‹ La fermièreChapitre 10 sur 23 · NICOLAS, LOUISON · texte numérisé non relu

NICOLAS, LOUISON

NICOLAS, s'essuyant les yeux.

Dieu ! la v'ià ; ça me remet un petit brin,

LOUISON , tristement.

Vous v'ià , M. Nicolas !

NICOLAS

Comme vous me dites ça gaiement. . . ça me fend le cœur ! . . . {Il s'approche.') Mademoiselle Louison ! LOUIsON , se reculant.

Ah ! ne me parle pas , ne me regarde pas. Tu sais bien que ma marraine te l'a défendu.

Elle met la main devant ses yeux.

NICOLAS

Eh ! bien , tu te caches ?

LOUISON

J'obéis à ma marraine.

Tu te bouches les yeux ?

LOUISON

Oui.

NICOLAS

Risques-en un.

LOUISON

Non.

NICOLAS , avec humeur.

D'ailleurs , à présent que madame Catherine va te marier à un autre , je me moque bien de sa défense , moi. LOUISON , se rapprochant.

A un autre , dis-tu ?

NICOLAS

Oui , à M. Roquillard , parce qu'il a des écus.

LOUISON

A M. Roquillard , c'est donc ça qu'il est encore venu hier

soir ?

NICOLAS

Et à ce matin. . . il sort d'ici.

LOUISON

Je m'en doutais . . . avec ça que ma marraine me prend en grippe depuis queuqu's temps.

NICOLAS

N'y a plus d'espoir !

LOUISON

A/R : .aussitôt que je t'aperçois. (d'Azémia. )

Monsieur Roquillard , mon mari , Cette idée me fend l'ànie !

NICOLAS

J' li l'rons im fier charivari , Si jamais fessa femme.

LOUISON

Mon Dieu ! [bis] quel grand malheur ' Je crois que j'en mourrai de douleur \bis].

MCOLAS.

Ma p'tit' Louison, comm' c'est dommage !

LOUISON

Nous aurions fait si bon me'nage ! ( Elle pleurs . )

Rien qu d'y penser , hélas ! {bis).

Mon cœur fait tac , tac , Nicolas !

Ih reprennent ensemble.

NICOLAS

Son cœur fait tac , tac , Nicolas. •

LOUISON

Mon cœur fait lac, tac , Nicolas.

NICOLAS

Ton cœur fait tac ., tac ; le mien fait bien autre chose . . . sens donc comme il fait tic, tic. .. Louison , est-ce que t'auras le cœur de dire voui ?

Dame. . . voui , si ma marraine le veut. . . il faudra bien que j'obéisse.

NICOLAS , furieux.

Que j'obéisse ! ... je vous entends ... je n'ai pas la berlue. Vous faites semblant d'être fâchée ; mais au fond , vous êtes bien aise d'épouser une puissance , un greffier . . . vous avez toujours évu de l'ambition. .. dame, un adjoint, c'est plus relevé qu'un pauvre garçon de ferme.

LOUISON

]VI.iis , est-il bêfe ! qu'est-ce qu'il lui prend donc .''

NICOLAS

Ingrate ! perfide ! vaniteuse !

LOUISON

Mais , Nicolas , es-tu fou ? \

THICOLAS,

Oui , je perds la U^le ... je ne sais plus ce que je fais. . . je ne t'aime plus ... je vous déteste ! je ne v^eux plus de toi . . . iaissez-moi tranquille !

LOUISON

Air : Quand papa Lapin mourra.

Puisqu' vous 1' prenez sur c' ton-là , Jo vais H prendre de même ; Puisqu' monsieur Roquillard m'aime , Eh ! bien , il m'e'pous'ra :

Ma main , bientôt , A la sienne s'ra jointe.

Adieu, nigaud.

Adieu, madame l'adjointe.

Ensemble.

Puisqu' vous r prenez sur c' ton— là,

Je dois le prendre de même , Et si j' trouve un' femm' qui m'aime ,

Eh .' Lien, ail' m'épous'ra.

LOUISON

Puisqu' vous 1' prenez sur c' ton là , etc. Elle le pince , et soH.

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