La fiancée de Bénarès
« L'amour des nouveautés et l'idolâtrie de l'antiquité sont les deux Héaux des lettres: l'un détruit tout ce qui existait, et - mutile au lieu d'innover; l'autre arrête les progrès de l'esprit, et s'oppose à toutes les acquisitions de l'intelligence. »
Bacon.
Advanc. ofleaming. Book i,p. ^tt.
*yfe tL/ftSortJteiùr cle iSoum.
jEnai d'autres droits , pour vousofiïir cet Essai , que ma jeunesse et votre amitié. Entouré de l'éclat de la réputation , vous tenez entrouverte la barrière de la lice que vous avez parcourue: vous usez , pour diriger les premiers pas
g» iv ^ de ceux qui marchent après vous, de la puissance et de l'étendue des facultés de votre esprit. Ce n'est point à Fauteur de Sylla et de Julien que je dédie mon ouvrage : c'est au protecteur de mes premiers efforts. Soit que vos encouragemens soient destinés à être justifiés ou démentis , j'aurai satisfait à un besoin démon cœur, en vous témoignant ma reconnaissance; et quelle que soit , sur mon compte, l'opinion du public :, votre amitié me consolera de tous les revers , et me sera toujours plus chère que la gloire.
J'ai tenté, dans cet ouvrage de peu de poids, plusieurs osais : Le mélange de l'intérêt du roman avec les couleurs et le rythme poétiques; l'alliance dune fable en prose et d'hymnes en vers, qui
se rattachent à la fable elle-même ; la peinture des mœurs indiennes , retracées avec fidélité 5 et l'union d un but philosophique et des plus vagues féeries que l'imagination puisse créer. L'exécution seule peut faire excuser ces tentatives : on ne tient pas compte de l'intention ; il faut plaire, et le succès seul réussit. Je ne m'étonnerais pas que les zélateurs du bon goût crussent reconnaître dans ces pages un caractère étranger 5 ou si l'on veut étrange, auquel ils donneront , s'ils veulent encore , la qualification de romantique. Dans l'impuissance où je suis de comprendre un mot sans idée , je ne dois en accepter ni en refuser le blâme ou l'honneur.
Deux genres seuls me semblent partager toutes les littératures : le bon et