‹ La femme de Jephte vaudeville en trois actesChapitre 7 sur 85 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JEPTHE, RIBOCHARD. '

JEPHTÉ, aa fond.

Braves colons I excellentes colonnes! délicieux négrillons!... Cristi, que j’ai soif!... (Appelant.) Olivia... (l’ne moUtresae parait sur le seuil de l'habilalion.) Une bouteille et deUX verres... Et ma foi, vive la joie!... (Tapanf sur le ventre de Ribochard.) N’est-ce pas, mon oncle?

RIBOCHARD, avec un fort accent provençal.

Oui, mon pitcboun, et vive le bon vin, nom d'une gargousse... (Versint.) A ta santé I

JEPHTÉ

A la vôtre!... (posant son verre.) Eh bien, papa Ribochard,

3 u’est-ce qui aurait dit tout de même que moi , un enfant e Paris, te lézard du boulevard Saint Martin, qui fabri-

3 uait, il y a cinq ans, des manches de pan.pluies à raison e quatre francs le mille, je deviendrais un riche colon à la Martinique, avec des nègres à moi tout seul... une habitation à moi tout seul... une femme à moi... tout seuil...

(Sc levant.)

Air : Simple soldat né d'obscurs laboureurs.

Mon pauvre père, quand il vint h mourir,

M’Iégua son nom pour unique héritage,

Il me laissa le soin de m’enrichir,

Elj 'vins ici le cœur plein découragé... *

Si j’ai pioché raide pendant cinq ans,

J’aide.s gros sous, une compagne sage,

Et je pourrai dire dans quelque temps :

Mon opulenc’, mon honhenr, mes enranl.«,

Oui, tout cela c’est mon ouvrage! [bis]

RIBOCHARD, se levant également.

Eh donc!... que j’ai bien fait, bagasse, de te faire venir ici... à la Martinique... Vois-tu, mon pilchoun, tant q'te tu serais resté dans ton Paris, tu n’aurais fait tien qui vaille... Tu ne pensais qu’à la bombance... le billard... le Prado.,, les espcctaques... et toutes fariboles alaloques...

* Jepbté, Ribochard.

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