NICOLAS, LOUISON
NICOLAS, s'essuyant les yeux.
Dieu ! la v'ià ; ça me remet un petit brin,
LOUISON , tristement.
Vous v'ià , M. Nicolas !
NICOLAS
Comme vous me dites ça gaiement. . . ça me fend le cœur ! . . . {Il s'approche.') Mademoiselle Louison ! LOUIsON , se reculant.
Ah ! ne me parle pas , ne me regarde pas. Tu sais bien que ma marraine te l'a défendu.
Elle met la main devant ses yeux.
NICOLAS
Eh ! bien , tu te caches ?
LOUISON
J'obéis à ma marraine.
Tu te bouches les yeux ?
LOUISON
Oui.
NICOLAS
Risques-en un.
LOUISON
Non.
NICOLAS , avec humeur.
D'ailleurs , à présent que madame Catherine va te marier à un autre , je me moque bien de sa défense , moi. LOUISON , se rapprochant.
A un autre , dis-tu ?
NICOLAS
Oui , à M. Roquillard , parce qu'il a des écus.
LOUISON
A M. Roquillard , c'est donc ça qu'il est encore venu hier
soir ?
NICOLAS
Et à ce matin. . . il sort d'ici.
LOUISON
Je m'en doutais . . . avec ça que ma marraine me prend en grippe depuis queuqu's temps.
NICOLAS
N'y a plus d'espoir !
LOUISON
A/R : .aussitôt que je t'aperçois. (d'Azémia. )
Monsieur Roquillard , mon mari , Cette idée me fend l'ànie !
NICOLAS
J' li l'rons im fier charivari , Si jamais fessa femme.
LOUISON
Mon Dieu ! [bis] quel grand malheur ' Je crois que j'en mourrai de douleur \bis].
MCOLAS.
Ma p'tit' Louison, comm' c'est dommage !
LOUISON
Nous aurions fait si bon me'nage ! ( Elle pleurs . )
Rien qu d'y penser , hélas ! {bis).
Mon cœur fait tac , tac , Nicolas !
Ih reprennent ensemble.
NICOLAS
Son cœur fait tac , tac , Nicolas. •
LOUISON
Mon cœur fait lac, tac , Nicolas.
NICOLAS
Ton cœur fait tac ., tac ; le mien fait bien autre chose . . . sens donc comme il fait tic, tic. .. Louison , est-ce que t'auras le cœur de dire voui ?
Dame. . . voui , si ma marraine le veut. . . il faudra bien que j'obéisse.
NICOLAS , furieux.
Que j'obéisse ! ... je vous entends ... je n'ai pas la berlue. Vous faites semblant d'être fâchée ; mais au fond , vous êtes bien aise d'épouser une puissance , un greffier . . . vous avez toujours évu de l'ambition. .. dame, un adjoint, c'est plus relevé qu'un pauvre garçon de ferme.
LOUISON
]VI.iis , est-il bêfe ! qu'est-ce qu'il lui prend donc .''
NICOLAS
Ingrate ! perfide ! vaniteuse !
LOUISON
Mais , Nicolas , es-tu fou ? \
THICOLAS,
Oui , je perds la U^le ... je ne sais plus ce que je fais. . . je ne t'aime plus ... je vous déteste ! je ne v^eux plus de toi . . . iaissez-moi tranquille !
LOUISON
Air : Quand papa Lapin mourra.
Puisqu' vous 1' prenez sur c' ton-là , Jo vais H prendre de même ; Puisqu' monsieur Roquillard m'aime , Eh ! bien , il m'e'pous'ra :
Ma main , bientôt , A la sienne s'ra jointe.
Adieu, nigaud.
Adieu, madame l'adjointe.
Ensemble.
Puisqu' vous r prenez sur c' ton— là,
Je dois le prendre de même , Et si j' trouve un' femm' qui m'aime ,
Eh .' Lien, ail' m'épous'ra.
LOUISON
Puisqu' vous 1' prenez sur c' ton là , etc. Elle le pince , et soH.