit :
— Nous partirons dans deux jours pour Nantes et nous ne no^is quitterons plus.