‹ La fiancée de la mer, drame lyrique en trois actesChapitre 48 sur 62 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

KERDÉE, froidement.

Conte ailleurs ta peine... Moi!...

Il veut s'éloigner.

DJOVITA, suppliante.

Reste !

Connais-moi tout entière...

Depuis longtemps je t'aime !

Tes yeux suivaient Kerlîn' sans cesse... Comment oser parler ?

Avec une passion croissante.

Mais aujourd'hui, vois, pour jamais Elle a l'esprit troublé : ; Sa vie est sans espoir.

Tu peux donner ton cœur à celle Dont les yeux naguère te plaisaient...

0 Frée, Pardonne-moi !

0 Frée, Écoute-moi !...

Je suis comme une enfant, Pleurant la nuit, pleurant le jour, En me cachant î Frée, ô Frée î Mon àme, ma vie, Tout est à toi î

KERDÉE, ému.

Ta voix me trouble... Mais

Plus chère encor m'est Kerlîn',

Plus sacrée

Par l'excès même

De son malheur î

DJOVITA, avec une passion extrême, lui saisissant les deux mains.

Eh ! que m'importe à moi !...

Si tu ne me veux pour femme...

A voix basse et comme parlé.

Prends-moi donc pour maîtresse î

K'ERDÉE, secoué.

Qu'entends-je? Ma maîtresse...

Vous êtes belle, Djovita !

Résolu.

Mais, non !... c'est impossible !...

Folle ou non, à Kerlîn' Je veux garder toujours ma foi.

Il s'éloigne par la droite.

DJOVITA, profondément blessée et humiliée.

Malheureuse que je suis !

KERDEE, sur la dune de droite.

Malheureuse est Kerlîn' !

Il sort, Djovita haletante, court derrière lui, s'arrête brusquement et revient sur ses pas.

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