TOUS
M. Maurice,
CATHERINE , à part.
Je le savais déjà,
ROQUILLARD , à part.
Aie , aie , aie , voilà du déficit pour moi.
NICOLAS , très-joyeux. Ah ! queue joie, queu plaisir,
LOUISON
Air du Vaud. de Fanchon.
J'espère que la fête
A présent est complète.
Amis, réjouissons-nous,
NICOLAS , dansant.
y n'avons plus d' vœux à faire ; Notre sort sera des plus doux ; M'sieur Maurice est not' maire ; II s'ra not' père à tous,
MAURlti:,
Oui , mes enfans , je vous le promets.
ROQUILLARD, à part.
Je suis l'ait . ( haut. ) Je suis fâché , belle Catherine , de terminer mon intérim par un procès-verbal contre vous,
MAURICE
Rassurez-vous. Celui qui a causé l'événement est seul responsable du dommage; je le connais , et il n'est pas loin , et j'ai bien envie , en qualité d'adjoint , de le dévoiler ; mais n'étant point encore en fonction, je ne veux pas sévir contre lui.
ROQUILLARD , à paH.
Diable , il sait que c'est moi qui ai égaré la vache , filons doux. ( haut. ) M. Maurice , vous avez bien raison , mieux vaut douceur que violence.
Ah ! çà , • Louison épouse Nicolas. Nous avons un bon adjoint. J'ai fait un peu de bien pour ma fête. Tout le monde est heureux. V ous ne dites rien , M. Maurice.
MAURICE
J'admire les heureux que vous faites , bonne Catherine. Je suis du nombre, car je sais que ma nomination est un peu votre ouvrage. ( Lui tendant la main. ) Me boudez-vous toujours ?
CATHERINE , lui donnant la sienne.
Est-ce que c'est le moment d'avoir de la rancune ? MAURICE , avec émotion.
Je la tiens, et j'ai bien de la peine à la quitter. {Apart. ) Diable m'emporte , je tremble comme un enfant.
CATHERINE , souriant.
Eh! bien, qu'est-ce que tout ça veut dire .''. . Moi , je ne comprends que les choses que l'on dit bien clairement,' MAURICE , de même.
Je vous dois un aveu, Catherine. . . Oui , je bannis les scrupules que je montrais tantôt, ils n'étaient qu'un prétexte. Franchement , j'avais peur de vous.
CATHERI>E, riant, X^â ! . . quand je le disais .
MAURICE , hésitant.
Maintenant, je me rétracte.
CATHERINE
Après ?
MAURICE
Après , ce sera à vous de prononcer-
Air : Vaud. de V Avare et son ami,
Vousîaver un' mine éveillée ;
Je suis encor des mieux portans ;
Vous avez été mariée ,
Moi , j'ai servi pendant vingt ans ;
Vous fûtes aimable compagne ,
Moi soldat franc et généreux;
Je crois que nous pouvons tous deux ,
Nous remettre encore en campagne.
CATHERINE, gaîrnent.
Touchez-là , monsieur l'adjoint.
MAURICE
De tout mon cœur .
ROQUILLARD, à part.
Je lui souhaite bien du plaisir. . . Voilà un militaire qui peut se vanter d'épouser un dragon.
CATHERINE, regardant Roquillard sé\?èret)ient.
Qu'est-ce que vous dites , M. Roquillard ?
ROQUILLARD .
Rien , rien , voisine. ( à paH. ) Dieux ! quels yeux.
CATHERINE
A la bonne heure .