‹ La femmeChapitre 2 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

sont éLudiBcs séparément, les Académies analysent avec soin chacune d'elles, recherchent des remèdes et ne trouvent que des palliatifs dont l'application est difficile et ne produit que des résultats insensibles quand il y a des résultats.

La méthode est mauvaise. Il est excellent, il est indispensable d'analyser minutieusement chacun de ces graves symptômes, mais on reste impuissant en se bornant à modifier séparément chacun d'eux ; il faut en chercher la cause première, il faut, pour me servir du langage médical , trouver la lésion dont ils ne sont que l'expression évidente.

Parmi les questions vitales pour notre pays qui préoccupent le plus les patriotes et les savants se trouve au premier rang la dépopulation de la France. Le sénateur Théophile Roussel, les docteurs Lagneau, Rochard, Lunier, Layet (de Rordeaux), Javal, Rertillon suivant la voie si largement ouverte par son père, MM. Lafabrègue, Loua et tant d'autres des plus distingués, sont venus apporter dans des conférences, dans des publications, dans des communications aux sociétés savantes, les résultats de leurs recherches, et les propositions de réformes que leur ont inspirées leurs remarquables et consciencieux travaux. Ces jours derniers le savant démographe, le docteur Lagneau, a ouvert de nouveau la question devant l'Académie de médecine et devant l'Académie des sciences. Là, par l'ingéniosité du groupement de ces chiffres statistiques, il a fait le tableau effrayant

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el d'une vérité mathématique, de l'iniecondité de notre nation, de son arrêt de développement.

Eh hien, toutes ces questions d'une si haute gravité pour l'avenir de la France, sont tellement solidaires que, par la force des choses et l'entraînement de la discussion, les docteurs Lagneau, Rochard, Lunier ont été entraînés à parler de la cause première de toutes ces plaies sociales et de notre affaiblissement national. Tous ont traité, sur un grand nombre de points, la question de la femme.

En effet la cause première de tous ces maux c'est l'infériorisation légale de la femme, c'est l'injustice du code à son endroit, c'est l'absence de lois protectrices de son sort et de celui de son enfant.

C'est parce que la question de la femme contient toutes les autres que j'ai écrit ces pages, formulé des critiques et indiqué des réformes. Ce n'est pas un livre de justice métaphysique et d'aspirations idéales ; il s'appuie sur les lois naturelles, c'est une démonstration.

En sociologie, comme dans toutes les autres branches des connaissances humaines, la métaphysique a fait son temps. La science sociale ne peut s'établir qu'en prenant pour point de départ la physiologie humaine, en s'appuyant sur les autres sciences et en suivant les lois de l'évolution. Et de même que la science a démontré que l'àme est la fonction physiologique du système nerveux, de même elle établira les lois du fonctionnement social sur la connaissance objective et précise des éléments qui composent les sociétés, sur l'observation de leurs con-

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