SCENE VIII MADAME NÉRISSE, THÉRÈSE
MADAME NERISSE
Je viens de revoir Gazarès, et pendant que M. Nérisse causait avec le commanditaire, il m'a parlé de vous. C'est un gentil garçon, vous savez, de très bonne famille... très sérieux... et à son aise... très à son aise.
TiiÉuÈSE, rianl.
Vous avez l'air de m'offrir un parti.
MADAME NÉRISE
Et que répondriez-vous, s'il m'avait chargée de vous demander votre main pour lui?
THÉRÈSE
Je répondrais que je suis très honorée, mais que je ne la lui donne pas.
MADAME NERISSE
Que lui reprochez-YOus?
THÉRÈSE
Rieu.
Alors?
MADAME NEUISSE
THERESE
Ce n'est ])as une raison pour Tc-pouser.
MADAME NÉRISSE
A'ous oies loul à fait décidée.
THÉRÈSE
Tout à fait,.
MADAME NÉRISSE
Je crois (jue vous avez tort, .le le crois (Taillant plus que cette demamlc eu mariage se i)résente à un moment... à un monn^nt... Enlin, vous jugerez après la communication (juo j'ai à vous faire comme directrice de La Femme Libre. Voici... Vous n'êtes pas sans savoir que. malgré nos efforts communs, nous avons dû nous mettre à la recherche de commanditaires nouveaux. Nous en avons trouvé, mais il nous a fallu subir leiu's exigences. Elles sont lourdes. Au premier rang ligure une importante réduction de nos dépenses. Au lieu de paraître deux
fois par semaine, La Femme Libre sera désormais hebdomadaire, et il a fallu accepter que les appointements des collaboratrices fussent réduits proportionnellement.
THÉRÈSE
De combien?
MADAME NÉRISSE
En proportion, je vous dis... De moitié...
THÉRÈSE
Je n'aurai plus assez pour vivre, même pauvrement.
MADAME NÉRISSE
C'est ce que j'ai fait observer. Mais le travail qui vous serait attribué n'étant plus tout à fait le même...
THÉRÈSE
Mon travail ne serait plus le même?
MADAME NÉRLSSE
Non. Il faudrait vous employer, le soir...
THÉRÈSE
Le soir?
Oui.
THERESE
Mais alors, dans la journée, je serai libre?
MADAME NÉUISSE
Non, on vous demauflerait de vous occuper de la partie commerciale de la publication, et, j'allais vous le dire, le soir, devons employer à des travaux qui ne seraient pas purement littéraires, et plutôt d'un caractère administratif.
THÉI'.ÈSE
Si je comprends bien, on me demande d'accepter une diminution de salaire et une augmentation de travail.
MADAME NÉniSSE
Je VOUS transmets des ollVes : si elles ne vous conviennent pas, vous n'avez qu'à, les repousser.
THÉRÈSE
Oui, certes, je les repousse... Et vous direz à ceux qui me les ont faites qu'il leur faut un rude égoïsme pour oser proposer à des femiucs uu salaire qui ne leur laisse 1(^ choix (|u'entre la misère et l'avilissement...
MADAME NÉHISSE
Voilà de i)ien grands mots, ma chère enfanl, et vous oubliez tro]) vil(!...