ACTE TROISIÈME
KERDÉE, froidement.
Conte ailleurs ta peine... Moi!...
Il veut s'éloigner.
DJOVITA, suppliante.
Reste !
Connais-moi tout entière...
Depuis longtemps je t'aime !
Tes yeux suivaient Kerlîn' sans cesse... Comment oser parler ?
Avec une passion croissante.
Mais aujourd'hui, vois, pour jamais Elle a l'esprit troublé : ; Sa vie est sans espoir.
Tu peux donner ton cœur à celle Dont les yeux naguère te plaisaient...
0 Frée, Pardonne-moi !
0 Frée, Écoute-moi !...
Je suis comme une enfant, Pleurant la nuit, pleurant le jour, En me cachant î Frée, ô Frée î Mon àme, ma vie, Tout est à toi î
KERDÉE, ému.
Ta voix me trouble... Mais
Plus chère encor m'est Kerlîn',
Plus sacrée
Par l'excès même
De son malheur î
DJOVITA, avec une passion extrême, lui saisissant les deux mains.
Eh ! que m'importe à moi !...
Si tu ne me veux pour femme...
A voix basse et comme parlé.
Prends-moi donc pour maîtresse î
K'ERDÉE, secoué.
Qu'entends-je? Ma maîtresse...
Vous êtes belle, Djovita !
Résolu.
Mais, non !... c'est impossible !...
Folle ou non, à Kerlîn' Je veux garder toujours ma foi.
Il s'éloigne par la droite.
DJOVITA, profondément blessée et humiliée.
Malheureuse que je suis !
KERDEE, sur la dune de droite.
Malheureuse est Kerlîn' !
Il sort, Djovita haletante, court derrière lui, s'arrête brusquement et revient sur ses pas.