SEPTIÈME TABLEAU
lus w luaLAT, s.
Grand salon tendu en marron. — Jour sombre. <— Carreau traversé par une Imyk9 étroite d9 tap». -rr A. gauebo, portrait da M. Mélilot à neuf ang.
Madame MÉLILOT, oêsùse.
NASAMB MÉILILOT.
J§ VOUS reçois, ipongieur, malgré votre récidive^ qui viole tQut à fait le droit des gens ; pendant ces quarantehv4t bpwres il devait y avoir trêve. {Elle lui mdique eu gestei mjwteuil.) ^ Vous m'en devrez, plus désinté* ressée, les quelcjues minutes d'attention que j'exige de vous.
Beaucoup à ma place seraient femmes à vous |ouer, je préfère vous parler net ; l'extrême franchise équivaut peut-être à Fextrême diplomatie, — Vous êtes fort jeune, monsieur, le monde vous est facile, voici ce qui vous est arrivé.
Un matift -?- la veill/^ déjà p'ay^jgst, ^u (jpie àm^w —
ce JQur^ày sans projet pour Taprès-midi, von» voub êtes âeinandé : Qu'est-ce quç je ferai dofK^ bien aigourdimi? (Dénégation rfe Maxenee, — Vous pouviez rejCHiidre vos aïois au club, paraitue aux Gounses, essayer un cheval,
— il vous est venu l'inspiratio» de tenter ce qu*on appeUe une bonne fortune, — tant pis pour ceux qui en font les frais, le terme est consacré ; besoin d'aventure, désœuvrement impérieux qui réclamait un coup d'État dans vos habitudes, innocent désir d^entendre passer, dans le récit de vos vanités conquérantes, ce mot friand; Une femme mariée ! jeune et jolie, cela va sans dire, — vous avez daigné penser à moi. Je veux, monsieur, arrêter tout court, et pour de bon cette belle passion qui feint de s^emporter ; voulez-vous que je vous fasse ma profession de foi ? Je suis d^une incrédulité sans bornes. . .
— Vous m^avez écrit, monsieur; je connais ces lettres, j^en ai tout un dossier, et il a fallu la collection pour ne pas m^offenser des vôtres, habilement graduées d^ailleurs; toute autre vous les eût renvoyées; mais parce que je les garde comme archives, ne pensez pas le moin§ du monde que je sois alarmée, émue, ou sur le point d^être ébranlée ; saint Thomas n^était rien auprès de moi. Quand je vois, je ne crois pas. — Vous êtes sincèrement dans votre rôle, je vous l^accorde; vous faites tout pour paraître tf être plus parfaitement maître de vous, de plus vous con^tez sur la persévérance, — A vos yeux, vous avez des chances ; maip cooamettt voulezvous^ quand on sait son Paris, qu^on ne $Qit 993 ^n &it
de cet infuiiment petit machiavélisme? On appelle cela romanesque, on est bien bon ; je ne connais rien de positif, d'égoïste et de brutal comme ces prétendues Aiis- j ioirex du coeur. — Vous n'avez dooc, monsieur, aucun siège à £dre, et pas la plus mince citadelle à emporter ; la raison en est bien simple, je suis tout bonnement ville neutre.
MAXENCE, avec philosophie.
Accablez-moi, Madame, je ne me défends pas ; vous le voyez , l'amour-propre ne prend pas le dessus ; marque infaillible d'une affection qui n'est pas à la sur-
face. Seulement laissez-moi vous le dire : de l'esprit contre un sentiment, la partie n'est pas égale. ,
MADAME MÉLILOT
Mais, monsieur, un air funèbre n'empêche pas qu'on ne joue la comédie ; qui dit comédie ne dit pas perpétuellement chose gaie ; vous êtes en ce moment l'image de la désolation, je dois le reconnaître ; mais c'est bien le moins que pour tant d'espérances vous ayez un peu de dépit.
MAXENGE.
J'ai entendu des gens. Madame, qui osaient dire que vous n'êtes pas la femme la plus heureuse de Paris !
MADAME MÉULOT.
Vous me rappelez, monsieur, une recommandation que j'avais oublié de vous faire, et qui sera le dernier
point de ce sermon ; j'ignore 'si on ne calomnie pas monsieur Mélilot !
MAXENCE
On ne prête pas aux pauvres !
MADAME MÉLILOT
Mais en admettant qu'il ait ses supérieurs comme homme du monde, et que d'autres femmes aient le droit d'être plus fières, je n'aurais pas, je Favoue, une bien haute estime pour les gens qui spéculent sur les torts d'un mari.
MAXENGE, avec feu.
Spéculer ! moi. Madame I mais je voudrais qu'il eût six pieds, qu'il fût très-jeune, très-beau, très-spirituel, et tout à fait féroce, cela m'empêcherait bien de vous aimer 1
MADAME MÉLILOT
A la bonne heure, monsieur, voilà une mauvaise pensée, mais un cri du cœur!
BIAXENGE.
Ce serait vous. Madame, qui spéculeriez sur, les ridicules de monsieur Mélilot, pour ne pas plaindre un homme d'honneur qui vous aime grièvement!
MADAME BfÉLILOT.
Vous êtes fort à plaindre.
MAXENGE, se levant, T^ez, Madame, oubliez dans tout ceci ce qui est de
eommande, soit, c'a été d'abord une affeire de mode ou de passe-temps, maintenant c'est une force qui m'entraîne — maudite et bénie! Vous voulez m^éloigner, vous m^attirez ; si vous ne me croyez pas, interrogez mon viange ! D'une égratignure, je le veux bien, votre persiflage a fait une plaie vive ; — mon amour n'est plus de régoïsme , c'est du dévouement ! — Quelle preuve irrécusable en voulez- vous?
MADAMi: HËLILOT.
Mon Dieu, monsieur, avouez tout bonnemait une chose, c'est que si j'étais à marier, vous ne me feriez pas seulement l'honneur de me demander ma main ; voilà votre grand amour! je le trouve un peu petit. Votre âme est très-affamée, mais c'est de fruit défendu.
MAXENCE
Vous voulez donc que j'abrège les jours de monsieur Mélilot, Madame ; vous me calomniez : est-ce ma faute si vous n'êtes pas le fruit permis l
MADAME UihUOT,
Aiasi )e serais ûUe ou veave...
MAXENCE
Que je renoncerais à l'instant pour vous aux pompes et aux œuvres du célibat.
MADAME HfÉLILOT.
Eh bien, mon cher monsieur, vous arrivez trop tard {êiiê itmrit) ou trop tôt.