‹ La fête du LouiséeChapitre 5 sur 13 · SUR UNE TANTE ETERNELLE · texte numérisé non relu

SUR UNE TANTE ETERNELLE

Que Pernelle est contredisante !

Qu'il faut chèrement acheter

Cinq ou six cents écus de rente

Que d'elle j'espère hériter !

A toute heure elle fait la moue

Et contrôle ce que je dis ;

Quand je plaisante, je médis ;

Je suis un flatteur, quand je loue ;

Un phanatique quand je lis ;

Un dissipateur quand je joue ;

Si je suis gai, je suis un fou ;

Si je suis triste, un loup-garou ;

Elle me tourne en ridicule,

Si j'ai parfois bon appétit :

Si j'en manque, la vieille dit

Que c'est un reste de crapule.

Vais-je à l'église fréquemment,

Je suis taxé d'hypocrisie ;

Si je n'y vai que rarement

Je suis entiché d'hérésie.

Pour moi j'y perds l'entendement.

Un jour je lui disais : « Ma tante,

Tout vous déplaît, tout vous tourmente ;

Quand aurez- vous contentement ? »

« Quand, reprit-elle? Au monument.

Eh I pour moi la mort est trop lente ! •

Lors lui prit un éternûment ;

Sur quoi je lui dis bonnement,

Mais de grand cœur : « Dieu vous contente ! »

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