‹ La femme romaineChapitre 155 sur 313 · LES DEUX CHŒURS · texte numérisé non relu

LES DEUX CHŒURS

Si Rome est votre ouvrage, si une partie de la multitude troyenne reçut l’ordre de transporter au rivage des Étrusques, par une course heureuse, ses Lares et sa ville, et suivit le pieux Énée qui, survivant à la patrie des hommes libres, lui ouvrit un chemin sans embûches à travers Ilion embrasé pour lui donner plus que ce qu’elle abandonnaït : dieux, donnez de bonnes mœurs à la docile jeunesse; dieux, donnez à la vieillesse un doux repos, au peuple romain la souveraineté, la perpétuité, et toutes les gloires. Que celui qui vous honore par le sacrifice de blancs taureaux, que le sang illustre d’Anchise et

d'Énée !, après avoir été le premier en combattant, commande avec douceur à l'ennemi abattu. Déjà, sur mer et sur terre, le Mède et l’Albanais craignent ses mains puissantes et les faisceaux de Rome. Déjà les Scythes, naguère superbes, et les Indiens, sollicitent ses décisions. Déjà la Foi, et la Paix, et l’'Honneur, et l’antique Pudeur, et la Vertu négligée, osent revenir; et l’heureuse Abondance reparaît avec sa corne pleine.

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