ANTOINETTE
Vous ne venez pas avec nous, madame?
MADAME GUERET
Non. puisque j'ai dû consentir à me charger des bruits de la coulisse... Cest une tâche quon aurait pu. sans inconvénient, attribuer à une autre qu'à moi.
LUtJlEX>"E
Oh! madame... Nous vous demandons pardon. Madame Chain nous a fait prévenir si tard, et vous nous rendez un si grand service.
MADAME GUÉRET
... Et entin. je me dois à mes invités. Puisque j'ai cédé à Thérèse en organisant cette représentation, je ne dois rien négliger pour en assurer le succès.
LUCIENNE
Qu'elle est jolie en Kalekairil
5LADAME GUÉBET
Son costume ne fait pas trop scandale?
LUCIENNE
Oh 1 madame...
MADAME GUÉRET
Enfin !
LUCIENNE
... Attentiijii... Cest à moi, bientôt... Thérèse vient de sortir avec ses sequins...
MADAME GUERET
En effet... Mais René nous fera signe... N'importe...
[Elle va mt piano. René parait à la porte du fond.)
RENÉ
Lucienne, vous êtes prête?
LUCIEXXE
< uii.
RENÉ
Vous ne dites qu'un couplet?
Un seul. (^05.) Eh bien! elle en a. du succès, votre Thérèse !
RENÉ, bas.
N'est-ce pas ? Je suis heureux, Lucienne, très heureux. je l'aime tant!
LUCIEN'NE
Attention... C'est à moi. je crois?
RENÉ
Oui, c'est à vuus... Attendez... [Il est allé écouter à laporte du fond et revient.) Venez... Tournez-vous de ce côté alin de donner l'impression d'éloignement. A nous .'
\}fadame Guérel. au piano, accompoyne Lucienne.)
LUCIENNE, chanlanl.
Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire
Si loin d'ici?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde
Et que le monde
N'est que souci ?
MADAME GUÉHET, coinfllmenls de politesse.
Vous avez une voix charmante, mademoiselle Lucienne.
[Lucienne va reporter sa musique sur le piano en remerciant d'un sourire,)
RENÉ, à Lucienne.
Et votre guichet... Avez-vous remarqué votre guichet, il n'était pas installé à la répétition générale. Vous l'ouvrez dans ce sens. C'est un guichet dans la muraille... Il devait s'ouvrir autrement... Nous avons déjà été forcés d'enlever une vitre... Vous nous excusez, madame Guéret?...
MADAME lilTÉlîET. ré si (jure.
Mais oui, mais oui, vous le savez bien.
m; NÉ
Alors vous le soulevez... Et pour parler... vous avancerez bien, qu'on vous voie.
LUCIENNE
Compris.
RENE
N'y touchez pas maintenant! (A Madame Giiéret.) Vous pensez à la cloche, madame?... Vous avez le temps... dix minutes au moins... Je vous préviendrai... Mademoiselle Lucienne, ça va être à vous... En scène!
LUCIENNE
Voilà! Voihà!
[Elle sort.)
MADAME GUÉRET, Ull Soripiv.
Donner la comédie dans la situation où nous sommes, c'est tout de même inimaginable... Je ne sais pas comment j'ai pu y consentir.
MONSIEUP, GUÉREÏ
Il y avait un mois qu'on répétait la pièce, et Thérèse...
MADAME GUÉFŒT
Et non seulement j'y ai consenti, mais j'y joue presque un rôle.
MONSIEUR GUÉRET
Nous n'avions guère que vingt-quatre heures pour décommander tout le monde... Et puis, c'est
notre dernièro fête niomUiiiio... C'est une fête .;
d'adieux secrets,.. Ensuite il aurait fallu tout dire j
à Thérèse,,, ]
MADAME GUÉRET
Pardon, C'est à cause de sa fête que tu m'as de- J
mandé (h; lui cacher jusqu'à demain ce qui s'est j passé et qui l'intéresse cependant autant que nous.
[Entre M. Félial, soixante ans. Correct, sans èlé- '•
gance.) Voici mon frère. |
MONSIEUR FÉLIAT j
J'ai du nouveau,.. Mais nous n'allons pas être |
dérangés? ^
MADAME GUKltET j
Si, à chaque instant. -j
MONSIEUR FKLIAT j
Alors, allons dans une autre pièce. j
MADAME C.UÉRET ;
Ce n'est pas possible,,, .le dois.,. ]
AIONSIEUR GUÉRET ;
Marguerite a hicsn voulu contrilmer. d'ici, à la i
représentation, et remplac(ïr madame Chain, subi- '
temenl souffrante,
MADAME CUIÎRET, ra(jeiisc.
Oui, Je fai.s les bruits de coulisse, moi! A mon